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Le Cac 40 au dessous des 3000 points : c’est pas fini !

Par      • 15 Jan, 2009 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social   Finances  Finances    

L’effondrement artificiel des taux d’intérêt organisé par Alan Greenspan pour soutenir la croissance américaine dès le milieu des années 1980 était une nécessité pour l’économie américaine. Panne de l’investissement privé, développement des services peu productifs tels que le gardiennage, la publicité, le développement des marques, l’inutilité des objets produits, la saturation des besoins se sont développés à partir des années 1970. C’était notamment la thèse de l’économiste néo-marxiste, Paul M. Sweezy. La politique menée aux Etats-Unis – et plus largement la nature de la croissance dans le monde – pose clairement la question de la mesure de la croissance et l’artifice attaché à la valeur. L’évolution des indices boursiers s’inscrit dans cette logique.

Evolution du Dow Jones de 1897 à 2008

Evolution du Dow Jones de 1897 à 2008

America is Back ?

Avec Ronald Reagan, l’Amérique était de retour. Mais, à y regarder de plus près, la croissance fut tirée, selon les enseignements de Mickaël K. Evans, par le déficit budgétaire sous le poids d’un énorme programme d’armement et d’une baisse des impôts. Monnaie refuge, le dollar permet – encore aujourd’hui – de financer le déficit américain. Alors qu’il avait fallu presque un siècle au Dow Jones pour atteindre les 1000 points, de 1981 à 1989, l’indice boursier américain passe de 1000 à 3000 points. America is up.

Clinton : crise, croissance et 1ère bulle

L’ère Clinton fut marquée, au début de son 1er mandat par une terrible récession en 1993. Dans le droit fil des politiques démocrates menées dans les années 60, il développa alors des programmes sociaux pour maintenir la demande. Le développement de l’internet à partir des années 1996-1998 amena à la constitution d’une méga-bulle qui tira la croissance dans un 1er temps et qui fit que les startups se transformèrent très vite, encouragées par des banques peu regardantes, très vite en startdowns dans les années 2000-2002. De 4000 points en 1993, le Dow Jones s’approcha des 12000 points en 1998 !

Les prodiges dans la finance et paf le chien

Le réajustement boursier qui amena le Dow Jones à 8000 points avant les attentats du 11 septembre 2001 pourrait donner corps aux tenants de la théorie du complot. La finance a drainé à elle durant 4 ans les jeunes mathématiciens les plus doués qui, auparavant, choisissaient plutôt les activités liées à l’économie réelle. En 2007, le Dow Jones dépassait les 14000 points. De 2002 à 2006, à bout de souffle, l’économie américaine jeta son dévolu – artificiellement – dans l’immobilier. La complexité des produits adossés aux prêts hypothécaires liés à l’immobilier américain et l’effondrement de la bulle immobilière sont à l’origine de l’une des plus grosses crises économiques de l’histoire du capitalisme triomphant. En 2006, certains produits financiers connaissaient des rendements à près de 37%. Faut-il que les riches soient si bêtes ?

Alors… le CAC

Aujourd’hui, le CAC vient de franchir la barre des 3000 points. Il n’y a aucune raison pour que ça s’arrête. Le Dow Jones est à 8000 points. Si on prolonge les points de l’évolution du Dow Jones sur le long terme, l’indicateur devrait être à 2000 points, soit 4 fois moins que sa valeur actuelle. Il est grand temps de relire Paul M. Sweezy.

NB Un grand merci à Philippe Guet, mon professeur de politique économique, en 1986 de m’avoir permis de découvrir la pensée de Paul M. Sweezy. J’ai dû replonger dans mes cours pour retrouver cette référence.

Source : Le monde diplomatique de novembre 2008

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3 Réponses »

  1. bonsoir denis,
    hélas ou heureusement les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.je crois si ma mémoire ne me trompe pas
    que cette citation est de Galbraigt.
    la crise n’est pas terminée et les paroles ne suffiront pas.pour qu’il y ait de la confiance il faut de la raison.
    Je ne connais pas Sweezy.merci du conseil.depuis Noel je me suis mis à la lecture de frédéric Bastiat
    economiste controversé et méconnu,homme de gauche à son époque(1801-1850)considéré aujourd’hui
    à droite.réelle méprise.dans son célèbre texte « la loi » tout n’est pas parfait mais c’est rafraichissant.
    j’avais parié avec un ami le cac40 a 3000 fin decembre.on y est !quel trader je suis…
    max de beuzeville

  2. Je n’ai jamais compris ce qui empêchait les grandes entreprises et les PME ayant atteint un poids suffisant de constituer ce qu’on pourrait appeler un « pool de financement » au lieu de se jeter dans les bras des augures, gourous et autres éventreurs de poulets du marché.
    La constitution d’un structure mutualisée permettrait de modifier le rapport de force vis à vis des banques et de les contraindre à se recentrer sur leur rôle initial.

    Une fois atténué l’effet aphrodisiaque de l’adoubement par les élites financières, quel choix réels reste-il aux entreprises cotées ?
    Soumises à toute l’irrationalité des cotations en temps réel, à l’hystérie spéculative érigée en principe suprême, en constant transfert de valeur vers des « investisseurs » dont la taille de l’ego enfle proportionnellement à leur déconnexion de la réalité, elles n’ont d’autre choix quand le vent tourne que de racheter leurs propres actions, ce qui revient à détruire leur capital.

    Il y aurait pourtant un moyen simple de rogner les ailes des mathématiciens fous : les obliger à payer leurs achats séance tenante et à les conserver un minimum de temps.

    On peut rêver…

  3. @Eguor

    C’est comme ça d’ailleurs que sont nées les banques…