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Aller au delà de l’interdiction des licenciements boursiers !

Par      • 14 Fév, 2011 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

La gauche et la droite aux antipodes sur cette question !Personne ne pourra reprocher à Ségolène Royal la constance de ses propositions. En 2006, après qu’elle fut désignée candidate des socialistes français, elle proposait déjà l’interdiction des licenciements boursiers. Dans l’échiquier politique français, ils ne sont pas si nombreux à avoir autant de constance sur ce sujet. Et, du côté du Parti Socialiste, une fois encore, les choses ne sont vraiment pas claires, parlant sans le dire tout en le disant de « décourager la fermeture de sites pour raisons financières« . Présents dans la manifestation du 17 septembre 2009 à Paris en soutien aux salariés de New Fabris, les Verts devenus EELV n’ont jamais fait de proposition précise sur ce sujet. Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et les sénateurs communistes ont été les seuls à déposer une proposition de loi visant à l’interdiction des licenciements boursiers. Aucun autre parti politique de gauche n’a cru bon soutenir cette initiative.

Il faut aller au delà !

Un des rares talents des grands patrons des entreprises du CAC 40, en dehors d’être passés maîtres dans l’art du licenciement, est leur grande ingéniosité et leur mobilisation de touts les instants à tout faire pour s’enrichir. Stock-options – et retraites-chapeau quand ils quittent leur entreprises – s’ajoutent aux revenus qu’ils perçoivent de leurs entreprises. En 2010, Franck Riboud, PDG de Danone, recevait 4 400 000 euros, soit très exactement plus de 272 fois ce que touchait un salarié payé au SMIC. Rien ne peut justifier un tel écart. A l’image de ce que proposait Europe Ecologie en 2009 et de ce que propose le Parti Socialiste aujourd’hui, il est temps de mettre en place un revenu maximum dans les entreprises où l’État est le principal actionnaire. Cette mesure doit s’accompagner également d’une fiscalité confiscatoire comme elle put être mise en place aux Etats-Unis de 1932 à 1964.

Dénoncée par la droite, la cupidité des banques et des traders n’est pas complètement étrangère à la crise que nous venons de connaître. Deux ans et demi après l’écroulement du système financier mondial, le gouvernement britannique conservateur de James Cameron a décidé de ne rien faire pour plafonner les bonus des traders ! Quant aux malus, ils sont aujourd’hui financés par les contribuables américains et européens au travers de la hausse des impôts, de l’augmentation de la dette et du recul des services publics.

Interdiction des licenciements boursiers, suppression des stock-options, des retraites-chapeau et des bonus, mise en place d’une fiscalité confiscatoire pour les hauts revenus sont aujourd’hui les seules mesures pour que les capitaux libérés par la baisse des impôts directs organisée par les politiques libérales aillent enfin s’investir dans l’économie réelle plutôt que de continuer à alimenter les bulles spéculatives ! Quand l’argent va à ceux qui ont tout, il ne sert plus à personne.

Crédit photos : Actupol, Le Mague, Le Point

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2 Réponses »

  1. Très beau texte.
    Je suis d’accord pour un revenu maximum mais j’en ai parlé avec un ami qui fait sa maîtrise en finance, et qui je dois le dire un des rares à se placer contre le système actuel, pense qu’il faut mettre des balises. Mais je lui ai parlé de cette proposition, et il m’a conseillé de faire attention et de ne pas seulement l’appliquer aux sociétés où l’Etat intervient. Il faut l’appliquer à tous. Parce que sinon la conséquence de cette proposition très louable sera de faire simplement transférer les dirigeants d’une entreprise aidée par l’Etat vers une entreprise totalement privée sans entrée de l’Etat au capital.
    Grosso modo, tant qu’à prendre une mesure radicale, autant l’appliquer à tous. Une vague française initiant cette pratique sera beaucoup plus crédible qu’une minorité d’entreprises, même si ces dernières sont particulièrement visées dans le paquet.

    Les autres propositions sont à étudier et si elles vont dans le sens d’une meilleure répartition des richesses et d’une régulation du secteur financier, allons-y!!

  2. @Etienne

    C’est ce qui est dit dans ce texte par la mise en place d’une fiscalité confiscatoire !