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100 milliards d’euros de recettes fiscales perdues en dix ans, majoritairement en baisses d’impôts

Par      • 13 Août, 2011 • Catégorie(s): Economie et social  Economie et social    

Je viens de relire cette étude du député UMP Gilles Carrez parue en 2010, c’est aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

L’Etat a perdu plus de 100 milliards d’euros de recettes fiscales en dix ans !

(…)
Entre 2000 et 2009, le budget général de l’état a perdu entre 101,2 (5,3% de PIB) et 119,3 milliards d’euros (6,2% de PIB) de recettes fiscales, indique un rapport du député UMP Gilles Carrez. Environ les deux tiers de ces pertes sont dus au coût net des mesures nouvelles – les « baisses d’impôts » -, le tiers restant à des transferts de recettes aux autres administrations publiques – sécurité sociale et collectivités territoriales principalement.
(…)
Le rythme des allègements d’impôts a été nettement plus élevé entre 2000 et 2002, sous l’impulsion de Laurent Fabius, note par ailleurs le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale.

Rappelons que 100 milliards d’€ représentent environ 2/3 du déficit budgétaire de l’état. Il s’agit toujours «d’affamer la bête». Affaibli, lentement mais sûrement privé de ressources financières pour mener à bien ses missions, l’Etat, devient de moins en moins efficace. Les usagers donc les citoyens se plaignent des dysfonctionnements de plus en plus insupportables, à la fin le démantèlement ou la privatisation de ses services paraissent être la meilleure mesure possible.

Le faible et indécis Obama n’est pas F.D. Roosevelt  loin s’en faut !
 voici un petit texte intéressant de Thomas Pikkety :
« Après la crise de 1929, en réaction aux élites économiques et financières qui s’étaient enrichies tout en conduisant le pays à la crise, la réponse de Roosevelt fut autrement plus brutale. Le taux de l’impôt fédéral sur le revenu applicable aux revenus les plus élevés fut porté de 25 % à 63 % en 1932, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941, niveau réduit à 77 % en 1964, et finalement à 30 %-35 % au cours des années 1980-1990 par les administrations Reagan-Bush (Obama propose de le remonter à 45%).
Thomas Piketty

Nous voyons sur la courbe ci-dessous que le « socialiste » Franklin Delano Roosevelt n’avait pas hésité en son temps, à punir les élites économiques et financières pour avoir conduit le pays à la faillite. Il avait tout simplement considérablement augmenté le taux d’imposition des plus riches à …. 79% en 1936 !  (Crédit image http://blog.crottaz-finance.ch/)


Taux d'imposition historique des USA

Cette affaire de déficit est d’abord la résultante d’un choix politique.

Crédit photos : Impôts locaux ; Assemblée Nationale.

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4 Réponses »

  1. @Yann

    Je croyais que Roosevelt était communiste ! ;+)

  2. @Denis

    Pour augmenter les impôts sur les riches à ce point il faut peut être être communiste en effet! mes excuses!

    Petit article intéressant sur l’histoire de la dette:
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/13/le-long-passe-de-la-dette-publique_1559248_3232.html
    (…)
    Si la monarchie succomba, c’est parce qu’elle ne fut pas capable de supprimer les avantages fiscaux des privilégiés

    Historiquement le meilleur moyen de réduire le dette me semble être l’exécution des créanciers, la banqueroute ou l’inflation :-)

  3. @Yann

    Je reviens du val de Loire. J’ai effectivement appris la manière dont les rois se débarrassaient de leurs créances. Les Juifs, les Lombards et les Cathares en furent pour leur frais.

  4. IL faudrait faire une infographie pour permettre au public de mesurer le poids de la dette de la France, comme les américains ont fait ici : http://usdebt.kleptocracy.us/