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Le MEI doit rejoindre Europe Ecologie !

Par      • 27 Août, 2009 • Catégorie(s): Ecologie  Ecologie    

Le MEI est le Mouvement Ecologiste Indépendant présidé par Antoine Waechter. Pour rappel, Antoine Waechter est l’un des fondateurs des Verts en 1984. En 1989, il permettra à l’écologie politique en France de dépasser la barre des 10%. Nous devrons attendre 2009, soit 20 ans plus tard, et Europe Ecologie pour que l’écologie politique fasse à nouveau les 10+x. Il quitte les Verts en 1994 du fait du choix des alliances politiques de 1er tour avec le PS. Sur ce point, Waechter a toujours eu raison et Europe Ecologie doit en faire la démonstration en mars 2010. Il faut des listes autonomes des représentants de l’écologie politique au 1er tour des différents scrutins. Les alliances se font après. Ce choix porté par Dominique Voynet notamment a amené les Verts en 2007 à 1.57%. René Dumont en 1974 avait 1.32%.

Oxymore : je suis indépendant avec Génération Ecologie !

Oxymore : je suis indépendant avec Génération Ecologie !

Aujourd’hui, le MEI est intégré à l’AEI (Alliance Ecologiste Indépendante) composé de la France en Action et de Génération Ecologie. Si la dimension sociale est forte au niveau de la France en Action, Génération Ecologie est un parti associé à l’UMP. Parler dans ces conditions d’écologistes indépendants relève alors de l’oxymore politique, ou du hold-up politique. A titre d’exemple, Gaëtan Bazire, responsable de Génération Ecologie dans l’Eure, a publiquement apporté son soutien à Hervé Maurey, Nouveau Centre, parti totalement décentré (selon l’excellente expression de José Alcala) et satellite de l’UMP.

Dès lors que nous, Les Verts et Europe Ecologie, avons affirmé clairement la constitution de listes autonomes de 1er tour, alors la critique initiale d’Antoine Waechter n’est plus tenable et il n’y a plus aucune raison pour que la famille écologiste ne s’élargisse pas davantage à l’occasion des régionales. En revanche, si une alliance de 2d tour nous semble compatible avec l’ensemble des forces de progrès, nous refuserons toute alliance avec l’UMP qui, avec Travailler plus pour gagner plus, est à contre-courant de l’histoire. Sarkozy va chercher à instrumentaliser Jean-Louis Borloo et Génération Ecologie afin de siphonner les voix d’Europe Ecologie à l’occasion des régionales de mars 2010. Or nos valeurs sont héritées des combats républicains de la gauche humaniste.

Je ne peux pas croire qu’Antoine Waechter puisse se prêter à une telle manipulation politique en restant aux côtés de Génération Ecologie dans l’AEI. S’il y restait, alors il ferait le choix de la droite et sa ligne « ni gauche ni droite » aura alors vécu !

Rassemblons-nous. L’écologie politique est le seul humanisme qu’il nous reste !

Voie Militante Voie Militante

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5 Réponses »

  1. @Denis,

    Sauf que le bouquin de Bertrand Méheust que je viens justement de lire,fait l’apologie de la Décroissance contre l’idée de Développement durable (autre oxymore),décroissance vis à vis de laquelle j’ai cru percevoir
    ton peu d’engouement…peut-être à tord?
    Amicalement

    jp

  2. @Jean-Paul

    Après les interventions de Yves Cochet aux universités de Nîmes, je dois dire que mes réserves vis à vis des « décroissants » se sont totalement levées. Je les rejoins totalement sur le constat. Quant aux solutions, nous aurons à les inventer. Yves Cochet nous conseille vivement et très vite de nous organiser sur le local pour nous préparer à la grande « rupture » qui s’annonce. Lis mon billet sur la baisse du temps de travail et tu verras que j’ai singulièrement évolué. Je pense même que je me suis enfin trouvé. « Pessimiste par l’intelligence, optimiste par l’action ». De toute façon, nous n’avons plus vraiment le choix, je crois. Je ferais un topo sur l’équation de Kaya sur Voie Militante.

    J’ai bien compris l’oxymore écologique que constituait la croissance verte, autre synonyme de capitalisme vert et de business as usual. Idéologiquement, ces mots sont utilisés par Royal, Lepage, Borloo et Sarkozy. Mais je ne peux pas croire qu’ils ne savent pas où on va ! Sauf, s’ils s’en foutent complètement !

  3. @ denis

    tu fait une erreur essentielle sur l’histoire de la scission verts/MEI :
    weachter est parti non par ce qu’il refusait « une alliance de 1er tour avec le PS », mais parce qu’il rejetait toute alliance de quelque nature que ce soit avec la gauche.
    C’est toute la différence entre Europe-Ecologie qui a une ligne « à gauche mais autonomiste (par rapport aux autres partis de gauche) » et le « ni gauche ni droite » de Weachter.
    en plus, tu le constate toi même, il s’allie avec la droite. donc son « ni gauche ni droite » ressemble plutôt au classique « apolitique donc de droite ».

    malgré tout ce n’est pas une raison pour refuser d’accueillir les militants du MEI qui voudrons nous rejoindre. Mais d’une part je pense que Weachter lui même ne viendra jamais (trops imbu de lui même), et de toute façon il ne reste plus beaucoup de militant du MEI ( à ma connaissance il n’y en a plus aucun en Haute Normandie).

  4. @Guillaume

    Je ne crois pas faire une erreur. Mais tu as raison sur le fond… de toute façon.

  5. Evidemment, l’UMP souhaite siphonner les voix d’Europe-Ecologie. Et je suis assez d’accord avec Guillaume. Le ni droite-ni gauche (et surtout pas de gauche) est une stratégie visant à convaincre les indécis qu’on peut rejoindre une action politique qui n’aurait pas d’idéologie, mais un principe d’action, rapide et efficace, dans l’intérêt de tous. Que ce soit sous l’appellation « gauche moderne » (!), ou sans-étiquettes, ou nombre d’autres, en passant par les centristes dont la boussole indique que le nord est toujours à tribord, le but est toujours de prêter à confusion, ou tout au moins d’apporter une vision floue du débat politique. Il faut ramasser les voix dans les marges. (je ne parle pas de ma commune où la mairie – de gauche – considère ses ajoints – de gauche – comme des opposants, en préférant les sans-étiquettes, qui « s’ils ne disent pas qu’ils sont de droite, ne sont surtout pas de gauche ! ».
    Et cependant, les hommes politiques, un bon nombre – au moins pour les plus éclairés -, admettent le constat d’un monde totalement déséquilibré, en panne d’idées et d’innovations, face à une échéance quasi-immédiate de changement radical pour éviter les catastrophes et les cataclysmes.
    Alors lorsque j’entends M. Juppé qui, sur France Inter , défend la taxe carbone, et refuse que les impôts levés soient affectés à une compensation de la taxe professionnelle, mais à des investissements visant à compenser par un comportement plus écologique (transport, isolation, énergies renouvelables,…), la portée et l’image de M. Juppé ne font que conforter une analyse (et des solutions) défendue depuis longtemps par les écologistes.
    Lorsque M. Sarkozy défend une reprise en main de l’économie, une régulation internationale, il faut le prendre au mot ! On sait que les bonus des traders ne sont pas la (seule) cause des travers du nouvel ordre mondial capitaliste. Mais, au moins, mettre un terme à certains travers permettra d’engager une réflexion sur l’organisation mondiale actuelle et la régulation nécessaire à un mieux-vivre et une sauvegarde du monde.
    Et malheureusement, plutôt qu’emboîter le pas à ces décisions (peut-être opportunistes, mais…), en permettant d’apporter d’autres points de vue, d’en renforcer le poids.
    Il faut changer, maintenant, c’est à dire tout de suite, parce qu’on aurait déjà dû le faire hier.
    Et là, dur constat : c’est la droite qui tire les marrons du feu en ouvrant son débat interne à des chercheurs, intellectuels, artistes, politiques, présentés comme de gauche, et donc de présenter une synthèse façon gloubi-boulga, avec une portée atténuée, mais qui permet de dire que, « bah, au moins, on l’a fait ! ».
    Il faut s’engouffre dans chacun de ces débats pour dire que la vision n’est pas globale, les résultats à venir étriqués, sinon contraires aux objectifs. Il faut présenter ses solutions.
    Et si des hommes politiques éclairés, sur tout l’échiquier, peuvent être d’accord pour partager les analyses et les solutions à mener, rien ne sera fait si les électeurs continuent à s’en foutre royalement ! Pas l’un d’eux ne voudra perdre son poste pour un combat perdu, à prêcher dans le désert.
    C’est toute la population qu’il faut convaincre. Bon courage.