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Journées d’été Europe Ecologie : culture du consensus ou du mépris des militants ?

Par      • 21 Août, 2010 • Catégorie(s): Ecologie  Ecologie    

En marge des journées d’été les Verts / Europe Ecologie de Nantes, sans attendre la constituante de l’automne, par médias interposés, nous apprenions qu’Eva Joly – au grand dam d’Yves Cochet – serait la candidate d’Europe Ecologie, que Cécile Duflot serait secrétaire générale d’Europe Ecologie (exit Yannick Jadot), que le projet pour 2012 était en cours de rédaction par le groupe V, une émanation du CAP national. La magie d’Europe Ecologie, c’est que tout cela se décide sans les militants : les Verts ont décidé de fusionner unilatéralement avec Europe Ecologie. Aucun militant n’a été consulté chez les Verts.

L’article 5 des statuts du rassemblement pour une Europe écologiste (Europe Ecologie) précise en effet : « Seuls les membres fondateurs ont une voix délibérative lors des assemblées générales« . Les membres fondateurs sont Jean-Pierre Raffin, Agnès Sinaï et Suzanne Auger, respectivement président, secrétaire et trésorière de l’association.

D’après Jean-Paul Besset qui ne doute de rien, la grande rupture avec la forme traditionnelle du parti politique serait le consensus. Dans un texte récent, il précise : « soit on accepte l’élan collectif, soit on se met à l’écart. » SIC. Jean-Paul Besset ferait bien de s’intéresser à l’histoire du parti des Verts. Il y apprendrait que, sous l’égide d’Antoine Waechter, le consensus y était de mise. C’est avec l’arrivée de Dominique Voynet et de quelques autres, que le consensus finit alors par voler en éclat.

Le consensus de quelques uns

Lors des élections régionales, nous avons pu évaluer de la réalité de l’efficacité dudit consensus. Les caciques du mouvement vert se réunissaient. Puis, ils réunissaient les Verts. Puis ils réunissaient le CAP régional. Au final, toutes les décisions furent prises… par l’appareil des Verts haut-normands. Jean-Paul Besset est confondant de naïveté. Les faits semblent toutefois lui donner raison : « Le consensus a constitué notre viatique, démontrant sa supériorité fonctionnelle sur les déchirements inter courants et le diktat des rapports de force. » Une viatique mise au serveice de quelques Verts ! En cas de conflit, il propose un comité de consensus, une sorte de comité des sages à la légitimité incontestée. La légitimité… ce mot de l’ordre vert nouveau ?

Dans son texte, pas un mot sur la manière dont les cadres sont désignés au sein du mouvement ! Jusqu’à présent, l’élargissement du CAP national et des CAP régionaux s’est fait sur la base du… consensus. Que vaut alors la parole d’un Dany Cohn-Bendit ou d’une Cécile Duflot ou de Jean-Michel Bérégovoy face à Madame Michu ? C’est ça la réalité du consensus :  un ordre de nature profondément anti-démocratique qui confine à un mode de fonctionnement ploutocratique et népotique ! C’est avant tout la culture de l’entre-soi et  l’auto-reproduction des élites politiques.

L’un des effets pervers du financement des partis est que les appareils, dès qu’ils en ont les moyens, récompensent quelques braves militants – les meilleurs ! – en leur offrant un contrat salarié. Ils peuvent ainsi renforcer leur emprise sur le mouvement et s’appuyer sur de braves serviteurs. Il serait urgent de réfléchir, me semble-t-il, à la manière d’organiser le dissensus !

Une autre organisation

Évidemment, tout n’est pas à jeter dans le texte de Jean-Paul Besset. Et je le rejoins notamment dans sa critique des courants qui ossifient l’organisation des partis. Hélas, il n’y donne pas grande explication.

Je crois, pour ma part, que c’est l’organisation territoriale et fragmentaire des partis politiques qui est à l’origine de leur féodalisation. Au Parti Socialiste ou chez les Verts, les responsables locaux se comportent en véritables barons. Il faut en finir avec la territorialité et adhérer à des sections thématiques. Autrement dit, il faut en finir avec l’idée selon laquelle c’est la fin qui justifie les moyens. Le propre d’un parti, c’est d’y réfléchir et d’y construire un projet de société. Aujourd’hui, la vie des partis est rythmée par les élections : on n’y réfléchit plus. Quant aux militants, ils se sont transformés en groupies de maires, de conseillers généraux et régionaux, de députés espérant un jour faire carrière en politique. Je ne vois pas en quoi l’organisation de primaires que propose Jean-Paul Besset constituera dans ce cadre une nouvelle rupture !

NB Remarquez sur la vidéo la fusion du vert et de l’orange. Virginie Votier et Générations engagées viennent de rejoindre Europe Ecologie.

Annexe

Après avoir été gauchiste, puis conseiller de Laurent Fabius de 1984 à 1985, Jean-Paul Besset est devenu le conseiller de Nicolas Hulot. Il a rejoint Europe Ecologie.  Il est aujourd’hui député européen et membre du CAP national.

Crédit photos : l’Express, Ecole des Loisirs

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3 Réponses »

  1. Bonjour,
    Pour information, les Journées d’Eté ont été intégralement retransmises en direct sur Internet.
    Elles ont été suivies par plus de 25 000 e-Militants, dont 2 000 à l’étranger.
    http://www.slideshare.net/upro/20100823-u-pro-communiqu-de-presse-journes-det
    Amélie de U-Pro

  2. @amélie

    Où sont les vidéos ? Sont-elles gratuites ? Merci.

    Denis.

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