La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Ecologie politique : début d’un cycle ou arythmie électorale ?

Par      • 5 Avr, 2010 • Catégorie(s): Ecologie  Ecologie    

A l’occasion de la préparation de la réunion de mardi dernier à Évreux, j’ai tenu à remettre en perspective les scores obtenus par les listes des Verts à l’occasion  des Européennes et des Régionales.

René Dumont, pour qui l’écologie politique n’était « ni de droite ni de gauche« , fut le 1er marqueur de la représentation écologiste à une élection majeure, sous la 5e République. Il obtint alors 1.32% des suffrages exprimés à la présidentielle de 1974. En 1981, Brice Lalonde atteignit 3.88% au 1er tour de la Présidentielle. En 1984, naissaient les Verts !

Lors des Européennes de 1989, les Verts conduits par Antoine Waechter obtinrent 10.8% des suffrages exprimés. Lors des régionales de 1992, en totalisant les voix des Verts et de Génération Ecologie, l’écologie politique obtint un score jamais égalé à ce jour avec 7+7.2, soit 14.2% des voix à l’occasion de ce type d’élections.

Avec le départ d’Antoine Waechter en 1994 et le choix des Verts de s’inscrire dans une stratégie de gauche plurielle, les scores de l’écologie politique ne cessèrent de s’affaiblir pour en revenir au score de René Dumont en 1974 à l’occasion de la Présidentielle de 2007, où Dominique Voynet fit 1.57%. Fin d’un cycle !

Recyclons lécologie.

Une nouvelle séquence ?

A Nîmes, lors de l’été 2009, les instituts de sondage nous rappelèrent toute la volatilité du vote écologiste. Le score du 7 juin 2009 (EE 16.28% + AEI 3.63%) n’aurait été rendu possible que par le très haut niveau de l’abstention à l’occasion de ces élections et le déplacement d’une frange non négligeable de l’électorat PS. Le vote écologiste, nous disaient-t-ils, aurait atteint ses limites.

Cette volatilité a très largement été confirmée par les élections régionales de mars 2010 (Verts 12.3% + AEI 0.8%). Une enquête a, en effet, révélé que 46% des électeurs qui avaient voté le 7 juin pour EE avaient voté pour les listes vertes à l’occasion des régionales. Plus intéressant : 28% des électeurs des listes vertes de 2010 étaient abstentionnistes le 7 juin 2009 ! En un an, les listes écologistes  auraient perdu plus d’un tiers de leurs électeurs.

Oui, et alors ?

Je crois qu’il faut voir plusieurs raisons à cet effondrement. L’assèchement en terme de voix peut se traduire par la fin d’une ambiguïté du fait de la nature des deux élections. Élections à un tour, les Européennes n’exigent pas de se situer dans un jeu d’alliances en vue du second. Lorsque les Verts décidèrent lors de leur CNIR de septembre 2009 de s’inscrire dans une logique d’union à gauche, sans en discuter le projet et sans que nous en discutions au sein d’Europe Écologie, ils ont fait fuir une partie non négligeable de l’électorat écologiste. Il n’y a pas eu de progression comme celle qui survint entre 1989 et 1992.

Pour Cécile Duflot, voter pour les listes vertes aux régionales allait permettre de changer la gauche. 22% des électeurs des listes estampillées Europe Écologie ont voté à droite à l’occasion du 2e tour des régionales. En faisant le choix d’un ancrage à gauche toutes lors de prochaines élections, les listes vertes dépasseront péniblement la barre des 9%. A force de vouloir changer la gauche, c’est la gauche qui s’occupe de changer les écolos.

Aux antipodes de ce qu’il avait pu défendre aux Européennes, face à Ségolène Royal le 25 mars, Dany Cohn-Bendit évoqua la nécessité d’un programme commun avec le Parti Socialiste dans la perspective de 2012. A la croisée de la tactique et de la stratégie (au sens étymologique du terme) à moins qu’il ne s’agisse du nouvel art de naviguer à vue, le leader d’Europe Écologie pense que, sans alliance avec le Parti Socialiste aux législatives de 2012, les Verts auront toujours davantage de ministres que de députés.

Un autre choix est possible !

En se maintenant au 2e tour des régionales, Guy Hascoët a fait jeu égal avec Yannick Jadot aux Européennes de 2009 : 17.37% contre 17.95%. Et il progresse même en nombre de voix par rapport à au député européen passant de 171 796 à 207 435 voix.

A chaque fois que l’écologie politique a fait preuve de réelle autonomie, elle a toujours progressé de manière significative. L’électoralisme qui ronge aujourd’hui les verts en figuration hier dans les ministères, aujourd’hui dans les exécutifs socialistes les amène à faire des choix qui, de fait, empêchent l’écologie politique de continuer à progresser ! Cela suppose que les bases du raisonnement s’établissent sur un horizon qui va bien au delà du court-termisme des choix alimentaires et de la santé financière du parti vert ! Un allié peu encombrant pour le Parti Socialiste, non ?

Crédit photos : TopFouine, Restons correct

Voie Militante Voie Militante

Tags : , , , , , , , , , , ,

8 Réponses »

  1. les verts sont il toujours le faire valoir du PS et qui recoivent une partie de l’écot des subventions ( échelon national ) ….