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Découvrir le WWOOFing.

Par      • 1 Avr, 2010 • Catégorie(s): Ecologie  Ecologie    

Adeptes du bio, des vacances en plein air, de l’effort physique, des relations humaines chaleureuses, le WWOOFing semble fait pour vous. En effet, c’est une autre façon de passer ses vacances, d’apprendre, tout en ne dépensant pas un centime pour l’hébergement et la nourriture. Mais attention, parfois le rêve se transforme en cauchemar…

Un drôle de nom !

Comme son nom l’indique, son origine est anglo-saxonne. Le terme WWOOF vient de l’anglais World-Wide Opportunities on Organic Farms.
Il s’agit en fait de fermes respectant les principes de l’agriculture biologique qui accueillent des personnes souhaitant partager leur quotidien et apprendre leurs méthodes de travail.
Le WWOOF n’est pas une seule et unique organisation internationale mais se compose d’un réseau d’organisations WWOOF à travers le monde entier.

Le principe.

Il s’agit d’un échange. Les hôtes offrent la nourriture, l’hébergement et les occasions d’apprendre, les WWOOFers offrent une assistance en maraîchage, jardinage, soins des animaux, ou tout autre travail agricole.
Il n’y a aucun échange monétaire, c’est un modèle alternatif !
Le WWOOFer doit s’investir, s’intéresser à la démarche de l’hôte et ce dernier doit être accueillant et partager son savoir-faire.

Concrètement.

Cela consiste donc à travailler quelques heures par jour – en général 5 à 7 heures – dans des fermes pratiquant l’agriculture biologique en échange du gîte et du couvert. Au delà du travail, qui s’effectue généralement le matin et en début d’après-midi, le WWOOFer dispose de temps pour apprendre la langue du pays visité et faire un peu de tourisme. L’hôte prendra ainsi du temps pour le guider ou lui faire visiter sa région.

Un état d’esprit.

Le Wwoof, travail gratuit ou expérience enrichissante ?

Le Wwoof, travail gratuit ou expérience enrichissante ?

Les hôtes accueillent les WWOOFers comme des amis, voire comme des membres de leur famille, c’est à dire qu’ils les nourrissent et les logent à la même enseigne.
Le WWOOFing est ouvert à tout le monde, quel que soit l’âge ou la nationalité.
L’un des objectifs est de « permettre à des non-initiés d’avoir une première expérience dans le domaine de l’agriculture biologique et de l’éco-construction ».
La plupart des adhérents sont des citadins. Il faut avoir envie d’apprendre et être sensible à la protection de l’environnement.

L’ambition du WWOOFing est aussi de diffuser les principes d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement, de défendre la biodiversité, de favoriser la communication au sein du mouvement de l’agriculture biologique et de créer des liens entre citadins et ruraux.

Des précautions à prendre.

Le WWOOFer a la possibilité de donner de son temps et de participer aux différentes tâches sur la propriété ou l’exploitation. Mais il n’y a aucune obligation pour lui d’effectuer telle ou telle tâche. Il faut parler avec l’hôte, discuter préalablement au téléphone des conditions du séjour – qui peut aller de quelques jours à parfois un an – et de la participation aux travaux.

Mode d’emploi.

Pour faire du WWOOFing en FRANCE, il faut devenir membre de l’association WWOOF FRANCE ayant pour but de mettre en relation les hôtes et les WWOOFers.
Une fois membre de l’association, le WWOOFer a accès à la liste des hôtes et peut les contacter directement pour organiser son séjour.

Le livret WWOOF contient les détails complets de 500 hôtes. Le livret électronique est au prix de 15 euros pour une personne et de 20 euros pour 2 personnes. Le livret imprimé et le livret électronique sont au prix de 25 euros pour une personne et de 30 euros pour 2 personnes.

Pour les hôtes, il faut également souscrire à l’association et faire part de sa demande par e-mail à alexandra@wwoof.fr ou par courrier à WWOOF France, La Beunaz, 74500 Saint-Paul-en-Chablais. Un dossier d’inscription sera alors envoyé par e-mail ou par courrier.

Une face cachée.

Oui la plupart du temps tout se passe bien, il y a de belles rencontres, des amitiés qui naissent, voire des histoires d’amour – comme dans notre département de l’Eure où un éleveur de vaches vit désormais avec une japonaise qui était venue faire du WWOOFing chez lui, le couple continuant d’ailleurs à recevoir des WWOOFers – mais il y aussi des expériences qui tournent mal. Certains WWOOFers ne voient dans cette pratique qu’une méthode pour passer des vacances gratuitement et ne s’investissent pas dans la ferme, voire ne font rien du tout… mais, le plus souvent c’est dans l’autre sens ! Certains hôtes exploitent les WWOOFers, les faisant travailler 10 à 12 heures par jour, les logeant dans un coin, les nourrissant comme des chiens et ne leur faisant rien découvrir de la région, allant même jusqu’à ne pas leur laisser un moment de libre. Il paraîtrait même que dans notre département, certains exploiteraient les WWOOFers avant de les virer limite « à coup de pompe dans le cul« … diverses sources allant dans le même sens… ça devient inquiétant… !

Le WWOOFing est une belle initiative, il faut être vigilant et ne pas laisser quelques uns profiter de ce modèle alternatif pour le détourner et le transformer en une nouvelle forme d’esclavagisme, écologique !

Crédit photos : Aboneobio, l’association WWOOF FRANCE ; cafébabel.com

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4 Réponses »

  1. @ virginie

    quid du code du travail et des conventions internationales du BIT ?
    ce n’est pas dans le bio qu’il faut également réaliser des erreurs de ce genre ….

  2. @ Bernard,

    Le Code du travail ne s’applique pas dans la mesure où il ne s’agit pas d’un contrat de travail…
    Mais le WWOOFing doit être encadré, notamment pour éviter les dérives et les dénoncer. C’est pour ça qu’il faut adhérer à une association WWOOF avant de pratiquer…
    Des erreurs… pfff… il y en a partout, dans le bio comme ailleurs.

  3. @ virginie

    petit détail ( cf conseil de prud’hommes) un contrat de travail non écrit et verbal équivault à un cdi …

    lien :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Contrat_de_travail

    désolé, mais le code du travial est aussi pénible que le petit livret rouge qui te sert de livre de chevet ….

  4. @ Bernard,

    Ce principe de droit ne s’applique pas en l’espèce car il n’y a pas de relation de travail, c’est un échange, dans un cadre conventionnel : le WWOOFing. Le contrat est la loi des parties…
    C’est pour ça que le WWOOFing doit être pratiqué en respectant les règles, sinon, en dehors d’un cadre bien défini, ce principe pourrait éventuellement s’appliquer.

    Pourquoi livret rouge ? Mon livre de chevet, ma bible, c’est le Code civil, je suis juriste !