La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Le désenchantement militant !

Par      • 6 Juil, 2008 • Catégorie(s):  

Au Parti socialiste, avoir le goût des autres !La manifestation organisée hier sur la base de Léry-Poses par Yves Léonard fut un grand moment de convivialité réussie. Seul hic, et de taille : nous n’étions que 80 personnes… sur 1500 militants que compte cette fédé !

Cette réunion m’a permis notamment d’échanger longuement avec Michel Doucet et avec le secrétaire de section de Bourgtheroulde. Je réitère au passage ma demande urgente de réunir tous les secrétaires et les trésoriers de section pour discuter de l’organisation militante de cette Fédé.

La situation de Brionne et de Bourgtheroulde est très différente. Chez nous, nous avons tout à construire. Notre croissance depuis 2 ans, sil elle ne doit rien au hasard, n’est pas non plus anormale. Dans les autres sections du département, 25 à 30 % des militants ont déjà quitté le Parti Socialiste. La faute à qui et à quoi ?

Paroles, paroles, paroles

Nous croulons de réunions obligatoires et de votes qui ne laissent aucune place au débat. A Brionne, nous l’avons particulièrement mal vécu lors de la discussion sur le projet en 2006. C’est vrai que, ce soir-là, y avait un match de foot. Livrées dans la précipitation par le bureau national, nous n’avons même pas pu organiser le débat autour de la déclaration de principes et la modification de statuts. Que sont devenus les propositions que certains – comme moi – avaient toutefois cru pouvoir écrire sachant que pertinnement leur rédaction relevait de la boîte à idées chère à Gaston Lagaffe ?

Réponse à la panne d’imagination

Conscient du problème, la section de Louviers animée par Michel Doucet, épaulé de Jean-Charles Houel et de Christian Renoncourt, a lancé des discussions thématiques articulées avec les problématiques locales. Bien vu. Ne soyons pas dupes : les chevilles ouvrières sur une section de 75 personnes se limitent à tout casser à 5 personnes. C’est peu et c’est beaucoup à la fois ! L’investissement militant est aujourd’hui à géométrie variable. Il faudra faire avec.

Alors qu’à Brionne, nous brassons toutes les générations et toutes les tendances, dans d’autres sections, la nostalgie – l’ennemi viscéral de la politique – a envahi les imaginaires. Là où les gens pourraient avantageusement faire du scrabble ou regarder Tf1, ils aiment à se raconter leurs vieux souvenirs dans nos sections. Leur nostlagie est un étouffoir. Entre nous, qu’avons-nous à faire d’évoquer la mémoire de Mitterand et des autres là où nous devons construire un socialisme moderne qui doit s’enraciner dans le présent ? Sachons tuer nos pères. La déclaration de principes va, de ce point de vue, dans le bon sens. Cela ne veut pas dire d’ailleurs que nous devons les ignorer et renier le travail qu’ils ont pu faire ou ne pas faire. Laissons à Cabrel la rhétorique du « C’était mieux avant« . Nous devons éviter que nos sections ne se transforment en mouroir.

Avoir le goût des autres

Il faut aujourd’hui revenir aux conditions de la conquête telle qu’elle s’est articulée en 1971. Le PS doit redevenir un bouillon de culture et d’idées. Il doit ouvrir ses portes et ses bras à la diversité, accueilir toutes les sensibilités et cultiver ce qui nous rassemble. Disposer de Hamon et de DSK, de Mammeri et de Champredon dans un même parti n’est pas un handicap. C’est une chance que nous peinons à « capitaliser » électoralement.

Nous devons repartir dans la société civile, parler avec tout le monde sans ostracisme. Nous avons tout à perdre de l’enfermement idéologique dans lequel certains tentent de nous conduire. Qu’ils aillent chez Besancennot ! Ils sont en train de nous tuer politiquement. Nous avons tout à gagner de nous confronter aux regards des autres. Depuis mon arrivée au Ps en 2005, je suis en révolte permanente face l’organisation de la misère militante là où nous bouillonnons de gens compétents, prêts à s’investir. Or depuis 2005, dans cette fédération, dans ce Parti cadenassés par les élus, rien n’a changé. Je reste profondément inquiet pour 2012. Il est urgent de revoir notre copie. Nous n’avons plus beaucoup de temps.

A part ça, samedi midi, à Léry-Poses, c’était plutôt sympa.

Voie Militante Voie Militante

Tags : ,

6 Réponses »

  1. N’oublie pas Denis que bon nombre de nos camarades partaient en congés ce week end… c’était le cas d’une dizaine de camarades de ma section qui auraient aimé être présents… c’était le cas de Freddy, par exemple… pour ma part j’avais une fête de famille.

    Par ailleurs, je ne partage pas du tout tes propos sur le fait de « tuer nos pères ». En tout cas, pas de manière si radicale. Il est tellement fondamental de ne pas oublier d’où nous venons pour savoir là où nous voulons aller…

    Quant aux élus qui cadenassent le parti, arrêtons d’opposer les uns et les autres dans ce parti… construisons ensemble Denis, tous ensemble…

    A part ça, la réunion de Léry-Poses était une excellente initiative et doit être renouvellée…

  2. @Jérôme

    1500/2=750. 75/750=10%. Tu as sans doute raison : c’est beaucoup ! A moins qu’on ne soit pas 1500 dans l’Eure. Alors disons.
    600/2=300. 80/300=27%. C’est mieux ? Au fait combien sommes-nous ? Les listes dont nous disposons reprennent les personnes qui étaient adhérentes depuis 2 ans. As-tu remarqué que tout le monde était étonné de la participation à Brionne ? Normal, nous sommes une section « neuve ».

    Sur nos pères, je n’ai au final rien dit d’autre que toi, sachant que je reprends les outils et moyens de conquête tels que le Ps les a déployés de 1971 à 1981.

    Sur les élus, dans la droite lignée du point précédent, je reste convaincu que leur capacité à durer contribue très largement à la dérive gestionnariste du Ps et aussi à la confiscation de la parole militante. A force d’avoir des idées qui ne proviennent que de nos « élites », nous nous asséchons.

    Côté militants, on ne peut pas être bon sur les marchés pour les élections locales et pour les élections nationales. La vision militante de nos caciques se réduit trop souvent hélas au boîtage et au collage d’affiches. Il faut que nous montions tous d’un cran dans de nombreux domaines. Je me mets à titre personnel très volontiers dans le « Nous ». Les élus le souhaitent-ils le plus souvent préoccuper de la concurrence interne que de l’envie de transmettre ? Je pense que tu en as fait, toi-aussi, l’amère expérience. Non ? je pense qu’au Ps comme dans le reste de la société, le livre « la guerre des places » s’impose à nous tous.

  3. @Jérôme

    Très bonne idée en effet. Mais la prochaine fois, faudra faire « campagnard ».

  4. A.G. de la Section P.S. d’Evreux du 24 Juin 2008-
    Maison de Quartier de La Madeleine.
    En présence de Yves Léonard, 1er Secrétaire fédéral.

    Intervention de Bernard Bonnechère, militant de la Section d’Evreux,
    membre du Conseil Fédéral de l’Eure

    Mes Chères et chers Camarades.,.. Ce n’est pas une formule anodine pour moi !
    Ou lorsque j’écris : « amitiés socialistes ». Ce n’est pas non plus une simple formule de politesse :
    Mais c’est pour dire sincèrement mon amitié pour chacune & chacun de mes Camarade, membre de mon Parti !
    Pas toujours facile de dire tout haut ce que l’on pense et cela, en toute amitié, en toute camaraderie !
    Il faut avoir un peu de courage pour se confronter à des points de vue différents, divergents ?Mais nous ne pourrons avancer que par la confrontation des idées, et aussi par l’acceptation de la remise en cause de vues personnelles, donc par la volonté d’aboutir à une ligne politique commune !
    Pas d’opposition systématique, mais étant minoritaires continuer à dialoguer, même si cela se fait parfois « vivement », et aussi, étant majoritaire respecter les avis contraires et chercher à convaincre et non à imposer.

    La Section d’Evreux a besoin de se remettre en cause et prendre la mesure de ses échecs aux dernières élections. Des questions se posent, comme par exemple :
    – Le Secrétariat a-t-il toujours bien « assuré » sa responsabilité durant cette dernière période, depuis le Congrès du Mans ?
    – La Commission Administrative a-t-elle remplie tout son rôle ?
    – Les nouveaux adhérents ont-ils été bien accueillis ?
    – Les Statuts ont-ils été bien respectés ?
    Chacune et chacun d’entre vous, mes Camarades, y a réfléchit, je pense ?

    Pour ma part, ma réflexion me conduit, ce soir, à vous proposer de voir comment ensemble nous pouvons repartir de l’avant et faire de notre Section une belle organisation, capable de mener les combats futurs – mais aussi urgents.
    Voir comment, si l’on veut participer au changement de société et agir pour faire progresser la conscience politique autour de nous, ici à Evreux et dans toute l’Agglomération.
    Pour cela il nous faut un nouveau fonctionnement, une organisation différente de ce qui s’est fait jusqu’à maintenant.

    A l’issue du Congrès, en Novembre prochain une nouvelle Commission Administrative sera formée à la suite du vote des adhérents sur les Motions en présence
    (Il nous faut fixer le nombre de ses membres : 13 membres en plus du secrétaire et du trésorier, donc une C.A. de 15 siéges me semble bien !)
    La C.A. doit se réunir régulièrement, et non pas au bon vouloir du Secrétaire de Section.
    Elle doit exercer pleinement ses responsabilités politiques envers le Secrétariat et l’assemblée des militants.
    Il faut une C.A. qui soit avant tout la commission permanente entre deux Assemblées Générales de Section. (voir les Statuts)

    Il faut un Secrétariat qui organise la tâche militante sur le « terrain », au contact des habitants, citoyennes/citoyens de notre Cité et de la Communauté d’Agglomération d’Evreux (formée pratiquement des 4 Cantons, qui sont aussi les 2 circonscriptions législatives).

    Un Secrétariat qui anime une Section visible et active, sur tout son territoire et dans tous les domaines de la vie publique, par la présence constante de ses militantes et militants.

    Il est possible, avec de la volonté, de mettre en valeur les talents et les bonnes dispositions de nombreux adhérentes et adhérents. J’en suis convaincu !

    Il faut bannir le découragement, la zizanie, l’hypocrisie qui nous décrédibilisent aux yeux de la population et de nos Camarades de la Fédération.
    J’aspire à un autre climat pour notre Section, un climat de sincère camaraderie, un climat de confiance et de ténacité !

    Mes chers Camarades, ne nous précipitons pas pour établir des règles intransigeantes, que nous ne saurons pas respecter. Continuons à réfléchir jusqu’au Congrès de Reims, d’ici Novembre, et à ce moment là, les candidats feront leurs propositions, quant au fonctionnement et au « Règlement intérieur » de notre Section d’Evreux,

    Par leurs votes les adhérents et les adhérentes trancheront et leurs choix auront valeur d’engagement !

  5. Longtemps que je n’étais venu.
    Ton blog est toujours aussi riche , foisonnant d’idées.
    Bravo. même si je ne les partage pas toutes. . . Et particulièrement quand tu donnes le sentiment que l’ennemi, C’est l’élu !
    Amicalement

  6. @Gérard

    Je ne dis pas que l’ennemi est l’élu. Je dis que, par tropisme, l’organisation de notre Parti oublie les militants. C’est très, très différent. Or nous n’avons pas d’autre choix que de nous réarmer pour 2012. Et je dois dire que je sus inquiet de l’état de nos troupes. Le temps presse. Le gestionnarisme des élus locaux nous broie idéologiquement. C’était le sens de ce billet. Sans doute, ne suis-je pas toujours très clair.

    Amicalement !

    NB Pour rappel, je suis moi-même élu. Certes, je ne suis qu’un petit adjoint au Maire. ;+)