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Et si le prix de la tomate influençait l’humeur de la rentrée ?

Par      • 13 Août, 2012 • Catégorie(s): Agriculture  Agriculture    

Une tomate en chair, c'est devenu très cher !En 3 semaines les prix des tomates viennent de connaître une formidable envolée à l’heure où normalement la production de tomates atteint son maximum annuel. Le Télégramme de Brest aussi le constate le 26 juillet :

« Flambée des prix de la tomate

L’installation d’un temps estival sur la Bretagne dope la consommation des fruits et légumes de saison. Les prix de la tomate de pays ont ainsi fortement renchéri, ces derniers jours, d’autant plus que l’offre régionale se montre plus mesurée (1.240 t commercialisées, hier). Prix moyens (semaine 30/semaine précédente) : Artichaut : -2,1 %Échalote : -18,3 % Tomate : +29,7 % ».

Étonné de ce paradoxe j’ai donc cherché quelque article permettant d’expliquer la chose en consultant la toile. A la requête « Flambée des prix de la tomate en France »… nada. Circulez il n’y a rien à voir actuellement sur les sites français. La presse semble bien apathique sur la question. Mes confrères et consœurs seraient-ils tous en vacances ou, comme les politiques, incapables de s’intéresser au prix de la baguette ou du ticket de métro, trop occupés derrières leurs écrans à des choses tellement plus importantes ? Pendant ce temps le petit peuple lui doit se priver des fruits et légumes de saisons parce que trop chers pour son porte monnaie de plus en plus vide…

Raisons climatiques ?

En fouillant un peu plus sur le net, dans Agora le site proposé par Isabelle Mouilleseaux, j’ai trouvé ça , sous le clavier de Florent Detroye, en date du 19 avril 2012 !

 

« Pourquoi le prix de la ratatouille menace-t-il de grimper ?

La faute n’est pas à rechercher, du côté de la courgette, de l’aubergine ni même du bouquet garni qui embaume nos cuisines.
La responsable, c’est la tomate. Attention, pas la tomate importée aux saveurs de serviette-éponge. Je parle de la vraie et unique tomate française… cultivée sous serre.

C’est une information délivrée ce matin par Le Figaro. Selon un consommateur, la tomate française se retrouverait autour de 5 euros le kilo sur certains marchés parisiens, contre 2 euros pour la tomate espagnole. Une des raisons avancées est le coût du chauffage des serres, qui s’effectue… avec du gaz. »
S’en suit un long plaidoyer pour l’avenir formidable du gaz de schiste et pour vous inviter à investir dans ce marché lucratif. Mais revenons à nos tomates. La question serait bien de trouver quelques explications à cette majoration soudaine de plus de 50% des prix de ce fruit-légume d’été aussi indispensable dans nos assiettes en cette période de soleil brûlante que la bouteille d’eau pour le marcheur.

Or, selon Agora donc, le coût de l’énergie pour faire fonctionner le chauffage dans les serres serait la raison première de la hausse des coûts. Mais le mauvais temps et le froid, c’était plutôt en mai juin et, depuis, il fait fait chaud même s’il pleut parfois.
Et puis regardons les chiffres.

De l’origine des prix !

Selon Wikipedia, la France produit 750 000 tonnes et importe 800 000 tonnes pour satisfaire sa consommation (22 kg par an et par habitant). Pour la consommation, nous sommes loin des Italiens (66kg par an et par habitant) et des Turcs (85kg par an et par habitant) mais eux exportent (Turquie 3,8 millions de tonnes et Italie 2,3). Nous pourrions donc acheter chez eux, ou au Maroc et en Espagne comme les étiquettes le montrent. Et là, pas de problème de chauffage ou de maladie comme en 2010. Alors le grand marché permet-il de confronter l’offre et la demande et favorise-t-il la libre régulation au profit du consommateur ?
Une fois encore, nous devons constater qu’au contraire il autorise les opérations financières les plus éhontées pour imposer des prix inconsidérés qui favorisent l’enrichissement des intermédiaires et des spéculateurs en tous genre. Donc… uniformisons le prix de la tomate par le haut et le marché ne s’en portera que mieux !

Les renoncements conjugués, de consommateurs peu curieux à connaître l’origine d’un prix, de spécialistes de l’information à partir à la recherche du pourquoi d’un brusque changement inaperçu par eux et donc anodin (pour eux), des pouvoirs publics à s’intéresser a la soudaine envolée d’un prix qui a de l’importance pour les ménages et à intervenir pour faire cesser des spéculations abusives vont nous conduire à voir un très grand nombre d’entre nous privés d’un élément fondateur de la cuisine d’été…la belle tomate.
Déjà que le soleil n’a pas été toujours en rendez-vous cette année, s’il faut en plus manger des pâtes et du riz tous les jours même en plein mois d’août, quel été pourri ! Bonjour l’ambiance pour la rentrée.

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3 Réponses »

  1. @Denis

    Quand on regarde ce que reporte la presse on voit que le sujet qui intéresse les français c’est la cérémonie de clôture des JO , pas les tomates.

    Ou alors les media serait ils plus sensibles aux sirènes des richissimes multinationale de l’agro business qu’a celles des producteurs de tomates? ;)

  2. @Jean-Noël

    En tout cas, en tapant « flambée prix tomate », l’article dans VM est 2 dans Google ! ;+)

  3. J’m’en fous, les tomates je n’en mange qu’en saison et de préférence celles de mon jardin! ;-)
    J’habite dans une région situé au nord de la Loire, et sans serre j’ai pu en avoir quelques kilos de couleurs différentes. J’ai testé des variétés et vu celles qui résistaient le mieux.
    Sérieusement, je trouve ça honteux qu’on spécule sur de l’alimentaire. On demande au maraîcher, céréalier, éleveur de faire au coût le plus bas pour finalement enrichir l’intermédiaire?

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