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Le mythe du bon blanc

Par      • 4 Déc, 2008 • Catégorie(s): Monde  Monde    
SaphirNews

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L’empreinte culturelle du colonialisme et le sentiment de culpabilité qui lui est associé semblent encore peser lourdement dans nos comportements.

De nombreuses associations se sont constituées autour de la thématique de l’aide aux pays africains. Lunettes, vêtements, ordinateurs pourris, jouets, matériel agricole obsolète… tout y passe !

Je vous avoue ma grande perplexitude sur la logique de ces bons blancs qui dépensent sans compter. Les richesses minières des Africains sont acheminées par cargo vers l’usine du monde. Les biens produits en Chine sont alors acheminés par cargo vers les centres de consommation : Japon, Amérique du Nord, Europe, Australie. A peine consommés, ces biens sont acheminés vers l’Afrique par de nouveaux cargos. La boucle est bouclée. C’est tout simplement ubuesque. Personne n’y trouve rien à redire et lorsque vous vous permettez d’émettre un point de vue critique, le bon blanc vous rétorque : « Tu n’as pas de coeur. »

Pendant ce temps, en France, nous continuons à parler d’immigration choisie. Nous renforçons nos dispositifs de contrôle migratoire. Nous expulsons. Nous cautionnons une politique animée par des gens qui, eux, semblent ne pas avoir grand coeur et dont la vision ressemble étrangement aux motivations humanitaires de ceux qui ont du coeur.

Crédit photos : AlterInfo, LDH Toulon, SaphirNews

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4 Réponses »

  1. Je fais partie de « ces bons blancs » qui partent en Afrique pour apporter de l’aide. Dans notre association, pas « d’empreinte culturelle du colonialisme » ni « sentiment de culpabilité », car très peu d’entre nous étions nés avant les années 1960. Sur mon passeport, le visa indique « mission humanitaire » (j’espère que Saint-Pierre m’ouvrira les portes du paradis). Notre travail consite à trouver des fonds durant toute une année et quand nous nous rendons au Mali en juillet, à 230 km au sud de Bamako, en pleine brousse, c’est pour proposer au chef de la circonscription d’employer les fonds récoltés à ce qui leur manque le plus…Nous recrutons de la main d’oeuvre locale, maçons, ferrailleurs, cuisiniers, puisatiers….
    En quatre ans nous avons construit 6 salles de classes, envoyés 600 élèves à l’école (alors qu’il n’y avaient jamais été), construit une bibliothèque, embauché une bibliothécaire et acheminés 5000 livres (tu n’en trouveras autant dans toutes les bibliothèques actuelles de Brionne), dont des manuels scolaires maliens, construit un terrain de sport, un puit, et electrifié 150 foyers, soignés plusieurs centaines de personnes car infirmières et dentistes nous accompagnent. Nous avons parrainés entre autre une vingtaine de jeunes filles qui sont partis à Bamako dans le privé, et évité ainsi qu’elle ne soient mariées à 13 ans.

    Désolé pour « Lunettes, vêtements, ordinateurs pourris, jouets, matériel agricole obsolète… tout y passe ! »

    Tu es très loin du compte… Si tu le souhaites, tu peux candidater auprès de Malidé (enfants du Mali), tu pourras venir découvrir les joies des déplacements en Afrique à travers la Brousse, du travail à la saison des pluies, de la transpiration qui ne te quitte pas de la journée, de la tourista qui n’est guère plus originale…et surtout des pleurs sincères de tout un village quand il est temps pour nous de plier bagages.

  2. Entièrement d’accord Denis.
    Dans les pays riches et industrialisés la population consomme trop, tout et n’importe quoi !
    Et bien-sûr pour apaiser leur conscience, certains donnent leur « surplus » aux africains.
    Sauf que le problème, c’est la surconsommation, notamment de saloperies fabriquées en Chine.
    Il faut consommer moins et mieux.
    Surtout que ce système n’apporte rien aux africains qui méritent un vrai gâteau et non juste des miettes.
    Ce qu’il faut à mon sens c’est plutôt être vigilant sur sa consommation et aider les pays africains à se développer, sur place, pas engraisser la Chine…

  3. Et bien pour une fois , je ne suis pas complètement d’accord avec toi Denis . Pourquoi ? Dans l’état actuel de la situation , l’Afrique est gouvernée par des despotes qui bradent les richesses minières et agicoles à l’occident ou à l’asie , au plus offrant . Et le peuple est confiné dans la misère , là nous sommes bien d’accord . Seule la démocratie peut leur permettre de s’en sortir et la démocratie commence par l’éducation . L’éducation étant le moindre des soucis des Bongo , Mugabe et autres Kabila , toute école , tout puits qui libère les enfants de la corvée d’eau , tout ce qui concourt à l’éducation d’une manière ou d’une autre est utile . Et là les associations ont un rôle et les actions décrites par David vont dans ce sens .

    Quand je donne au téléthon , aux restaux du cœur , à Plan internationnal ou autre , je ne le fais pas par charité ,ni par une quelconque culpabilité de descendant de « possible» colonialiste ( je n’ai pas la notion de repentance pas plus que la notion de « bienfait du colonialisme » chère à l’UMP) , je le fais simplement avec le sentiment d’aider un peu avec mes petits moyens et de soulager un peu de misère . Il n’empêche que je honnis Hortefeux et ses sbires en bleus , complices de ces reconduites à la frontières honteuses .

  4. @Philippe

    Mon billet se voulait provocateur quant à la forme. Quant au fond, les circuits économique sont en train de consumer notre planète. Heureusement, la glace est en train de fondre. De nouvelles voies sont trouvées.