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L’Afrique selon Sarkozy

Par      • 25 Août, 2007 • Catégorie(s): International  International    

ColoniesParlons de Sarkozy encore – sans doute faudra-t-il bientôt arrêter de se focaliser sur lui d’ailleurs – pour recommander à ceux qui ne l’aurait pas lue l’analyse de Philippe Bernard (Le Monde du 24/08/07) sous le titre « Le faux pas africain de Sarkozy« . Sans doute, après un trimestre de présidence, ne s’agit-il pas-là du premier faux pas de notre homme.

Si l’on s’écarte du battage médiatique et des scories nauséabondes qu’il véhicule, on voit en s’attachant à l’essentiel, que le discours GUAINO/SARKO de Dakar n’apparaît pas comme un signe de rupture avec les politiques antérieures : en gros  » la centrafrique » est toujours là. Tel est le point de vue d’un certain nombre d’intellectuels africains après ce qui se voulait être un acte fondateur de la nouvelle politique de la France sur le continent africain.

– BOUBACAR BORIS DIOP : se peut-il que M. Sarkozy n’ait pas compris à quel point nous nous sommes sentis insultés ?

– ACHILLE MBEMBA : dans sa « franchise » et sa « sincérité », Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu’à présent, relevait du non-dit, à savoir que l’armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date du XIXè siècle.

Voilà tout est dit me semble-t-il : le porte-plume Guaino et le porte-voix Sarkozy sont aux antipodes de la rupture revendiquée sans relâche. On ne tardera à constater que c’est également le cas dans d’autres domaines. Mais si dénoncer et s’opposer sont des attitudes normales et saines en démocratie, il faut aussi être en capacité de proposer. C’est en ce sens que je plaide pour qu’à gauche on cesse de focaliser sur celui que Denis nomme Sarkoléon (les médias s’en chargent très bien) et pour que l’on essaye d’avoir une expression publique cohérente et audible. Par exemple, quelle est la position du PS à propos de la politique de la France en Afrique ?

Autres éclairages :

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Une Réponse »

  1. De De Gaulle à Chirac, en passant par Mitterrand, la politique « africaine » est restée d’une grande constance :

    1. réservoir de main d’oeuvre
    2. fournisseur de matières premières

    J’ai récemment évoqué les déboires d’Areva au Niger. Virgine avait évoqué le voyage de Tintin au Congo Sarkoléon au Sénégal

    L’étrangeté du concept de politique « africaine » réside dans les mots qu’on emploie. Parle-t-on de politique Nord Américaine ou Asiatique ? Tout juste, parle-t-on de politique européenne. Ce que je veux dire est que la simple évocation de l’expression est provoquée par notre passé colonial et les restes d’une Francophonie en désordre et en recul sous les coups de boutoirs des Chinois et des Américains. Sans doute, devons nous reconstruire des relations d’état à état. Plus facile à dire qu’à faire dans cette période de tension sur les ressources !

    Ségolène Royal avait proposé lors de la campagne interne au Parti Socialiste un visa aller et retour permanent. Cette idée, à mon grand regret, ne fut pas reprise dans le projet présidentiel.

    L’idée était de permettre aux travailleurs des pays africains et d’ailleurs de venir en France et de retourner dans leur pays pour contribuer à leur développement. La politique migratoire actuelle incite les gens à rester à demeure, déracinés en pleine déculturation, ou à basculer dans la clandestinité.

    Elle avait aussi évoqué la problématique de la production énergétique et l’insuffisance du développement de l’énergie solaire.

    Bien sûr, tout cela ne fait pas une politique « africaine ». C’est, je crois, cette idée même qu’il faut rejeter. Plutôt que de nous gargariser de mots et de principes, avançons sur ce que nous sommes capables de faire ! Pour le reste, nous le rangerons au musée de la vapeur cérébrale, le Vaporware Museum.