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Kindarena : le pouvoir spirituel du divin marché !

Par      • 7 Sep, 2012 • Catégorie(s): Rouen  Rouen    

Kindarena, c’est la dénomination choisie par les dirigeants politiques de la CREA pour le palais des sports de Rouen. Ce choix ne relève évidemment pas du hasard pur. Il fait explicitement référence à la marque Kinder et à Ferrero, connue pour la fabrication du Nutella. L’entreprise normande, en contrepartie, s’est engagée à verser 4,6 millions d’euros sur 10 ans à l’agglomération rouennaise au titre d’un contrat de naming ! Le budget publicitaire de Ferrero en 2011 était de 195 millions d’euros. Le palais des sports a coûté 52,4 millions aux contribuables.

Le naufrage d’une certaine gauche de droite

Kindarena : le pouvoir spirituel du divin marché !Ce choix, c’est avant tout celui de l’actuel ministre d’État du gouvernement Ayrault en charge des affaires étrangères, qui trouvait encore le temps de présider aux destinées d’une agglomération de 450 000 habitants. Rappelons que la Seine-Maritime comprend 10 députés pour une population de plus de 1 250 000 habitants. Laurent Fabius n’est pas un homme. C’est un extra-terrestre !

Ce choix, c’est aussi le stigmate de toute l’infatuation d’une société en manque cruel d’autonomie vis à vis du divin marché, selon les mots du philosophe Dany-Robert Dufour. C’est le naufrage idéologique d’une certaine gauche de droite au pouvoir, incarnée par l’ancien 1er ministre de François Mitterrand, qui engonça dès 1984 la France dans un corset néo-libéral. C’est encore le naufrage d’hommes et de femmes, qui, pour un maroquin, sont prêts à vendre leur reste d’âme au Diable. Par leur dévotion et leur culte du chef, les vassaux politiques de Laurent Fabius nous montrent que nous sommes encore bien loin de la fin de l’Histoire.

Irresponsables par nature

Ferrero n’a pas pour mission de s’occuper de la santé des gens. C’est d’ailleurs le cadet de ses soucis. Une entreprise dans une société capitaliste a vocation à satisfaire ses actionnaires en réalisant le plus de profit possible. L’entreprise de Villers-Ecalles ne saurait donc être tenue responsable de l’incurie du politique qui n’aura jamais légiféré sur la question de l’emploi des graisses saturées dans l’industrie agroalimentaire. Ferrero ne peut pas être responsable, non plus, du choix de consommateurs qui, pour des raisons que la raison ignore, au risque de leur santé, s’empiffrent de produits qui regorgent d’une huile utilisée en Indonésie et en Malaisie comme carburant !

En consacrant Ferrero, le pouvoir politique reconnaît explicitement le pouvoir spirituel du divin marché dans notre société. S’agit-il là de la nouvelle morale laïque chère à Vincent Peillon ? Nous avions encore beaucoup de mal à en percevoir les contours. C’est aujourd’hui beaucoup plus clair.

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