La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

A mon ami Arnaud !

Par      • 19 Nov, 2007 • Catégorie(s): Parti Socialiste de l'Eure  Parti Socialiste de l'Eure    

J’ai appris ce soir que tu avais rejoint le Modem. Pour moi, je l’avais compris quand tu m’avais annoncé que tu quittais le PS. Quand je t’ai revu cet été, je n’avais plus aucun doute. Je me souviens de l’enthousiasme qui fut le tien à défendre dans la campagne interne la candidature de Ségolène Royal. Oui, nous nous sommes battus ensemble comme des chiffonniers, avec d’autres, pour qu’une vision moderne de gauche et du socialisme s’impose au sein du Parti Socialiste. Je ne sais pas vraiment si elle l’a d’ailleurs emporté. Dans cette fédération, nous l’avons emporté face à une vision conservatrice. Car, ce Parti a une particularité par rapport aux autres : le combat politique y est plus rugueux en interne qu’en externe. Pour toi, comme pour moi, cela reste un mystère, une absurdité, pire… une grotesque erreur. J’en suis le premier indigné et révolté.

Je me souviens de ta déception – qui a été aussi la mienne – à voir Ségolène Royal oublier de s’appuyer sur ses amis et ses partisans au sein de Désirs d’avenir. Je me souviens aussi et surtout de l’agression physique et verbale de l’un de nos camarades ce soir-là à ton égard. Il y a bien peu de chances qu’il se souvienne de quoi que ce soit. A bien des égards, ses cris d’orfraie n’avaient comme but que de t’impressionner et de tester. Au final, sans doute, lui auras-tu donné raison sur tes faibles capacités de combattant ! Elles doivent être aujourd’hui passablement renforcer.

Tu as fait le choix du Modem sans doute parce que tu avais compris que tu n’avais aucun avenir au sein du Parti Socialiste. J’ai peur que ton choix ne soit pour toi qu’une impasse de plus. Ce mouvement est aujourd’hui mort-né constitué d’anciens déçus du socialisme, de la Ligue et des Verts. Jean-Marie Cavada et Corinne Lepage l’ont parfaitement compris. L’ultra-centre n’est qu’une chimère et les mots du Général de Gaulle sont d’une cruelle actualité.

Pour autant, tu restes mon ami. J’ose croire que nous pourrons un jour nous retrouver dans un même mouvement… à gauche. Je sais que cela passe par le fait que nous soyons, au sein du Parti Socialiste, en capacité de nous « débarrasser » d’une génération animée par la pulsion de mort. Le pire, sans doute, est que certains de nos jeunes puissent croire que leur avenir soit dans l’expression d’un désir mimétique vis à vis d’hommes politiques dont le comportement n’a rien à voir avec la gauche et le socialisme. Pour ma part, cela me donne une sérieuse raison d’y rester.

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Une Réponse »

  1. A quoi peut bien servir le « Carrefour des Idées » ?
    Depuis le début d’Octobre, chaque Mardi soir, je suis présent au local de la Fédé., pour accueillir les militants socialistes de l’Eure, comme je l’ai proposé à notre Premier Fédéral, Michel Ranger.
    En attendant que quelques unes/uns d’entre vous viennent échanger sur un sujet qu’ils peuvent choisir d’un commun accord, j’utilise ce temps à étudier divers livres ou documents, récents ou plus anciens et j’essaye dans relever les idées forces. Cela pourra, peut-être, permettre d’alimenter un débat, un échange consensuel ou contradictoire si vous en manifester l’envi.
    Si l’une/un d’entre vous à un ouvrage, un sujet à proposer, qu’elle/il se manifeste (Jean Mollo, de Rugles, réfléchit sur les Services publics européens).
    Pour ma part j’ai un tas de propositions à vous faire :
    Il y a les livres parus ces derniers mois : L’impasse de Lionel Jospin,
    Au revoir Royal, de Marie-Noëlle Lienemann et Philippe Cohen,
    « Valeur travail » et « Identité nationale » ?, de Philippe Godard,
    Désert d’avenir ? le Parti socialiste, 1983-2007, de Guillaume Bachelay,
    En quête de Gauche, après la défaite, de Jean-Luc Mélenchon, entretien avec Michel Soudais
    Les socialistes français et le pouvoir ; L’ambition et le remords, de Alain Bergounioux et Gérard Grunberg
    Ou encore : La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? Faut-il brûler le Code du travail ?, de Gérard Filoche,
    Histoire du Parti Socialiste, de Louis Mexandeau,
    Vive l’impôt !, de Liêm Hoang-Ngoc,
    Le bel avenir de la Gauche, de Henri Weber
    Retraites, réponse au Medef, de Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche.
    Il y a les écrits de Jean Jaurès
    Il y a les Comptes-rendus des Ateliers de l’Université d’été de La Rochelle.
    Il y a les thèmes abordés dans des revues comme « Alternatives économiques »
    Il y a les parutions du Parti Socialistes,
    Etc. les sujets ne manquent pas !
    Je veux croire qu’une période d’hésitation est compréhensible, que chacune/chacun à de bonnes raisons pour ne pas consacrer une heure ou deux à un tel projet !
    Mais, j’ai aussi la conviction que l’avenir pour le Parti socialiste et toute la Gauche, tient dans la volonté des Camarades à démontrer qu’une Gauche au service de leurs concitoyennes/concitoyens, est dans l’échange et la mise en commun de leurs aspirations, de leurs idées et des orientations à proposer.
    Ce « Carrefour des Idées » peut-être un outil de plus pour aider à développer notre capacité de réflexion et faire mûrir notre conscience politique.
    Bernard Bonnechère
    21/11/2007