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Pour une nouvelle politique de l’eau !

Par      • 19 Sep, 2008 • Catégorie(s): Eure  Eure    

Daniel Leho, un acteur dune politique de leau au service de tous !

La mise en place de la loi Sapin n° 93-122 du 29 janvier 1993 relative à la prévention de la corruption, à la transparence de la vie économique et des procédures publiques a engendré, dès sa mise en œuvre, au niveau de certains syndicats, une chute des montants des contrats d’affermage de 50 à 60%. Cette loi institue notamment une procédure de délégation et la mise en concurrence des entreprises en matière de délégation de service public. L’objectif était de lutter contre le financement occulte des partis politiques.

L’urgence du passage en régie

La mise en place du SERPN, Syndicat des Eaux du Roumois et du Plateau du Neubourg, va entraîner une baisse du prix du m3 de 21.06 % pour les communes du canton de Brionne desservies par le syndicat. Le SERPN qui devrait être conduit par Daniel Leho, conseiller général, a pour vocation de sécuriser les approvisionnements et aussi de passer la gestion technique et administrative en régie directe. Le but est de réaliser des économies d’échelle.

Le contrat d’affermage qui lie le fermier – société à laquelle nous confions la gestion de l’eau – au syndicat d’eau n’est conditionné à aucune obligation de résultat en matière de fuites. De 2005 à 2007, le rendement constaté au niveau du syndicat du Buhot a chuté de 82.6 à 76.9%. Cela signifie que 23.1 % de l’eau produite part en fuites. Un paradoxe quand on sait les investissements consacrés par les syndicats aux travaux de réfection des réseaux d’eau. Dans la même période, la longueur du réseau est passée de 207 à 176 km. Dans la nouvelle configuration, les interventions sur fuites seront sous-traitées avec des obligations de résultat en terme de délai d’intervention. Lors de la dernière réunion du syndicat d’eau du Buhot, de très nombreux élus se sont pleins de l’absence de réactivité du fermier face aux signalements répétés de fuites avérées.

Une meilleure prise en compte des problèmes de santé publique ?

Dans nos campagnes, nous sommes confrontés à deux problématiques distinctes en terme de santé publique. La première concerne le plomb. Le remplacement des 50 installations concernées doit être l’urgence absolue pour le nouveau syndicat. Avec la mise en place du nouveau syndicat, les compteurs seront changés. J’ose croire que ce sera l’occasion d’entreprendre les travaux nécessaires pour que nous nous débarrassions du plomb sur le domaine public. Pour la partie privée, il y aura un diagnostic. Les travaux de réfection seront à la charge du propriétaire.

La seconde concerne les pesticides. Les analyses montrent l’absence d’Atrazine et de Déséthyl Atrazine. Cette molécule a été interdite en Europe depuis 2003. Elle est à l’origine de graves perturbations endocriniennes, de dépression de l’immunité, d’une baisse de lymphocytes (quand la molécule est combinée au nitrate de sodium), de cancers du sein et de la prostate.  Il y a au total 80 molécules recherchées dans les analyses alors qu’il y en a 2500 dénombrées. Autrement dit, nous ne trouvons que ce que nous cherchons. Le SERSAEP – qui deviendra le futur SERPN pour faire simple – a lancé une enquête de terrain auprès des agriculteurs sur les molécules qu’ils utilisent. L’objectif de cette enquête n’a pas été précisé.

De bien curieux comptes de la part du fermier

Concernant les comptes annuels fournis par la SAUR, le poste dépenses de personnel augmente de 13% entre 2006 et 2007. Quant à la contribution aux services centraux et recherche, elle a augmenté de 33.7% en 1 an.

L’explication de la Saur sur la hausse des frais de personnel serait due à l’augmentation des fuites. Etonnante explication en vérité sachant que le linéaire du réseau est passé de 207 à 176 km et que les travaux ont contribué à baisser les fuites. Sur la contribution des services centraux et recherche (tout un programme), l’explication du représentant de la SAUR fut très oiseuse et hasardeuse. Le délégué finit par nous expliquer que ce poste de dépenses était proportionnel aux frais de personnel. Nous avons bien ri dans nos moustaches. La SAUR est aujourd’hui entre les mains de la Caisse des Dépôts, d’Axa et de Séché Environnement. Les actionnaires ont des exigences que nous ne devons pas connaître.

Prochaine étape : les fonds souverains au secours des collectivités ?

Face à l’exigence financière des actionnaires, le tribut payé par les collectivités et l’Etat aux entreprises privées devient de plus en plus lourd. Nous le voyons dans les transports et dans la plupart des activités de sous-traitance qui entourent le secteur public.

L’institution de fonds souverains régionaux et étatiques, par des participations minoritaires et stratégiques dans certaines entreprises, serait un moyen efficace pour freiner les exigences des actionnaires dans les secteurs qui obéissent à des logiques de service public. Ces fonds souverains pourraient aussi jouer un rôle efficace dans l’émergence de PME innovantes, souvent sous-traitantes,  dont les coûts sont très largement au dessous des prix des sociétés qui emportent les marchés. Faisons-les passer de l’ombre à la lumière en apportant des distorsions de concurrence intelligentes.

En plein débat interne, le Parti Socialiste doit se pencher sur la problématique de la relocalisation de l’activité économique. A quand l’institution croisée d’un Small Business Act et de la préférence régionale ? L’intelligence collective suppose que nous cessions de nous réfugier devant les impossibilités qui nous sont imposées par la technocratie européenne !

Crédit photo : SERSAEP, les eaux glacées du calcul égoïste

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