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Conches a le rythme dans l’école.

Par      • 26 Jan, 2011 • Catégorie(s): Conches-en-Ouche  Conches-en-Ouche    

Ouf, ça y est, enfin on va savoir… Le Comité de Pilotage sur les rythmes scolaires, va rendre aujourd’hui son rapport au Ministre de l’Education Nationale. Un rapport que l’on imagine forcément innovant, forcément cohérent et courageux, tellement les experts ont phosphoré pendant des mois sur le sujet. Un sujet qui ne manque pas d’enjeux et pour lequel le Ministère a mobilisé de l’énergie, du temps et de l’argent… Alors oui on est impatient. L’école va-t-elle, enfin, faire sa révolution?

On peut en douter. Franchement, fortement, légitimement, on peut en douter.

A écouter les experts (ou supposés tel), à lire ce qui s’est dit ces dernières semaines sur l’organisation des rythmes scolaires, à voir l’agitation technocratique qui se cristallise autour de cette question, on a l’impression que les rythmes scolaires sont l’Everest ou le Vietnam, c’est selon, du Mammouth.

Et pourtant. Et pourtant, il existe en France des expériences innovantes d’organisation des rythmes scolaires, menées depuis de nombreuses années. Il en existe une, en particulier , à l’école primaire de Conches, qui est loin d’être un village gaulois (quoique!!), qui n’est pas si loin de Paris et qui a invité, par la voix de son Maire Alfred Recours, le Ministre Luc Châtel, a venir découvrir ce qu’une organisation des rythmes scolaires efficace, simple et dynamique pouvait donner.

Luc Châtel aurait dû s'inspirer de l'expérience organisée à ConchesSi Luc Châtel était venu à Conches, ce qu’il n’a pas estimé opportun de faire, préférant aller en Suède (sic), il aurait pu apprécier une expérience qui est menée, en partenariat entre l’Inspection d’Académie, la CAF et la Commune de Conches depuis plus de 10 ans.

Il aurait pu constater concrètement  que les cours s’arrêtent à 15 heures, du CP au CM2, et que dès lors prend le relais une offre d’activités culturelles, sportives, ludiques, et ce jusqu’à 16H30.

Il aurait pu mesurer l’engagement de la communauté éducative, la satisfactions des parents d’élèves et le bonheur voire l’épanouissement des élèves. Il aurait pu réaliser également les emplois que cela génère avec ces dizaines d’animateurs, d’éducateurs qui encadrent les enfants pendant les activités.

Sans détour, sans langue de bois, nous lui aurions dit que si les résultats des enfants de Conches ne sont pas sensiblement meilleurs que leurs camarades des autres écoles primaires, quand ils entrent au collège, il ne sont pas non plus moins bons. Nous lui aurions dit également que sans nul doute, ces enfants sont plus épanouis, plus reposés, mieux dans leurs baskets, mieux dans leur école.

A l’école primaire de Conches, on part un peu plus tard en vacances et on rentre un peu plus tôt à l’école. Tout au long de l’année, on y étudie, on y enseigne tout le programme de primaire, mais on y apprend aussi à aimer la musique, à pratiquer un sport, à se servir de ses mains, à vivre ensemble. ..

Tout cela  n’est pas un rêve inaccessible, tous ces mots ne sont pas des chimères. C’est une réalité que nous vivons depuis plus de 10 ans, que des générations d’enfants ont vécu avec bonheur. Une réalité, qui n’est peut être pas contenue dans le rapport que le Ministre lira ou pas et dont, finalement, il fera ce qu’il voudra… Chiche Monsieur Le Ministre, faites aimer l’école à nos enfants!

Crédits photos : linternaute.com, Vos questions de parents, web-libre.org

Voie Militante Voie Militante

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13 Réponses »

  1. Cher Jérôme,
    Merci pour cet article qui nous donne un témoignage de ce qui se passe dans de nombreuses écoles en France qui osent l’expérimentation pour « faire bouger les choses ».
    Je n’attendais pas grand chose, comme vous, de cette « consultation » dont, par exemple, les collectivités locales ont été largement tenues éloignées.
    Si les préconisations qui sont faites ne sont, finalement, que la reprise de ce que les pédagogues, les chrono-biologistes et les mouvements pédagogiques et éducatifs disent depuis plus de 30 ans…
    Pourtant, si on y regarde bien, ces préconisations pourraient bouleverser radicalement le système éducatif entre État et Collectivités.
    Pour qu’elles soient mises en oeuvre, des conditions sont toutefois à créer. J’essaie de les décrire dans mon billet sur Dazibao-blues : http://www.dazibao-blues.fr/2011/01/semaine-de-4-jours-suite-fin/
    Bien amicalement à Voie Militante

  2. Oui en effet, on peut être sceptiques. On peut être en colère aussi, si jamais la France loupait cette chance historique de réorganiser les rythmes scolaires. Le modèle de Conches peut être généralisé à toutes les écoles primaires, on peut l’envisager au Collège aussi et pourquoi pas au Lycée. Cette organisation là, fait l’unanimité, parents d’élèves, communauté éducative, élèves… tous les acteurs de l’école sont satisfaits.

    Et au delà de la question du rythme de l’enfant, organiser ainsi l’école, apporte une réponse directe aux problèmes d’absentéisme, de discipline… parce que l’on fait aimer l’école, parce qu’on la rend plus chaleureuse, plus attractive.

    Ce succès on le doit avant tout à Alfred Recours, Maire de Conches, mais aussi à tous les instits, tous les éducateurs qui font de ce modèle, une réussite sociale, une victoire républicaine!

  3. Jérôme Pasco est bien prétentieux.Il y a des tas d’écoles rurales dans le département de l’Eure et en France où les enfants sont bien à l’école et dans leur peau sans suivre le programme du maire Socialiste de Conches.Heureusement.

    Ce qui compte avant tout c’est la compétence de l’enseignant ,son expérience et sa maîtrise de la classe,son aptitude à toujours valoriser les enfants.

    La mutitude des ateliers,n’est pas un signe de réussite,cela a un effet déstabilisateur chez des enfants qui ont des difficultés et qui ont besoin de se poser et de prendre leur temps.

    Monsieur Pasco n’a pas accès aux tests pratiqués pour mesurer la réussite tant scolaire que sur le plan du bien-être et de la fatigue scolaire.
    Ces résultats sont bien sûr confidentiels,mais ils existent .
    C’est dommage,ils mériteraient d’être publiés avec la pédagogie qui va avec,pour toute la France.

    Il y aurait de grosses ,grosses surprises.

  4. @Noel Levert : Je ne crois pas être prétentieux, je souhaitais juste faire partager l’expérience de Conches. Il n’y a rien de prétentieux dans mes propos, d’autant plus que je suis par ailleurs, Délégué Départemental de l’Education Nationale (DDEN) et qu’à ce titre, je visite beaucoup d’écoles en milieu rural où il se passe des choses extras en termes pédagogiques. Conches est une expérimentation, un cas à part qui ne peut subir aucune comparaison.

    Je précise également que l’aménagement des rythmes scolaires de l’école primaire de Conches n’est pas une application d’un programme socialiste. Certes à Conches, nous sommes socialistes, mais cette expérience s’est faite avec le soutien du Ministère, grâce aux initiatives de l’IA et du Rectorat et en étroit partenariat avec la CAF. C’est un projet global, transversal, qui dépasse largement les clivages politiques.

    Enfin, j’indique à Noël Levert que cette expérience est parfaitement suivie, encadrée, analysée par l’inspection d’Académie, par des chronobiologistes, par des spécialistes de la pédagogie… tous ont fait des études, des rapports depuis plus de 10 ans, auxquels nous avons, bien entendu, eu accès. Tous sont unanimes sur les bienfaits de cette organisation. Je vous renvoie à ce propos aux travaux de l’Univeristé de Tours sur les rythmes scolaires, en particulier les travaux menés par le Professeur François TESTU, qui travaille sur ce sujet depuis de nombreuses années :

    http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=90

  5. Monsieur Pasco,
    Pour attester de la validité d’un programme,il faudrait que ce soient des personnels indépendants ,des concepteurs du projet,qui ne font pas partie de l’Education Nationale qui fassent les évaluations.
    Cela semble impossible,car,quand une expérience est lancée dans l’Education Nationale,elle est financée par l’Education Nationale et les collectivités,donc,il faut obligatoirement dire qu’elle est très positive.
    Il faut justifier les fonds dépensés.

  6. @Noel Levert : Les travaux et les rapports du Professeur TESTU sur l’expérimentation de Conches et sur bien d’autres expériences similaires menées partout en France, sont parfaitement indépendants. On peut également se référer aux positions des syndicats d’enseignants, des parents d’élèves… tous quelque soit leurs sensibilités politiques ont une opinion positive sur ce type d’organisation, avec des nuances, avec des particularités certes, mais globalement c’est une organisation qui séduit.

  7. Malheureusement ce ne sont ni les syndicats d’enseignants ,ni les parents d’élèves qui peuvent donner un avis fiable:il faut que ce soit fait beaucoup plus sérieusement ,par des psychologues indépendants de l’Education Nationale.Ce sont les enfants,les premiers concernés.Ce sont eux qui doivent individuellement,en dehors de toute pression,donner leur avis étayé par des tests de compétences.
    Là,on peut avoir une certaine idée du résultat.

  8. @tous : avez-vous vu les rapports de l’académie de médecine… j’imagine, bien sûr, et même les rapports de l’Inspection Générale de l’Education Nationale condamnent la semaine de 4 jours.
    J’ai « commis » quelques papiers sur mon blog à ce sujet et notamment : http://www.dazibao-blues.fr/2010/03/semaine-de-4-jours-a-lecole-la-fin/

    bien amicalement, Alain

  9. @Jérôme Pasco
    Merci de nous faire part de cette expérience. Force est de constater que le rythme scolaire est au coeur du débat actuel sur l’école, et que c’est une situation d’échec qui est montrée du doigt.Par l’éducation nationale, par les parents, par l’encadrement des élèves, et par le élèves eux-mêmes. Ils sont fatigués, ou énervés, bien avant que les vacances n’arrivent. Enfin, fait nouveau, même le gouvernement fait son mea culpa sur les rythmes scolaires.
    Le 8 décembre 2010, La Mission d’Information de l’Assemblée nationale sur les rythmes scolaires a rendu son rapport . Pour elle, la journée scolaire est « délirante », « mauvaise » et « aberrante », trop peu de jours d’école et des journées de 6 heures bien trop remplies. Voilà ce qu’elle prescrit :
    – Il faudrait réduire la durée de la journée scolaire en fixant un plafond quotidien horaire.
    – La semaine de quatre jours devrait être interdite.
    – La mission souhaite que soit respectée l’alternance de sept semaines de classe et de deux semaines de vacances prévue par le législateur, ce qui impliquerait d’allonger les vacances de la Toussaint et de réorganiser le troisième trimestre.
    – Les vacances d’été devraient être raccourcies de deux ou trois semaines.
    – Il faudrait alors passer à deux zones de vacances, car les trois zones actuelles rendent impossible l’alternance prévue entre semaines de classe et semaines de repos.

    Même la cour des comptes y était allée de sont rapport, en mai 2010 : « L’organisation du temps scolaire n’est pas prioritairement conçue en fonction des élèves, dont les rythmes d’apprentissage sont hétérogènes et variables au cours d’une année scolaire. Pour reprendre les termes d’un rapport de janvier 2010 de l’académie nationale de médecine, elle montre tout au contraire que « l’enfant n’est pas au centre de la réflexion ». http://www.saintpierre-express.fr/le-rapport-de-la-cour-des-comptes-sur-leducation-nationale-revient-sur-la-question-du-rythme-scolaire-a-l’ecole-primaire/

    Le constat est partagé : Académie Nationale de médecine, Inspection générale de l’éducation nationale, FCPE ont rendu des conclusions négative vis-à-vis du rythme scolaire et de la semaine de 4 jours :
    L’ANDM met l’accent sur le sommeil, les variations quotidiennes de l’activité intellectuelle et de la vigilance, les variations annuelles de la résistance à l’environnement, le bruit et la vie à l’école, bien trop stressante.
    L’Inspection générale de l’Education nationale insiste sur la fatigue des élèves et des enseignants, la réduction du temps de dialogue avec les parents, le temps de concertation des enseignants, et surtout sur le temps consacré aux enseignements.
    La FCPE attend toujours le lancement du véritable débat sur les rythmes.
    http://www.saintpierre-express.fr/la-semaine-des-4-jours-est-prejudiciable-a-la-sante-des-enfants/

    Heureusement,le débat s’ouvre enfin. Le rapport de l’inspection nationale, dans notre circonsription de Louviers, met le rythme scolaire au coeur du débat : http://www.saintpierre-ecole.fr/ou-lon-reparle-de-rythme-scolaire-rapport-de-linspection-nationale-circonscription-de-louviers/

    Alors, une fois posé le constat, cela fait plaisir de constater que des écoles, des mairies, et des parents n’ont pas attendu la fin des débats pour essayer de résoudre le problème, à leur échelle, avec leurs moyens. Et tant mieux si ça marche. Cela signifie qu’il y a eu des diagnostics, des débats, qu’il a fallu envisager des solutions, et choisir et mettre en place les bonnes solutions. Et le tout en travail d’équipe avec les équipes pédagogiques, les personnels municipaux et les parents.

    Toutes les expériences sont bonnes à prendre (même si les élèves ne sont pas des cobayes, hein). L’allègement des journées, et le raccourcissement des grandes vacances scolaires vont dans le sens de ce que tout le monde demande (sauf peut-être les lobbies touristiques, et de certaines communes ou agglos qui voit en cela une charge supplémentaire, avec la mise à disposition de personnels municipaux, de frais de cantine, et de transports scolaires).
    Est-ce que une évaluation plus complète est disponible, par exemple sur internet ? J’imagine que comme il s’agit d’un partenariat avec l’inspection d’Académie, la CAF et la Commune de Conches, une étude est soit en cours, soit disponible ?

    Je me permet une petite question : les heures d’enseignement où les élèves sont les plus attentifs, disponibles et vigilants sont les heures où les élèves ne digèrent pas. Comment cela se passe-t-il en début d’après midi, les cours finissant à 15 h ?

    @Noël Levert
    « Ce qui compte avant tout c’est la compétence de l’enseignant ,son expérience et sa maîtrise de la classe,son aptitude à toujours valoriser les enfants. »
    Bien entendu, mais lorsque des enseignants compétents et expérimentés avouent leurs difficultés face à des enfants fatigués et stressés depuis le changement de rythme, ne doit-on pas diagnostiquer un problème sur les rythmes, plutôt que de vouloir affecter à l’enseignant seul la responsabilité d’une faillite ?
    « Pour attester de la validité d’un programme,il faudrait que ce soient des personnels indépendants ,des concepteurs du projet,qui ne font pas partie de l’Education Nationale qui fassent les évaluations. »
    Il me paraît toutefois difficile de ne pas mettre à contribution l’éducation nationale elle-même, qui est au coeur de la mission, et dont les premiers concernés, et capables d’effectuer des retour significatifs, sont les enseignants eux-mêmes.
    « Malheureusement ce ne sont ni les syndicats d’enseignants ,ni les parents d’élèves qui peuvent donner un avis fiable »
    Désolé de vous contredire, mais les syndicats, forts de l’expérience des enseignants, ont des idées, des débats et des avis sur la question. Et aussi des solutions à apporter.
    Quant aux parents d’élèves, ils sont les premiers à évaluer l’état de santé et de fatigue de leurs enfants. Et de leur capacité et leur plaisir d’apprendre.
    On peut faire des études sans les enseignants, sans l’éducation nationale, sans les parents d’élèves, et pourquoi pas sans les enfants. Mais soyons sérieux, c’est un sujet important, qui concerne tout le monde, et qui engage l’avenir du pays et de ses habitants. Traitons le sérieusement, et engageons la responsabilité de tous.

  10. D’après ce que dit Nono,l’enfant n’a pas à être écouté en dehors du système:

    Education Nationale,Fédérations de Parents d’élèves,Syndicats…

    Tout le système décide pour lui en pensant que c’est bien pour lui et se congratule sur son dos.Il y a un peu d’abus!!!!

    Le pauvre gamin devra donc toujours subir l’école et ne jamais ête reconnu en tant qu’individu .
    Sa parole ne compte pas.
    Seuls des intérêts catégoriels sont pris en compte!!!

    L’enfant n’aura jamais le droit de dire son avis sur une expérience à des gens indépendants de cette expérience.

    C’est quand même scandaleux que le corporatisme l’emporte sur l’objectivité afin d’améliorer la vie de l’enfant à lécole.

    On se croirait encore dans les pays de l’Est.
    Aucun recul,le système est bon pour l’invidividu.
    Il est évident que ,sans analyse objective ,on va droit dans le mur ou à la révolte….

  11. @Noël Levert
    1 – je suis le papa de mes enfants, je les défend, je ne suis pas enseignant, pas corporatiste, mais oui, je défend l’école mise à mal aujourd’hui. Pour le bien de mes enfants. et des autres.
    2 – Le sytème ne se congratule pas, il se flagelle, voire se mutile.
    3 – L’enfant est un individu, qui plus est encore fragile. Notre rôle, en tant que parents, et l’éducation nationale dont la mission est de les doter des savoirs nécessaires, et de leur apprendre à se déterminer comme personne et citoyen(ne), c’est de les accompagner dans une démarche gagnant-gagnant. Pour eux-êmes d’abord, et pour la collectivité ensuite. Car des jeunes adultes bien formé vaudront toujours mieux que de jeunes rebelles ou des inadaptés. L’école pour tous !
    4 – Nous écoutons nos enfants, j’écoute mes enfants, mais j’ai aussi le rôle de guide. L’enfant donne son avis, je donne le mien, l’EN donne le sien, et nous essayons de trouver une slution efficace et équitable.
    5 – pour ce qui est de l’objectivité, de la référence au bloc de l’est, ou du mur, c’est complètement imbécile. le mur est tombé en 89. Ouf. Mais apparemment, il y a des poches :D
    Bonsoir monsieur.

  12. Denis, je sui désolé pour les fotes d’ortografe.
    A ma décharge, j’ai changé de clavier, et un peu de mal à m’y faire encore ;)

  13. @nono

    Des fautes, nous en faisons tous et moi, le premier ! ;+) Ça n’a pas beaucoup d’importance, sache-le.

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