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Bébés sans déchets : n’en jetez plus !

Par      • 23 Nov, 2010 • Catégorie(s): Bernay  Bernay    

A l’heure de « mettre sous presse », je ressens une certaine pression au regard imaginé des commentateurs déchaînés sur le problème des jouets chinois, ou encore de la lucidité face aux limites ou nouvelles formes du militantisme et de l’action politique.

Quelle polémique autour des couches non jetables ?

A moins de prôner, suivez mon regard, la dénatalité, il faut bien regarder certains chiffres en face : le film « Bébés » était à cet égard très éloquent : à observer la Namibie, la Mongolie , le Japon et la Californie, la comparaison s’imposait entre le dénuement et l’opulence.

Les réactions de dégoût devant la scène où la maman namibienne essuie son bébé avec son genou puis s’essuie elle même avec une rafle de maïs montre à quel point certaines réalités n’en sont plus. Question de climats certes, donc de nudité, question d’eau, mais aussi question de la place des objets, sinon des gadgets, dans notre vie quotidienne.

Vient ensuite le problème soulevé par l’opposition que certaines voudraient faire entre féminisme et écologie : le spectre de l’esclavage féminin est brandi, souvent mal à propos, mais la question peut effectivement se poser quand les femmes sont seules à assumer les contraintes de la petite enfance, ce qui n’a rien à voir avec la monoparentalité.

Réduire la quantité de déchets est un objectif affiché de la campagne européenne. Au bout de la chaîne de fabrication, que deviennent tous ces objets ? Les complaintes entendues sur les ondes, de nos vieux téléviseurs et sèche-cheveux qui ne veulent pas mourir sans être encore utiles, peuvent faire sourire ou même grincer des dents, mais on ne peut continuer de faire les autruches.

C’est bien de fabrication qu’il s’agit. Quand Lamartine dans son poème Milly où la terre natale s’adressait aux objets inanimés pour leur demander s’ils avaient une âme, il nous parlait d’un temps pré-industriel. La production d’objets utilitaires en masse a conduit, tous en conviennent à un engorgement des poubelles.

Les quarante dernières années ont vu un amoindrissement quantitatif des savoirs-faire dans le domaine de la vie quotidienne : cuisiner, coudre, repriser, réparer etc… sont devenus des domaines où non seulement les compétences ont disparu chez le citoyen lambda, mais ces compétences sont dévalorisées. Rapiécer, cela s’appelle faire du green washing ! On jette, on achète  pour revendre presque aussitôt, le règne de l’éphémère laisse son empreinte sur tous, au nom de la sacro sainte consommation.

Fi des petites brassières cousues main qu’on se transmettait de génération en génération pour accueillir le nouveau né. Il faudrait avoir honte d’offrir un objet fait main ou maison, à moindre coût, mais où chaque minute de création est une pensée vers celui à qui le cadeau est destiné, où bien se résigner à être affublé du qualificatif d’artiste (+) ou de fashion victim (-), sinon de pauvre ou de ringuard, d’illuminé ou de visionnaire, c’est selon.

Ces couches si jolies et réutilisables, utilisées avec des quantités minimales d’eau et des lavants non toxiques peuvent faire sourire ou rêver, c’est selon.

La France n’est décidément pas très en avance dans le domaine de l’écologie collective créatrice d’emploi et de lien social, notre département non plus. Ce domaine très spécifique en est l’exemple.

Mardi soir à la MJC de Bernay nous verrons quelles alternatives existent.

Bruxelles, Lille, le Mans, Saint Chamond, Vierzon etc… : quelques villes où cela avance un peu et qui peuvent donner des idées.

Plus d’infos pratiques sur le site de l’Agrion Risle Charentonne et Parentalement Vôtre.

Crédit photos : Kydibio ; Picpodium.

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4 Réponses »

  1. Bel article ! Merci.
    Changer les habitudes de consommation dès le plus jeune âge paraît effectivement nécessaire.
    Depuis quelques années j’offre des vêtements bio, des jouets éco-conçus ou des produits de soin écolos à mes amis et à leurs enfants, avec je l’avoue un beau succès ! Même auprès des personnes qui ne sont pas pro-bio. Les gens sont parfois plus ouverts d’esprits qu’on ne peut le croire et les enfants sont vierges d’a priori…

  2. @Marie-Noelle

    Le premier pollueur c’est Bébé avec ses couches jetables et à usage unique ….

    Actuellement c’est la seule solution abordable proposée sur le maché pour
    les CSP — …

    Ce qui me déconcerte, c’est simplement l’inversion des produits, en effet et
    au départ c’était les couches jetables qui étaient le luxe suprème et les langes
    lavables étaient la règle pour le commun des mortels ….

    Puisque c’est la semaine « éco-prout » et tentatives de repeindre le monde
    en tout vert pour voir la vie en rose, voici quelques liens concernant
    les vidéos ayant trait :

    les emballages :

    http://www.dailymotion.com/video/xeav6a_les-emballages-toxiques-1-2_news
    http://www.dailymotion.com/video/xeav6a_les-emballages-toxiques-2-2_webcam

    les matières plastiques :
    http://www.dailymotion.com/video/xbvd21_documentaire-scandale-la-maledictio_news

    les vêtements :
    http://www.dailymotion.com/video/xch5do_des-dechets-radioactifs-dans-nos-ve_news

    Est il possible de retrouver simplement un peut de bon sens pour que
    nous n’ayons point à payer trop lourdement l’addition ?

    Autre sujet, l’aménagement de la chambre pour recevoir bébé à la maison …
    les produits tout neufs, sont beau mais ils contiennent beaucoup de COV & co, serait il
    possible d’évaluer l’impact environnemental ?

  3. j’ai ommis de présenter la suite de liens sur les habits :

    http://www.dailymotion.com/video/xe7qz0_du-poison-dans-nos-vetements-1-3_news
    http://www.dailymotion.com/video/xe7r64_du-poison-dans-nos-vetements-23_news
    http://www.dailymotion.com/video/xe7reo_du-poison-dans-nos-vetements-3-3_news

  4. @ Bernard
    merci pour tous ces liens;
    Du bon sens en effet, et pas des effets d’annonce!

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