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Justice : que D.A.L. !

Par      • 25 Nov, 2008 • Catégorie(s): Soutien  Soutien    

Une association pour le droit au logement condamnée pour avoir planté des tentes rue de la Bourse !

Alors que le grand froid de l’hiver arrive, alors que de nombreux sans domicile perdent la vie, un magistrat, représentant de la loi, condamne l’association D.A.L. (association pour le droit au logement) à 12.000 euros d’amende… sur la base d’un article de loi relatif au Code de la route.

« On dénonce cette décision« , s’est insurgé le président de D.A.L., Jean-Baptiste Eyraud, en annonçant l’intention d’interjeter appel. « La magistrate, en condamnant le DAL en vertu d’un article du Code de la route, ouvre le champ à des amendes pour tous les mal-logés. La tente d’un SDF dans la rue peut lui valoir une amende de 750 euros ! » a-t-il ajouté.

Pour l’association qui lutte auprès des mal-logés depuis une vingtaine d’années, « C‘est un détournement de l’objet de la loi qui visait à sanctionner la présence de rebuts ou de détritus sur le trottoir« . « Les sans-abri sont aujourd’hui assimilés aux rebuts« , s’est désolé Jean-Baptiste Eyraud devant cette décision qui « casse l’action sociale« .

A l’audience, le 3 novembre dernier, le parquet avait réclamé 100 euros d’amende par tente sur le trottoir de cette rue proche de la Bourse, soit 32.000 euros d’amende.
Une somme visant « à couler financièrement l’association » qui soutient les mal-logés, selon le D.A.L.
Du 3 octobre au 15 décembre 2007, 374 familles sans logis ou mal-logées dans des hôtels, des centres ou des taudis avaient campé rue de la Banque devant le « ministère de la crise du logement » pour réclamer leur relogement.

« Après une très longue période de répression et d’acharnement policier et plusieurs évacuations par les forces de l’ordre, la détermination de ces familles et le très large soutien de personnalités du monde artistique et d’organisations dont elles ont bénéficié ont permis l’ouverture de négociations avec l’Etat« .
« L’incroyable décision du tribunal de police contre le D.A.L. ressemble furieusement à condamner les mal-logés à souffrir ou mourir en silence« , estime le collectif Jeudi Noir pour le logement. « Au lieu de compter les tentes, la ministre du Logement, Christine Boutin, ferait mieux d’envoyer les policiers compter les bâtiments vides« , suggère-t-il dans un communiqué.

Des poursuites similaires ont été engagées contre le président des Enfants de Don Quichotte, Jean-Baptiste Legrand, pour une tentative d’installation de tentes sur les quais près de Notre-Dame en décembre dernier.

Nous vivons donc dans un pays qui condamne les faibles qui vivent dans la rue, ceux qui l’hiver risquent chaque nuit de mourir.
Encore une juriste qui n’a réfléchi que du point de vue de la loi sans ouvrir ses neurones à une réflexion plus complexe mais plus humaine.

Il va bien falloir un jour user de méthodes plus radicales pour s’approprier les logements vides servant à faire flamber le foncier !

Le respect de la vie humaine et du droit de vivre dignement doit primer sur la loi. Il n’y a plus de droit là où il y a urgence sociale, là où il y a personne en danger.

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Une Réponse »

  1. J’adhère tout à fait à l’idée d’user de méthodes plus radicales pour s’approprier des logements vides. Il est anormal que dans pays, où un certains nombres de personnes aient à elles seuls des fortunes qui pourraient largement couvrire la construction de milliers de logement et la réhabilitation de milliers d’autres logements insalubres, il faille manifester et montrer la misère en plantant des tentes dans la rue. Cette question est partie intégrante d’un débat plus large sur les droits des individus que nous n’avons plus au sein du P.S.
    Le logement, comme le salaire, la retraite ou la santé est toujours lié à la question du travail. Je trouve que ce débat date un peu, et même beaucoup. La gauche, et notamment le P.S vit toujours sur un schéma du 19ème siècle avec le patron, l’ouvrier et les syndicats…. et le respect de la sacro-sainte propriété privée !
    J’aimer ais un jour qu’un vrai débat de fond s’instaure chez nous sur la question de savoir si le travail est un droit, une obligation ou un choix; à quel(s) moment(s) de la vie il est mieux de faire des études, de prendre du temps pour vivre ou de travailler; si c’est au travailleur d’être choisi par un patron ou l’inverse;
    J’aimerais un jour qu’au P.S, soient posée une question, essentielle à mes yeux, permettant un vrai débat et une prise de position de chaque militant par un vote:
    – Est-ce qu’en France, un individu a, Oui ou Non, le droit d’avoir un toit au dessus de sa tête, avec eau courante et chauffage, qu’il ait ou non de quoi payer un loyer ?
    Vous verrez, cette question, un fois posée, la question de savoir si oui ou non le P.S doit s’allier avec le MoDem, aura certainement une valeur relative !

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