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Rénovation du PS – IIIème (et dernière) Partie : Les enjeux.

Par      • 9 Oct, 2007 • Catégorie(s): Divers  Divers    

Question épineuse ? Par exemple, celle, fameuse, des alliances. MODEM, PC ? Un peu plus à droite, un peu plus à gauche ? C’est bel et bien la question de l’identité du PS qui est en jeu. Une question qui sera tranchée par le prochain congrès mais à laquelle nous pouvons d’ores et déjà donner des orientations.

En rappelant notamment que le PS a des partenaires historiques, que sont le PC, les verts, le MRC et le PRG. Nous sommes là au cœur de ce que l’on a appelé « la gauche plurielle », nous sommes là au sein du vivier naturel de nos alliances passées et à venir. Les liens que nous avons pu tisser avec chacune des composantes de cette grande famille de la gauche, s’ils se sont distendus à partir de 2002, ne se sont jamais rompus.

Il serait illusoire de croire que, parce que le PC est en perte de vitesse électorale depuis la présidentielle de 2002, il n’est plus un interlocuteur crédible. D’autant plus, que ce qui est vrai au niveau national, ne l’est pas forcément au niveau local. Rappelons ici que bon nombre des collectivités locales dirigées par le PS, le sont grâce à l’appui des élus du PC. Ne nous coupons pas de ces partenaires, au contraire, ouvrons un dialogue permanent avec eux, discutons franchement, sans tabou, pour in fine, faire émerger des accords solides et réalistes.

Quant à la question du Modem, elle ne peut recevoir aujourd’hui (ni demain d’ailleurs) de solution générale, absolue et toute faite. Ce n’est surtout pas en imposant, soit une interdiction soit, au contraire, une obligation d’alliance avec le MODEM, que nous ferons preuve d’intelligence. Mais au-delà de cette seule étiquette, ne soyons pas choqués, à priori, d’un dialogue avec ceux qui ne sont pas forcément issus de notre famille et qui veulent travailler avec nous. Dans le même temps, ne soyons pas non plus obnubilés par cette stratégie d’alliance avec le « Centre ». Chaque commune, chaque canton, doit analyser cette stratégie à l’aune des enjeux locaux. Tout est une question de valeurs communes, de vouloir travailler ensemble, d’intérêt collectif.

Ensuite, profitons des échéances à venir pour parler du projet, des projets. Une des raisons de l’échec de la gauche en 2007, c’est la faiblesse de son projet. Faiblesse liée essentiellement à sa dimension de patchwork hétérogène, sans fil conducteur, entrainant un cruel déficit de lisibilité. Faiblesse aussi dans le marketing, dans le service après vente du projet… le VRP en chef lui-même n’y croyait pas, c’est dire !! Faiblesse enfin dans l’ambition. Pris au piège de la synthèse du dernier congrès, le pacte présidentiel, n’était que le plus petit dénominateur commun du PS, une sorte d’offre politique à minima invendable.

Finissons-en avec la politique du petit-bras. Faisons du local, nos laboratoires expérimentaux, desquels ont émergé, par exemple, le service public de cautionnement des loyers pour les plus démunis, le Revenu de Solidarité Active (bien avant qu’il ne soit récupéré par Sarkozy), le transport à la demande en milieu rural… Au PS, nous avons des idées, mais pas de pétrole.

Enfin, pour définitivement engager la rénovation dans l’action, faisons émerger des talents, ouvrons les portes de notre parti, donnons de la respiration à nos méthodes. Pour les prochaines municipales et cantonales, suscitons des vocations, osons, dans le respect de nos valeurs, de notre identité. Sortons nos élus de leur tour d’ivoire, allons à la rencontre des citoyens, comblons le déficit démocratique que nous avons-nous même entretenu depuis des années… Bref, point de révolution, juste une envie de bien faire, de mieux faire.

Faire. A la lettre F de l’abécédaire socialiste, un mot trop rare ces derniers temps. Faire du parti socialiste, un parti qui s’assume, à gauche. Faire des prochains mois un moment d’échange et de construction. Faire des ces campagnes qui s’annoncent des vecteurs de notre opposition farouche à la politique Sarkozy-Fillon, mais aussi de notre capacité à écouter, à innover. La rénovation suivra… naturellement.

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2 Réponses »

  1. Je ne vois pas comment nous pourrions trancher la question de nos alliances sans avoir de doctrine. Nous sommes en grand écart permanent entre une gauche néo-marxiste et une gauche social-libéral. La pétole dans laquelle nous nous trouvons vient du fait que personne n’a voulu trancher depuis 2002. La synthèse…

    Les laboratoires « locaux » que tu appelles de tes voeux ne peuvent pas se faire aujourd’hui sans la population. L’un des écueils des gestions locales de gauche est que, paradoxalement, elle néglige les associations qu’elle souhaite fonctionnariser… par pur tropisme. Je caricature volontiers le trait afin que mon propos soit compréhensible. Le citoyen ne comprend le sens de l’engagement politique que dans le cadre d’un parcours professionnel. Je pense à la nature de nos adhérents y compris dans nos rangs. C’est cela qu’il convient profondément de découpler. Tout ce que nous faisons ne s’inscrit dans un rapport « marchand ». Nous sommes à l’image du monde. Et ce n’est pas en le reproduisant dans nos structures que nous pourrons le changer. Dans l’idée de démocratie participative – je ne parle pas des jurys citoyens, il y a cette idée de la réactivation du lien entre la citoyen et la politique. Facile à dire. Pas facile à faire quand on voit le niveau d’engagement des uns et des autres !

  2. 1er probléme mageur dans notre parti,comme tous adhérents et sympatisants le reconnait, c’est d’abord un manque de coherence dans les faits et discours de notre élite et l’absence de but politique à atteindre.
    2e probléme mageur également, le manque flagrant d’un projet clair, qui parle clairement à la nation, d’une seule voix, la voix de celui ou celle qui nous représentera, qui représentera le Parti aux prochaines présidentielles.
    Lors que nous aurons atteint cet ideal, alors seulement à ce moment, nous engrangerons des voix venues de notre gauche et également du centre sans avoir eu besoin de faire des accords de non sens et surtout des concessions qui ne nous ressemblent pas.