La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Vivre autrement !

Par      • 21 Fév, 2010 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Nous sommes trop centrés sur nous-mêmes, sur nos petits problèmes dont nous faisons des montagnes, sur nos vies sans but précis. La tête dans le guidon certains ne savent plus apprécier des petits moments de bonheur simple, se mettent la pression tout seuls, se submergent de travail pour fuir leur vie ou encore se cachent derrière de la fausse générosité et en fait n’agissent que pour eux-mêmes. La « mode » de l’écologie répond pour certains au vide de leur vie ou alors à leur désir de se donner bonne conscience.

Anticiper la fin de l’abondance.

Le monde dans lequel nous vivons est épuisant ! Il épuise tout, nous, nos proches, les ressources de la planète. Le monde aura une fin, pas maintenant d’accord, mais celui dans lequel nous vivons peut-être plus tôt qu’on ne pourrait le croire. Nous avons tous nos limites, la planète aussi. Tout le monde sait que les ressources ne sont pas inépuisables, mais tout le monde fait comme si ce problème n’était pas notre problème mais celui des prochaines générations. Et voilà comment les politiques et les industriels se repassent la patate chaude depuis des décennies. Or, le seul moyen de ne pas se retrouver un jour au pied du mur c’est d’anticiper la fin des ressources et plus urgent encore, d’anticiper la fin de l’abondance. Si ceux qui nous gouvernent et nous dirigent ne veulent pas le faire, c’est à nous de le faire, en changeant nos habitudes !

Changer radicalement le mode de développement.

Je ne suis pas la seule à penser comme ça, Michelle DOBRE, sociologue, Maitre de conférences à l’Université de Caen et membre de l’équipe DYRESO du Centre Maurice Halbwachs, travaille depuis des années sur l’environnement, les risques, la vulnérabilité, la consommation, la vie quotidienne, les addictions, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et les usages sociaux de la forêt ! Eh oui, tout est lié ! Il faut repenser la façon de produire, la façon de vendre, la façon d’acheter, la façon de consommer, la façon de vivre ! Au lieu de rester enfermés dans ce système de filière inversée, c’est aux consommateurs que nous sommes de reprendre les rênes et de faire en sorte que les producteurs répondent à nos besoins ECOLOGIQUES !

Echanger de l’argent contre du temps.

Mourir en étant le plus riche du cimetière me paraît absurde. Courir comme un con, ne plus prendre le temps de faire une sieste ou tout simplement de s’ennuyer, ne plus prendre le temps d’apprécier une étreinte avec l’être aimé, tout ça pour bosser ou pour amasser de l’argent me dépasse ! Oui il faut travailler, oui il faut être utile, oui il faut gagner sa vie, mais il faut aussi la vivre sa vie !!! L’argent ne peut pas tout acheter, il a ses limites lui aussi. Même si c’est lui qui mène le monde, il ne faut pas le laisser faire, se laisser faire. Le temps, oui le temps, c’est lui le vrai maître et c’est lui qui est si rare, si précieux, qui nous manque si cruellement !!! Il faut apprendre à vivre autrement, c’est plus qu’urgent, on ne se rend même plus compte que l’on se contente juste de survivre !

Je ne suis pas très douée pour parler de tout ça, moi aussi j’ai mes limites ;+) alors je vous conseille notamment L’écologie au quotidien. Eléments pour une théorie sociologique de la résistance ordinaire de Michelle DOBRE aux éditions L’Harmattan.

Crédit photos : spaceblog.fr

Voie Militante Voie Militante

Tags : , , , , ,

10 Réponses »

  1. bonjour
    je suis tout à fait en accord avec toi d’ailleurs mon slogan est le suivant
    « PROFITONS DE L’INSTANT PRESENT »
    à méditer
    jacky

  2. Merci Jacky ! J’espère que vous allez bien.

  3. Échanger de l’argent contre du temps… C’est tout l’enjeu des monnaies locale, mais plus simplement des échanges de bons procédés, les services rendus entre voisins. C’est bien la question du périmètre du marché qui se pose à nous. Jusqu’où doit-il envahir nos vies ?

    Prendre en main sa vie… quand on est salarié, pas simple ! Mais à chacun ses contradictions ! Je pense que c’est sous l’angle de la production qu’il faut aujourd’hui repenser les choses. Le « consommer mieux » ne remet pas en cause radicalement les structures dans lesquelles nous évoluons.

  4. Même quand on est salarié, il faut au moins essayer, tous les patrons ne sont pas obtus.
    Il y a bien des indépendants qui ne savent pas vivre ! Effectivement, à chacun ses contradictions. Il suffit juste de les assumer…

  5. @Virginie

    Le travail est une invention moderne. D’un côté, il y aurait le loisir. De l’autre, il y aurait le travail. Chez les indépendants, les travailleurs non salariés, les agriculteurs, les professions libérales, les temps se mélangent dans la journée, mais aussi sur l’ensemble de l’année.

    Si la liberté, c’est d’avoir du temps de loisirs, avouons que nous n’avons pas avancé beaucoup sur la question du travail. C’est sans doute l’écueil des 35 heures. Le contrat de salaire reste un contrat de subordination… un contrat de la servitude volontaire. La force des syndicats après 1950 a contribué à nous bercer d’illusion quant à la nature du contrat de salaire et du salariat ! Certains ont peut-être même cru qu’il pouvait émanciper. Heureux les simples d’esprits ! Et puis, il y a des patrons de gauche comme Bernard Tapie. ;+) N’allons pas chercher bien loin dans l’origine des maux de notre société quand le profit à court terme contribue à intensifier le travail, à le déshumaniser au point où l’homme n’est plus qu’un simple facteur de production comme au XIXe. Nous sommes revenus à la case départ. Et ce n’est pas en mangeant bio, en se soignant par l’homéopathie, en buvant du Rooibos (je viens de finir ma tasse) que nous pourrons guérir les salariés de France Télécom. ;+)

    Oui, il faut vivre autrement.

  6. @ Denis,

    Manger bio, se soigner par homéopathie, boire du rooibos, fait partie d’une démarche globale en vue d’améliorer sa qualité de vie et de mieux protéger l’environnement, donc d’aider aussi les autres à mieux vivre. Tout le monde n’est pas Gandhi ou Mandela, chacun agit à sa mesure. Bien-sûr c’est plus facile de ne rien essayer, de ne rien faire. Essayer de vivre autrement demande un certain courage, que tout le monde n’a pas !

  7. Je cherchais d’autres personnes sur le net qui étaient sur la même longueur d’onde, même l’espace d’un instant, on se sent moins seul. Mais cette attitude de « vivre autrement », en remettant notamment en question notre rapport au travail et au temps posent de nombreux problèmes, et il est intéressant que chacun puisse apporter sa contribution même très modeste. Alors voilà. Je me dis, je vais vivre autrement. Je ne vais plus rien acheter dans les magasin, tout dans les brocantes, je vais cultiver mes légumes dans une parcelle de jardin collectif et je balance la télé. J’achète le stricte nécessaire et je me lance. Mais tout cela suppose une certaine sécurité au moins affective et sociale. Je me suis rendu compte récemment. J’étais seul quelques jours à Paris et je me demandais depuis longtemps pourquoi tous ces types avaient des super scooters x-max, des fringues dernier cri et le besoin d’en jeter comme ça à perte. Et j’étais là tout seul à siroter mon café quand cela m’est revenu d’un coup en pleine tronche. Comment tu vivais quand t’étais seul à Paris sans femme ni famille et peu d’amis. Et bien j’ai dù me recréer un réseau et pour cela, il faut de l’argent, il faut une voiture ou un beau scooter, il faut un bon boulot, il faut tout un tas de trucs que les autres vont reconnaître comme des signes d’intégration à la société. Pour être encore plus cru, quelle nana va te regarder si t’arrives en tongs et lui proposes de la ramener sur ton porte-bagages. Peu, très peu. Et sans lien social, on est rien. Sans l’autre qu’est-ce qu’on ferait. » Into the wild ». Mac Andeless n’est pas revenu dans le monde « civilisé ». Y avait-il encore une place pour lui. Donc, maintenant je mets un bémol dans mes envolées lyriques sur une vie loin de tout nos modèles actuels. C’est impossible de l’imposer et presque un luxe rien que de pouvoir y penser. Les gens seuls ne pensent qu’à une chose, s’intégrer à tout pris à la vie sociale, la vie autrement et l’écologie est le dernier de leur souci. Ils se taperaient « Titanic  » en boucle le dimanche dans une salle de cinéma sur les Champs-Elysées pour sentir un peu de chaleur humaine, même illusoire. Voilà ma contribution. Mais je suis quand même content d’avoir ces idées? C’est justes que je les relativise à une situation matérielle, affective et sociale.

  8. @ leclère,

    Sans tomber dans l’excès, on peut faire de petits gestes…
    Merci de votre passage.

  9. svp, pourriez vous faire un peut attention :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Into_the_Wild

    la première chose écolo à faire, trouver des pots de peinture (classe ragngna) plus propres et
    ne plus prendre de biocides à la première vue d’une petit bête ….

  10. @ leclère
    Etes-vous si sûr que le fait d’arborer les quolifichets que vous évoquez soit le signe d’une réelle intégration sociale ?
    On pourrait renverser la proposition et les voir comme les stigmates d’une sur-représentation de soi-même, en poussant à l’extrème, un marqueur identitaire affichant l’individu à un « rang » immédiatement identifiable, se passant par là, au moins en apparence, de toute friction sociale. Un code, si vous préferez …

    Quoi qu’il en soit, votre intervention sent le vécu…:-)

Laisser une Réponse

*