La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Une certaine idée de la gauche !

Par      • 9 Juil, 2009 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Le commentaire de Marc-Antoine Jamet au billet d’annonce de départ de Jérôme Pasco qui, sans le dire et tout en le disant, évoque le poujadisme des blogs m’amène à évoquer la tonalité que nous y empruntons parfois.

Pierre Poujade, décédé en 2003, a été un militant de l’extrême-droite jusqu’en 1943, puis est devenu résistant. Nul n’est parfait. Épaulé au départ par les communistes, il est à l’origine d’un mouvement anti-parlementaire de soutien aux petits commerçants qui enverra Jean-Marie Le Pen à l’Assemblée Nationale Française en 1956. Puis, plus tard, il appellera à voter François Mitterrand, Jacques Chirac et Jean-Pierre Chevènement. Il est très difficile, dans ce contexte, de nous identifier de près ou de loin à un tel homme qui n’avait comme idéologie que celle d’une certaine idée de la France qui n’est pas la nôtre. Qu’il repose en paix !

Voie Militante est une œuvre singulière. Tourné sur le local et sur le national, proposant et dénonçant, il est avant tout un outil militant, une tribune pour promouvoir une certaine idée de la gauche.

Pouvons-nous nous taire ?

La gauche contaminée par des valeurs de droite ?

La gauche contaminée par des valeurs de droite ?

Le silence serait la pire des choses alors que les gens de la gauche qui sont à la tête des collectivités locales de l’Eure et d’ailleurs ne sont même pas conscients que ce sont leurs comportements antinomiques aux valeurs de la gauche (népotisme, politique comme outil de promotion sociale, vassalisation et féodalisation politique, phénomène de cour, goût excessif pour la hiérarchie et la domination…) qui sont à l’origine des défaites répétées de la gauche dans notre pays. Nos victoires locales sont notre tombeau national. L’élection à la Pyrrhus de Michel Champredon à Évreux, celle de Daniel Duquenne à Hénin-Beaumont sont bien plus des défaites que de victoires. Les consignes données aux cantonales en 2008 dans l’Eure de ne pas afficher nos couleurs – celles de la gauche politique – auront sans doute permis à Jean-Louis Destans de rempiler en tant que Président du Conseil général pour trois ans. Et après ? Mais il n’aura jamais réussi à franchir le pas de l’Assemblée Nationale et du Sénat face à la droite ! Nos victoires sonnent bien creux. Plus nous gagnons, plus nous perdons.

Faisons-nous le terreau de la droite ?

A taper sur nos « camarades », nous favoriserions la droite. Première observation : la droite n’a besoin de personne. Les seules fois où elle a perdu dans ce pays, elle le doit surtout à elle-même. En France, elle a toujours été majoritaire. La gauche est toujours arrivée au pouvoir du fait de circonstances exceptionnelles. Deuxième observation. Les seuls à favoriser la droite dans ce pays, ce sont tous ceux qui, par leurs comportements, sont devenus extrêmement poreux à l’idéologie dominante et l’ordre établi. Conservateurs dans l’âme, ils sont avant tout une usine à produire du consensus mou. Lors des cantonales de 2008, comment, en effet, expliquer la présence de socialistes et d’une personnalité éminente de la droite locale dans un meeting d’un candidat communiste à Brionne ? Et cet appel à voter Chirac en 2002 alors que la connaissance de l’arithmétique élémentaire aurait évité de nous confondre avec un homme politique qui amena certains à aller voter avec des gants ! Quant au discours fait de phrases toutes faites et d’une rhétorique guerrière parfaitement hors sujet (écoutons Bertrand Delanoë), il tranche avec l’absence singulière d’idées nouvelles. Du coup, on en vient à invoquer les amulettes et autres fantômes du passé qui, à l’image de Mitterrand, se sont évertués à tuer tout ce qui pouvait bouger ! C’est ça le modèle de la gauche ? Moi, j’appelle ça un contre-modèle que nous devons combattre de toutes nos forces. Gagner avec de telles personnes, ce serait perdre définitivement le sens de nos valeurs. Les seuls qui l’ont compris, ce sont nos électeurs !

Crédit photos : Life in Legacy, Plume de Presse

Voie Militante Voie Militante

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3 Réponses »

  1. Pouvons-nous nous taire? Bien sûr que non, je l’ai dit et je le répète, mon départ de voie militante ne remet pas en cause ma liberté d’expression… au contraire. Nous nous exprimons sans cesse, dans nos fonctions d’élus, dans nos fonctions de militants, dans les instances auxquelles nous participons… Voie Militante est un vecteur de plus. Mais c’est aussi et surtout un vecteur qui reste désincarné, qui n’a pas la réactivité, la chaleur, la dynamique, d’un échange direct.

    Faisons nous le terreau de la droite? Sans doute un peu oui. A rendre public nos divisions, à étaler (dans les BLOGS, mais aussi dans la presse) nos différences, nos rancoeurs, si cela ne fait pas le jeu de la droite, cela déstabilise notre famille politique, cela la fragilise. Jamais je m’interdirais de dire les choses quand elles ne vont pas, seulement je les dirais directement aux acteurs, je les exprimerais dans les instances, les lieux, les espaces faits pour cela, dans le respect des instances de mon parti.

    En fait, je crois que la puissance de Voie Militante m’a dépassée. Ecrire dans un média aussi lu, aussi scruté implique une responsabilité lourde….

  2. @Jérôme

    En tout cas, tu l’as vu… tes réflexions pertinentes ne me laissent pas indifférent ! ;+)

    Assez d’accord sur l’aspect désincarné qui exige de la pratique et du recul ! Pour le reste…

  3. @Denis

    Bah pour le reste, personne n’est obligé de partager ce point de vue, personne n’est obligé de tirer une quelconque conclusion d’une décision personnelle. Suite à ma décision, tu parles de prise de conscience, mais je n’ai rien demandé!! ;-)

    Voie Militante est un outil formidable et même si à travers ce que j’ai expliqué, tu souhaites donner une nouvelle orientation, THE SHOW MUST GO ON!!!