La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

René Girard

Par      • 21 Oct, 2007 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Anthropologue de la violence et du religieux, René Girard était l’invité d’Ali Badou sur France Culture. L’occasion de découvrir un penseur exceptionnel qui a su donner une autre explication que Freud dans l’attirance de l’enfant pour sa mère : le désir mimétique ! Notre désir naît toujours de celui de l’autre. Autrement dit, nous serions tous à vouloir le désir de l’autre et à appréhender le réel au travers de la représentation de l’autre. Je crois qu’Henri Michaux l’avait très largement subodoré, lui cet idéaliste de l’autonomie. Dans cette acceptation, on peut comprendre la fascination que peut exercer l’image d’un Sarkozy au Ritz ou sur le yacht de Vincent Bolloré et aussi la détestation que nous en avons. On peut aussi comprendre pourquoi des gens qui ont des 4×4, des yachts et des piscines n’en éprouvent strictement aucun besoin. On peut comprendre la jalousie et la guerre. On peut aussi apprécier toute la dangerosité de la manipulation sarkzoyenne.

Dès lors, le bouc émissaire incarnation du mécanisme victimaire permet de résoudre le chaos de l’ordre du désir mimétique. Autrement dit, si vous ne pouvez pas réaliser vos désirs, c’est de la faute de l’autre ! Oui, mais l’autre, c’est qui ? Evidemment, vous ne pouvez pas accepter l’idée que ce soit vous-mêmes. Alors il faut désigner un coupable : l’immigré, le délinquant, le juif , le pauvre !

René Girard rappelait cette semaine sur l’antenne de France Culture à quel point les mots de deux ennemis pouvaient être à ce point semblables quand ils parlaient l’un de l’autre. Autrement dit, quand on ne s’aime pas, on ne pourra jamais s’aimer sauf à être dans la capacité de transcender la relation en ayant recours à des artifices. Chez Girard, l’artifice, c’est Dieu. Réduire le médiateur, les mécanismes de la raison à l’idée de la présence d’une essence divine est finalement la reconnaissance implicite qu’on ne peut pas tout comprendre de la nature humaine. Et c’est tant mieux ! L’homme n’est sans doute réductible ni à l’idée de Dieu, ni à celle de la croyance en la science.

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