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Non à l’adoption d’un nouveau traité constitutionnel européen

Par      • 30 Oct, 2007 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Beaufitude au Parti Socialiste ?François Hollande reçu hier à L’Elysée a donné un blanc-seing à un mini-traité européen constitutionnel qui reprend pour l’essentiel le projet de Constitution européenne. Il a même déclaré qu’il voterait PERSONNELLEMENT en sa faveur au parlement. Il y a quelque chose de profondément sur-réaliste à entendre le secrétaire du Parti Socialiste s’exprimer de la sorte.

Les élites politiques et les parlementaires socialistes s’assoient sur la parole souveraine du peuple français. C’est un déni de démocratie auquel le Parti Socialiste par le biais de François Hollande apporte son concours actif. C’est profondément inacceptable !

Fédéraliste convaincu sur la mise en œuvre d’un noyau intégré, j’ai voté nn à Maastricht et j’ai voté non au projet de TCE. J’étais évidemment contre l’élargissement tel qu’il s’est produit. Nous avions d’autres outils à notre disposition : Shengen et les accords de coopération renforcée. Seule l’intégration entre quelques pays historiques avec transfert de compétences régaliennes permettrait d’exercer le choc salutaire à la reprise de l’Europe politique. L’Europe, telle qu’elle se dessine, avec traité ou sans, avec constitution ou sans, est dans l’impasse la plus complète.

Ce n’est pas ce traité qui résoudra quoi que ce soit. Tout au contraire. A titre d’exemple, la charte des droits fondamentaux, le seul texte avec lequel nous étions à peu près tous d’accord, sera applicable de façon optionnelle selon les pays.

Comme Laurent Fabius, je demande un référendum interne au Parti Socialiste pour qu’une discipline de vote soit décidée. Je ne peux pas me résoudre à ce genre de comportement de la part du Parti auquel j’appartiens. C’est avant tout un acte de beaufitude politique.

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5 Réponses »

  1. Force est de constater que le débat sur l’Europe est aux socialistes français, ce que le débat sur l’autonomie est aux québécois ou ce que le débat sur la partition de leur pays est aux belges…

    … c’est à dire un débat ancestral, récurrent, passionné, mais pas toujours passionnant.

    Mais aujourd’hui c’est surtout un débat qui se vide de son sens tellement il est galvaudé et « marchandisé » par les uns et les autres.

    A la différence de Denis, j’ai milité pour le OUI à Maastricht, j’ai milité farouchement pour le OUI au Traité Constitutionnel… mais aujourd’hui je déplore les récupérations, les compromissions, les calculs plus ou moins hasardeux qui entourent et occultent les enjeux du Traité de Lisbonne.

    A tel point que je suis dégouté de cette machine européenne, qui marche sur la tête… J’en veux autant à Sarkozy qu’à François Hollande dans cette histoire de dupes qui ne dit pas la vérité sur ce qu’est l’Europe aujourd’hui, pire, qui met en péril son avenir…

    De guerre lasse, je n’ai pas envie de me battre… nous avons tout dit, j’ai dit tout ce que j’avais à dire, lors du débat sur le Traité constitutionnel… en vain… alors que le parlement ratifie ce traité, je m’en fous…

    Après tout je ne vois pourquoi je m’épuiserais à tenter de sauver un mourrant dont je sais qu’il ne retrouvera jamais, la superbe d’antant. Je suis définitivement contre l’acharnement thérapeutique… surtout quand il s’agit d’un patient aussi fragile que l’Europe.

  2. Votre position est intéressante…et révélatrice du gouffre qui se creuse au PS depuis des années, entre les ‘conservateurs aristocratiques’ et les réformistes. O y’a eu le même genre de problème à droite, mais l’UMP à elle su clarifier sa position, et éloigner ou rendre inaudibles ses membres conservateurs, le reste faisant l’effort de se recentrer sur la position du parti…

    La preuve est donc faite que le PS rassemble beaucoup trop de visions politiques différentes pour rester tel qu’il est… je suggère le shisme avec la création d’un pole gauche et d’un pole droit, chacun d’entre eux pouvant se rapprocher de groupes politiques déjà en place pour gagner en visibilité.

    Ce sera un bon moyen d’éviter au prochain secrétaire de passer son temps à faire de l’équilibrisme dans toutes ses déclarations au lieu de se concentrer sur de la politique et des propositions alternatives, et d’ainsi regagner de la crédibilité.

    Pour mon point de vue plus personnel, heuresement que le PS n’est pas passé aux dernières élections…
    Sarko n’est pas vraiment la panassée et il ne va pas encore assez loin dans les réformes, mais d’une on est loin du tonton flingueur ultra libéral à tendance fasciste annoncé par certains gens de gauche bien pensants, et de deux il a su, lui, prendre une bonne partie des meilleurs de la gauche réformiste pour les faire travailler pour le pays.

  3. @Jérôme

    Je suis d’accord sur le fond avec ton point de vue. Après tout, nous en sommes à tous souhaités la crise salutaire quelles qu’aient été nos positions sur le projet de TCE. Le paradoxe est que nous sommes tous viscéralement européens.

    @Gemini

    Je crois que sur la question européenne, la ligne de clivage n’est pas du tout celle que vous évoquez.

    Il y a les fédéralistes du Oui et du Non, les partisans des Etats Nations du Oui et du Non. J’ai voté aux côtés de JP Chevènement. La vision qui est la sienne sur les institutions me semble pertinente. J’ai voté NON comme Henri Emmanuelli, Vincent Peillon et Arnaud Montenbourg, tous trois proches de la vision fédéraliste.

    Les choses ne sont pas si simples. Et j’étais tout à fait en phase sur cette question avec Ségolène Royal qui a appelé à voter OUI lorsqu’elle évoquait la nécessité d’un référendum. On ne gouverne pas contre le peuple.

    La synthèse molle nous condamne à l’absence de clarté dans tous les domaines. Nous avons hâte que la page actuelle se termine le plus vite possible. En 2008, le combat risque d’être rude. Certains, sans doute, quitteront le PS comme cela s’est produit en Allemagne avec le SPD. Aujourd’hui, cette situation nous enclave, nous rend inaudible dans le brouhaha médiatique qui est le nôtre. Je rêve de ne plus avoir à parler de mon parti publiquement comme je le fais. Le plus tôt sera le mieux.

    Enfin, comme vous êtes plutôt à droite, vous êtes légitimé à croire que Kouchner et les autres sont bien meilleurs que nous. Mais, meilleurs en quoi ? Dans l’art de communiquer ? Sur la guerre avec l’Iran ? Et pour quoi faire ? Aujourd’hui, ils cautionnent une politique de droite du fait de leur présence au gouvernement. Ils ont quitté la gauche. Ne l’avaient-ils pas quitté depuis longtemps ? Ils sont rendus à être les cautions sociales à une action antisociale. Oui, la question sociale nous divise entre la droite et la gauche. Il ne peut pas y avoir d’économie sans social. La proposition réciproque est idéologiquement de droite. Heureusement qu’en son temps, Charles de Gaulle a su la comprendre !

  4. Déjà s’il est vrai que certaines valeurs auxquels je crois me positionne plutôt au centre-droit français, sachez que je ne me retrouve pas du tout dans le paysage politique Français, et que je n’ai pas voté pour le président actuel, ni au premier, ni au second tour, même si j’en suis assez satisfait.

    Les gens qui sont venus travailler au gouvernement ne sont pas nécéssairement meilleurs que ceux qui sont restés, vous avez raison, et ce serait une simplification un peu brutale (même si on peut douter que ce soit les plus mauvais si on parle uniquement de compétences) mais ils ont eu cette grande qualité d’avoir le courage de dépasser les préjugés et a-prioris, et de venir modeler un peu le projet initial avec leurs convictions, se faisant entendre à l’intérieur de l’Elysée si nécessaire et en ceci je trouve que c’est une attitude préférable à celle d’attendre 2012 en décriant systématiquement tout ce qui sera fait d’ici là. Y’a des gens qui vont vivre durant ces cinq ans et puis 53% de 85% ce n’est pas rien, il faut parfois remettre en question ses certitudes.

    Je pense vraiment que le PS doit arrêter de critiquer et se mettre à proposer, unanimement… Personnellement ça me stresse de voir ces oppositions violentes de principe, et je n’ose imaginer ce que ressentent vos adhérents.

    Je regrette que vous soyez parfois prisonnier de votre idéologie, même si je sens que votre motivation humaniste est réelle et sincère (il y en a à l’extrème gauche, qui sont là par nécessité, pas par conviction, contre le travail, contre l’effort, pour la petite maison dans la prairie…). Je pense qu’il faut dénoncer les fumistes des deux extrèmes. Je critique et aie en aversion avec la même force les idées égalitaristes que ultra libérales (meme si je trouve ce terme un peu galvaudé) ou nationalistes, aucun souci avec ça.

    Mais j’aimerai pouvoir vous montrer avec mes modestes connaissances que l’économie de marché amène le consommateur (potentiellement actionnaire) à avoir plus de pouvoir, qu’il faut qu’il apprenne à utiliser pour pouvoir par exemple sanctionner une entreprise qui se comporte mal. Pour cela, il faut de l’information non colorée sur tous les sujets, et que chacun puisse y trouver ce qu’il cherche. Internet permet aujourd’hui de répondre à ce besoin.

    Je crois profondément en la démocratie, ça m’embète un peu que ce soit par voie parlementaire que ça passe, mais bon, c’était dans le programme de N. Sarkozy, alors ceci compense cela.

  5. Les socialistes, toutes tendances confondues, ont en commun d’être contre la société de marché.

    Concernant l’économie de marché, je crois que personne au PS ne peut raisonnablement dire qu’il y est défavorable.

    Ce qui nous différencie au sein du Ps, ce sont les limites à définir. Au nom de l’efficacité économique, je suis personnellement ancré dans quelques certitudes.

    Je les ai longuement exposées dans ce blog.