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Marx est mort et les marxistes le croient vivant ! (1)

Par      • 6 Sep, 2010 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Dans « une société à la dérive », Cornelius Castoriadis rappelle, en 1974, pourquoi il n’est plus marxiste. Le marxisme comprend 3 volets : le matérialisme historique, le marxisme économique et politique.

L’idée force du matérialisme historique est que les conditions matérielles –  et notamment le mode de production – conditionneraient les rapports sociaux et les superstructures (droit, culture et religions). Marx avait posé le principe qu’il pouvait exister un retour des superstructures sur les infrastructures sans avoir fourni d’éléments pour évaluer la « force » de ce retour. Cette hypothèse qui fonde la théorie et l’idéologie marxiste a été invalidée par les faits.

Permanence des structures

Le paradoxe de l’œuvre de Claude Lévi-Strauss est d’avoir cherché ce qui était commun à toutes nos civilisations. Les travaux de structuralistes nous ont montré la permanence de « structures » au travers des époques, que ce soit dans l’identité de la France de Fernand Braudel et au travers des civilisations étudiées par Claude Lévi-Strauss. Cela signifie qu’il y aurait une grand part de nos rapports sociaux qui seraient totalement exogènes aux modes de production. Dans l’institution imaginaire de la société, Cornelius Castoriadis évoquait les magmas et les possibilités combinatoires qu’ils offraient, réfutant le déterminisme de la structure sociale sur la structure « mentale » : nous auto-instituerions la société. Claude Lévi-Straus ne nous aurait-il pas permis de mieux comprendre les civilisations par l’observation de leurs différences ?

Religions séculaires

La 2e critique que nous pouvons faire au marxisme est la permanence des religions, quel que soit le mode de production. Le christianisme est toujours très pesant présent dans nos sociétés depuis plus de 2000 ans. Or, si le mode de production détermine les superstructures, comment donner une explication « matérialiste » à  la longévité de religions séculaires dans nos sociétés ? Max Weber est allé encore beaucoup plus loin en associant l’apparition du capitalisme à l’avènement du protestantisme en Occident. La difficulté marxiste à expliquer l’innovation – et pour cause – donne du crédit à la thèse de l’entrepreneur « génial » de Schumpeter et, in fine, à l’explication de Max Weber.

Fin de l’histoire ?

Au sortir de la guerre, avec la NEP, Lénine avait fait le choix du retour au capitalisme en 1921. La mort ne lui permit pas d’en préciser l’horizon. C’est Staline qui se chargea d’arrêter la NEP par l’une des politiques les plus sanguinaires qu’ait pu connaître l’humanité. Près de 60 ans plus tard, la Chine de Deng Xiaoping faisait le choix d’une nouvelle NEP à durée indéterminée au même titre que sa grande sœur russe avec l’effondrement du mur dans les années 1990. Pour les « communistes », il semble que le capitalisme soit un horizon indépassable. Le processus dialectique semble avoir suspendu son vol : thèse, antithèse et de bien grosses fadaises !

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2 Réponses »

  1. @Denis

    Le chemin le plus long entre le capitalisme et le capitalisme semble être le communisme!

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