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Les forces de l’esprit

Par      • 13 Fév, 2008 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

La disparition brutale d’un ami quand, de surcroît, il est encore très jeune nous pose irrémédiablement la question du sens que nous donnons à nos vies.

Pour certains, l’équation de la vie  se résout dans celle de la mort, i.e. à une équation à une grande inconnue ! Autrement dit, pour comprendre la vie, il faudrait se poser la question de la mort. Je ne conteste pas évidemment à chacun le droit de se poser ce genre de questions.  La force du croyant authentique est, au travers de sa foi, d’accepter une certaine forme de résilience. L’idée de Dieu lui insuffle l’énergie pour faire face aux épreuves de la vie. J’avoue une  admiration très personnelle à ces croyants peu nombreux que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

Dans la branche hassidique du judaïsme, la croyance en Dieu se fait au travers du doute permanent sur  la question de l’existence de Dieu. Mais comme ont pu dire nos anciens profs de maths, se poser la question, c’est souvent avoir de sérieux éléments de réponse ! L’imaginaire, l’histoire, la culture se chargent alors de donner la réponse en lieu et place de l’individu.

Quoi qu’il en soit, la foi ne répond pas toujours bien à la question de l’organisation de nos vies ou, si elle y répond, c’est pour mieux l’encadrer au travers de rites, de la pratique du culte. L’athée se construit souvent dans l’opposition à cette vision. Pour faire court, l’essence serait l’existence. D’autres philosophies vont encore bien plus loin. Je pense au nihilisme. La vie n’aurait d’autre sens que dans celui de l’expression de la volonté au travers de l’action. Gramsci disait-il autre chose lorsqu’il disait : « Je suis pessimiste par l’intelligence, optimiste par la volonté. » ? La devise du nihiliste ne serait-elle pas carpe diem ?

La dérive est qu’à vouloir profiter de tout, imposer sa « volonté de puissance » aux autres, l’individu se consume.  Et, l’auto-destruction serait, à terme, synonyme d’une disparition beaucoup plus collective. En mettant l’humain au cœur de nos vies, nous pouvons éviter l’échouage en eaux profondes de la vision nihiliste qui conduit le monde. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas toujours  simple de ne pas croire en Dieu.

L’ancien Président de la République, François Mitterrand, pour lequel je ne voue pas une admiration particulière, nous disait dans sa dernière allocution télévisée : « Je crois aux forces de l’esprit. » Son mysticisme personnel,  le caractère énigmatique et l’ ambigüité de l’expression font que, ce matin, je me mets aussi à croire aux forces de l’esprit. Y a des matins comme ça !

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