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Lecture critique du projet

Par      • 10 Juin, 2006 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Jeudi soir, j’entendais Alain Duhamel face à François Hollande dire que le projet entraînerait beaucoup de dépenses supplémentaires. Sous entendu : comment faire en sorte que les recettes croissent au même rythme ? Ce à quoi François Hollande s’est empressé de dire que le projet socialiste représentait un financement équivalent à deux points de croissance. C’est bien là le nerf de la guerre.

Cantonner le marché à la sphère économique

Même si le propos est très offensif, la formule m’apparaît un peu malheureuse dans la mesure où la question est celle de l’extension de l’économie quelque soit le système économique mis en oeuvre. De mon point de vue, l’enjeu est de savoir comment le développement de l’économie, émanation de l’activité humaine, est compatible avec la présence de l’homme sur notre planète. L’empreinte écologique de l’humanité est désormais supérieure à ce que la terre est en capacité de produire. Rappelons, comme l’avait souligné Albert Jacquard, que 2% de croissance, un taux incompatible avec l’économie de plein emploi, durant 35 ans amène un doublement de la consommation énergétique. Quelle croissance voulons-nous ?

L’illusion de la régulation mondiale

C’est la critique la plus acerbe que j’adresserai au projet : le catalogue de bonnes intentions sur la réforme de gouvernance mondiale. Stratégiquement, pouvons-nous, à nous seuls, impulser une volonté qui verrait changer les règles de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale ? Nous savons pourtant que, sans cette gouvernance, nous pouvons craindre le pire. La précédente mondialisation, dans les années 20, s’est traduite par la crise la plus violente qu’est connu le capitalisme industriel et a ramené le capitalisme sur des formes de régulation nationales. Je ne crois pas à la capacité et la volonté européenne de chercher à faire quoi que ce soit en la matière. Nous devons nous appliquer, à l’échelle européenne, des règles de protection de nos populations et de nos industries beaucoup plus fortes. Cela passe par l’instauration de barrières douanières au périmètre de l’Union intégrant les règles sociales, fiscales et environnementales des pays exportateurs. Si l’Europe ne souhaite pas aller si loin, je crois que nous devrons revenir à des formes d’unilatéralisme afin de provoquer une crise salvatrice.

Propositions d’amendement

  • Suppression de toutes les mesures dérogatoires en terme d’exonération fiscale et sociale afin de rétablir l’égalité entre tous les acteurs économiques, petites et grandes entreprises confondues
  • Détaxation complète des biocarburants et distribution autorisée pour les agriculteurs
  • Interdiction du transport de fret intrenational dans notre pays par la mise en oeuvre du ferroutage sur les grands axes européens
  • Création d’un fonds de semences paysannes, suppression du catalogue officiel commun des semences, du Certificat d’Obtention Végétale et pénalisation des pratiques de mutagénèse
  • Objectif illetrisme 0 pour les enfants sortant du système scolaire : on ne peut pas au XXIième siècle, dans une société de la connaissance, accepter de voir des gens sans outils pour aborder la complexité du monde
  • Election des représentants des Communautés de Commune sur liste à la proportionnelle intégrale
  • Vote obligatoire aux élections locales et nationales avec une plus grande souplesse quant aux possibilités de vote par procuration
  • Péréquation totale de la taxe professionnelle
  • Vote obligatoire des salariés pour leurs représentants
  • Plafonnement strict des crédits du budget de la défense sur toute la législature
  • Mise en oeuvre d’une vraie république parlementaire conforme aux propositions de Bastien François et Arnaud Montebourg

Mes points de désaccord mineurs

Ils sont au nombre de deux. Je ne crois pas à la réussite abolitionniste sur la douloureuse question de la prostitution. L’expérience mérite toutefois d’être tentée. J’aurais, pour ma part, souhaiter la mise en oeuvre d’un vrai statut professionnel du ou de la protsitué(e).

Sur les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunales), je suis pour l’élection à la proportionnelle intégrale.

Point de désaccord majeur

Sur le Conseil Constitutionnel, je suis très opposé à la nomination de ses membres par le parlement. Dès lors, de mon point de vue, il n’y a plus de gardes-foux à la production législative de la majorité au pouvoir. Cette proposition est, de très loin, la plus malheureuse de toutes.

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