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La dictature des chiffrages

Par      • 21 Fév, 2007 • Catégorie(s): Médias  Médias   Points de vue  Points de vue    

François Hollande avait sans doute raison, face à Eric Besson, lorsqu’il lui a fait part de la nécessité de présenter nos propositions aux Français plutôt que de répondre aux injonctions de nos adversaires sur la question du chiffrage. La prestation de Ségolène Royal, lundi soir, semble attester de la qualité et de la pertinence du raisonnement de notre premier secrétaire.

Derrière cette demande insistante, se cache, en fait, l’idée selon laquelle un projet qui coûte cher est irresponsable ! Eh bien qui a-t-il d’irresponsable à vouloir agir, à vouloir changer et/ou réformer la société ? Oui, un projet a un coût. Mais quels sont les gains que génère l’action publique ? La formation, la mise à niveau des infrastructures, la mise en oeuvre d’une fiscalité discriminante peuvent concourrir à la création d’un cercle vertueux. N’oublions pas que la crise de 1929 est en grande partie liée à l’absence de l’intervention des Etats. La politique interventionniste de Roosevelt a engendré un profond et durable déficit budgétaire.

Pour bien comprendre nos adversaires, il faut aussi évoquer la question de la dette. Initiée avec Thierry Breton, la communication autour du « fardeau » français ne doit pas nous masquer la réalité. La dette française s’inscrit dans la moyenne des pays européens. Ni plus… ni moins. La dramatisation autour de cette question utilisée par François Bayrou ne doit pas nous amener à ériger la recherche de l’équilibre budgétaire en dogme politique et économique. La proposition du candidat ultra-centriste manque cruellement de pragmatisme et s’inscrit dans l’idéologie libérale la plus doctrinaire.

Le meli-melo du candidat de l’Ump sur le chiffrage de son budget ne doit pas nous contraindre à obéir aux injonctions médiatiques et politiques de nos adversaires. Qu’ils s’occupent à mettre de la cohérence dans leurs chiffres d’abord ! C’est vrai que la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires dans le PIB annoncée par Sarkozy relève davantage de la volonté à casser progressivement les moyens de l’Etat que de l’impossibilité technique.

Les chiffres, en politique, n’ont pas à dicter nos choix politiques. Y répondre, c’est accepter de ne rien faire. Et, pour notre pays, ce serait, sans doute, la pire des choses, laissant la parole à des experts d’une science économique dont le statut de science reste toujours extrêmement sujet à caution.

Rendez-vous compte… Jean-Marc Sylvestre se prétend être un expert des questions économiques. Alors, pourquoi pas nous ? La conduite d’un pays requiert autre chose que des comportements de bon père de famille.

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