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La démagocratie

Par      • 2 Sep, 2006 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Comment, alors que certains brocardent, à droite, le smic à 1500 euros et l’augmentation immédiate du smic de 100 euros, accepter ce que vient de faire le gouvernement, en exonérant les entreprises de moins de 20 salariés, de charge pour les smicards ? C’est une catastrophe pour les salariés, pour le financement de nos régimes sociaux et pour le contribuable ?

La suppression des charges constitue le meilleur moyen de bloquer la progression du pouvoir d’achat. En créant une trappe à bas salaires, la politique salariale pour les nouveaux embauchés risque de se résumer au smic pour tout le monde ! Or notre pays souffre déjà d’une insuffisance du pouvoir d’achat, élément économique majeur de la demande. Si certains pensent que nous disposons de la gauche la plus archaïque du monde, nous avons décidément la droite la plus bête du monde ! Le clientélisme de gauche brocardé n’est rien à côté des cadeaux pré-électoraux de ce gouvernement qui ressemble de plus en plus à un gouvernement de IIIième République à forte connotation bananière.

A force de dérogations en tout genre, nous sommes en train d’organiser la faillite de notre régime de répartition qui est, d’un point de vue économique, par la sécurité qu’il procure, le meilleur de tous les systèmes. Seulement voilà, quand on a des copains chez les assureurs et quand, idéologiquement, on ne croit qu’à l’individu, on agit contre tout ce qui peut ressembler à des formes de solidarité. Notre pays les a construites péniblement et dans la douleur après la seconde guerre mondiale 1945 sous le Conseil National de la Résistance présidé alors par le général de Gaulle ! Et dire que des hommes politiques de droite osent se réclamer du gaullisme ! Quelle imposture intellectuelle ! Les libéraux se réclament d’un courant de pensée du XIXième siècle. Leur modernité est plus contestable : avec les marxistes politiques, ils sont en retard d’un siècle. Alors qu’ils se prétendent pragmatiques, ils sont le contraire de ce qu’ils disent : des idéologues aveugles à l’esprit étriqué. Et quand quelques-uns de leurs neurones se connectent, c’est pour penser à des décisions d’une intelligence contestable. Leur action, en cassant tous les outils de régulation, est le meilleur moyen trouvé pour provoquer une gigantesque crise économique. Il est plus qu’urgent de rétablir les conditions d’équité au niveau des acteurs économiques en supprimant toutes les formes de régimes dérogatoires. Ils constituent une entrave au libre exercice de la concurrence.

Le trou que sculptent et entretiennent ce genre de mesures exige un financement en compensation. Et c’est le budget de l’Etat qui va devoir colmater. C’est à dire vous et moi, sans oublier les smicards exonérés de charge… par l’augmentation des taxes, la forme la plus injuste de l’impôt. Car, ce n’est pas avec l’instauration du bouclier fiscal que les recettes vont augmenter. Cette mesure vise en priorité les tranches d’imposition les plus élevées, assujetties à l’ISF. La quadrature du cercle est enfin trouvée. En diminuant les charges sur les bas salaires, vous diminuez le pouvoir d’achat ! Bravo. Il fallait y penser. Je ne croyais pas que l’action de l’Etat était la recherche et la satisfaction d’intérêts privés. C’est aussi cela la différence fondamentale entre la gauche et la droite !

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2 Réponses »

  1. Bonsoir,
    je suis d’accord sur l’ensemble de la réflexion, mais il serait intéressant que vous
    précisiez, qu’elles sont vos inspirations phylosophico-économiques:
    Un tiot coté économie de marché, avec un tiot coté socialo-marxiste,(quoique ce mot semble
    vous donner de boutons), p’tet bin qu’oui, p’tet bin qu’non!!auquel on rajoutera une pincée
    d’humanisme social!!

  2. Economiste de formation, vous aurez compris que je suis traversé à la fois par la pensée marxiste et keynésienne. L’aspect totalitaire du marxisme politique s’oppose à mon humanisme libertaire viscéral. Vous l’avez parfaitement perçu. Je crois que la querelle Guesde-Jaurès qui a prévalu en 1905-1906 et la scission issue du Congrès de Tours doivent nous permettre de savoir ce que evuet dire est être socialiste aujourd’hui. Beaucoup de nos camarades ont oublié d’où nous venons. Nous ne sommes ni radicaux, ni sociaux-démocrates, ni marxistes. Nous sommes socialistes. Et je crois, pour ma part, avoir toujours été socialiste même si je n’ai adhéré qu’en octobre 2005.

    Par ailleurs, par rapport à l’économie de marché, je demeure convaincu de la nécessité d’une présence forte de l’état dans le secteur financier, des communications, de l’énergie, des médias et des transports. C’est aussi sur ce point ce qui me fait dire que le MRC n’a aucune vocation à rester en dehors du Ps. Chevènement a aussi été, pour moi, une référence extrêmement forte. Il faut savoir d’où vient le Ps. Sans Chevènement, je ne suis pas sûr qu’il aurait pu conquérir le leadership que nous avons aujourd’hui à gauche. A la fois, l’économie administrée est contraire, elle-aussi, à mes principes humanistes. La réflexion de Schumpeter autour du génie de l’entrepreneur individuel m’a profondément marqué. L’économie de marché est une nécessité là où elle n’est pas nécessaire !

    Bien que fondamentalement fédéraliste, je rejoins aussi les chevénementistes et d’autres sur la question du désaisissement démocratique et sur celle de la destruction des outils de régulation et des barrières douanières. J’ai voté contre Maastricht, contre le projet de Traité parce que l’Europe politique n’a jamais été l’expression d’une volonté collective. A titre personnel, je suis pour une politique unilatérale autour de la constitution d’un noyau dur à caractère fédéral afin de sortir du carcan dans lequel nous sommes fourvoyés collectivement. S’il avait fallu voter l’élarligessement à 25, j’aurais aussi voté contre. Je ne comprends pas d’ailleurs comment des socialistes aient pu à ce point perdre leur âme. L’Europe actuelle est une impasse pour la France et pour les citoyens européens !

    Quant aux questions écologistes, démographiques, agricoles et énergétiques, elles sont, pour moi, devenues centrales dans ma réflexion personnelle. Cela signifie que nous devons changer notre regard autour du discours autour de la croissance et la présence du courant Utopia au sein du Ps est à saluer. J’ai récemment lu le livre de Serge Latouche sur l’occidentalisation du monde. Ce livre m’a beaucoup marqué. Et même si je suis loin de partager le point de vue de l’auteur, nous devons être conscients des mécanismes auto-destructeurs de la globalisation. D’ailleurs, n’en voyons-nous pas les effets aujourd’hui en France ?

    En un mot, je me sens socialiste, avec les contradictions qui sont celles de tout individu !