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L’homme et le rat

Par      • 22 Mar, 2012 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Le Djihad, le Djihadisme, le Salafisme ne relèvent pas de l'humanité !L’homme partagerait avec le rat cette capacité extraordinaire de pouvoir tuer l’un de ses congénères sans raison. Le rat n’aurait toutefois pas le privilège de la conscience de sa propre mort.

J’avoue ne pas comprendre comment il est possible de qualifier de terroristes, comme les Allemands qualifiaient les résistants français en 1940-1945, les actes d’un « homme » qui a fait le choix singulier de quitter l’humanité en tuant des enfants. C’est lui donner, de mon point de vue, une forme d’intelligence qu’il n’a jamais eue.

Je conteste, pour ma part, toute forme d’idéologie, c’est-à-dire d’un système de représentations et de valeurs motivant les actes de Mohamed Merah. Le salafisme, le djihadisme n’existent que dans nos têtes par la peur que ces mots vides de sens peuvent représenter. Comment un salafiste, nostalgique d’une organisation sociale vieille de quatorze siècles, peut-il rouler en BMW et posséder une arme à feu, là où la raison lui commanderait d’utiliser un cheval et de manipuler le sabre ? Cet « homme » était un décérébré, dont la déculturation s’est construite dans la haine de l’autre et un sentiment de toute puissance que nous donne aujourd’hui la technè.

Mohamed Merah n’est pas une erreur génétique. La génétique, c’est avant tout l’explication qui n’explique rien. Mohamed Merah est le triste « produit » de notre société, dont toute la modernité s’est écrite quelque part entre 1914 et 1918, où tant d’hommes se sont tués pour rien. J’ai peur qu’il ne s’agisse, là, que de mimétisme imbécile.

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2 Réponses »

  1. @ Denis
    Mohamed MERAH est d’abord un être humain. Donc un des nôtres! C’était un adulte, jeune certes mais adulte tout de même. Mohamed MERAH n’était pas un homme isolé. Il avait une vie « sociale » que la plupart d’entre-nous ne partagent pas mais il avait une vie « sociale ». Mohamed MERAH a fait le choix de passer outre la règle de base qui veut qu’on ne tue pas l’un de ses semblables. C’est donc qu’il a choisi de se ranger ailleurs. Selon ses propres termes, en tout cas ceux rapportés par les médias qui les tenaient des autorités présentes sur le théâtre des abominations, il a justifié les meurtres qu’il a commis de sang froid avec cynisme et détermination.
    Mohamed MERAH est-il un « triste produit de notre société »? En est-il un des révélateurs? Les actes de Mohamed MERAH sont-ils comparables à ceux de 1914-1918? Si la réponse est oui,alors il faut considérer Mohamed MERAH comme un soldat en guerre qui a tué au nom de motifs qu’il considérait tellement importants qu’ils pouvaient justifier de tuer comme il l’a fait et comme il envisageait de le faire encore s’il n’avait pas été localisé et neutralisé. Mohamed MERAH a choisi de mourir comme il l’avait annoncé: les armes à la main. Comme un moudjahidine a t-il dit! Il pouvait faire autrement! Se rendre et bien sur assumer, dans un pays où la peine de la peine de mort n’existe plus il était assuré de rester en vie. Au contraire il a choisi de sortir et de raffaler à tout va en tentant de tuer, tuer, tuer encore!
    La guerre aujourd’hui ne se fait plus aujourd’hui comme elle se faisait avant quand bien même le résultat final est le même. La mort, des victimes innocentes, la manipulation, la désolation et son cortège de deuils, de souffrances et de pleurs. Je peux comprendre que notre modèle de société puisse être interrogé, critiqué, remis en cause. Il m’arrive très régulièrement de le faire.
    Il n’y a pas de meurtres justes, légitimes? Rien ne me fera exonérer Mohamed MERAH de la responsabilité pleine et entière des actes intolérables auxquels il s’est livré. Pas même l’état déplorable de notre société! Je n’absoudrai pas Mohamed MERAH de ses crimes!
    Cela dit: il reste, à mon avis encore, beaucoup à apprendre de cette tragique « affaire ». Nous n’en sommes pas encore sortis.

    Amicalement

  2. @Bernard

    La guerre 14-18, c’est pour moi l’un des marqueurs de référence en matière de capacité qu’a pu avoir l’homme à tuer son semblable pour rien. Merah et les autres n’ont rien à voir avec des militaires. Ce sont des tueurs. Je conteste formellement qu’il s’agisse d’une guerre, dont les ressorts me semblent avoir parfaitement été décrits par René Girard. Il a aussi totalement failli au message universel du croyant, dont l’un des préceptes est la défense du faible contre le fort. Muni de ses armes, il n’a fait hélas qu’imiter les forts, en se drapant derrière les oripeaux de l’idéologie.

    Cette caractéristique que nous partageons avec le rat est très difficile à décrypter chez l’homme. Ce que je peux voir, c’est la capacité panurgique chez certains hommes – de Merah ? – à faire ce qu’on leur a dit de faire sans en comprendre le moindre sens. Cela en fait-il alors des êtres humains ? Merah n’est pas des nôtres. Oui, pour moi, il a quitté l’humanité !

    Amitié.

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