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Carte scolaire : il y a urgence à ne rien faire ?

Par      • 21 Sep, 2006 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Séoglène Royal a le mérite d’ouvrir le débat. Les médias très souvent ont l’art de déformer ses propos. Quant à Jacques Chirac et Dominique de Villepin, ils ont surtout l’art de ne rien faire. Ne parlons pas de Sarkozy qui, à force d’évoquer la rupture, est en train de fondre les plombs.
Dans ce débat, le plus surprenant est d’entendre des syndicalistes et des camarades défendre le statu quo. La carte scolaire a été créée en 1963 dans le but de favoriser la mixité sociale. Elle répondait à la logique du moment. Avec la ghettoisation des quartiers, la carte scolaire ne fait que reproduire la situation de non mixité sociale créée par l’urbanisme.

Les parents n’ont de cesse que de trouver de nouvelles techniques pour la détourner . Le moyen le plus simple est d’invoquer l’absence d’options dans le collège proposé par la carte scolaire : japonais, russe, chinois, que sais-je ? Vu le nombre de dérogations dont bénéficient les enfants d’enseignants et de journalistes, il semble que les principes républicains soient aujourd’hui complètement bafoués. Donc, n’en déplaise à quelques sympathiques irréductibles gaulois (nombreux chez les jeunes du MJS), la carte scolaire, dans son format actuel, a bel et bien vécu !
La proposition de Ségolène Royal, dans son intervention de Lens, de maintenir la carte en laissant le choix entre trois établissements a deux mérites. Le premier est d’éviter le gonflement des établissements privés qui en font leurs choux gras. Le deuxième est, en cas de désaffection d’un établissement, de concentrer les moyens sur cet établissement afin
de le rendre plus attractif.

Dans le nord de notre canton, les parents des enfants de la banlieue rouennaise ont fait d’autres choix et notamment celui de vivre à la campagne. La vraie réponse aux problèmes liés à la carte scolaire passe par une réflexion globale sur l’urbanisme et la qualité des lieux de vie de la population française, le logement social et la spéculation foncière et immoblière dans notre pays. La carte scolaire n’est que la partie émergée de l’iceberg. La révolte d’octobre 2005 devrait nous inciter à quitter chimères et oripeaux qui drappent les limbes embrumées de nos cerveaux.

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