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Cantine gratuite

Par      • 4 Jan, 2007 • Catégorie(s): Points de vue  Points de vue    

Les maires UDF de Drancy et du Bourget ont décidé que la cantine de leurs écoles primaires serait désormais gratuite
Selon ces deux maires de Seine-Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde et Vincent Capo-Canellas, la création d' »un droit à un repas équilibré, quotidien et gratuit » est une « mesure sociale juste ». Il s’agit d’une  première en France !

La mesure prise dans la communauté de communes Drancy-Le Bourget, créée en décembre, concerne 3000 enfants.
Jean-Christophe Lagarde, le député-maire (UDF) de Drancy a jugé « faussement social » le système basé sur les quotients  familiaux.

A Drancy (64.500 habitants), où le revenu moyen est de 1300 euros, 73% des  familles payaient le tarif maximum de 3,22 euros, seules sept familles bénéficiant d’un repas à 50 cents d’euros, a ainsi expliqué le maire.

Pour une famille de deux enfants, la gratuité « représentera une économie de 130 euros par mois », calcule-t-il, soit « un puissant coup de pouce au budget des  familles ».

La gratuité de la cantine va représenter une perte de recettes de 1,1 million d’euros par an pour les deux villes. Elle sera compensée pour moitié par les économies liées notamment à la mise en commun des moyens, pour l’autre moitié par la dotation de l’Etat versée à la communauté d’agglomération.

Jean-Christophe Lagarde a lancé sur le sujet un « appel à une réflexion au plan national ». Il a déposé mardi une proposition de loi pour « une gratuité pendant  toute la durée de la scolarité obligatoire », car, observe-t-il, « il y a trop  d’enfants qui ne vont pas à la cantine car ils n’en ont pas les moyens, et ne  mangent pas ou mal quand ils rentrent chez eux ».

Sur le fonds, cette initiative apparaît généreuse. Pour autant, les communes en question l’ont financée pour moitié avec des dotations de l’Etat.

A grande échelle, ce dernier ne peut assumer une telle charge. A moins qu’en l’espèce, les collectivités locales concernées aient procédé à des arbitrages politiques dans l’utilisation des dotations  habituellement reçues.

Alors, exemple à suivre ? J’avoue qu’à première vue c’est assez séduisant mais cela ne reste envisageable que dans des villes « défavorisées » où le tissu social est assez uniforme.

En revanche, dans des communes où existe un tant soit peu de mixité sociale, il serait pour le moins choquant de voir des familles aisées bénéficier d’un tel avantage sur le dos de la collectivité dont le financement est assuré par l’ensemble des redevables de l’impôt.

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2 Réponses »

  1. Petite remarque : si je ne suis surtout pas opposé au principe, je pense que la prise en charge par la collectivité doit être soumise à une étude préalable de la structure de consommation de la famille et à l’application de conseils d’éducateurs sociaux pour optimiser cette consommation. Certaines familles se font capter leurs budgets en répondant aux injonctions des sirènes du marketing et de la publicité. Elles n’ont plus complètement leur libre arbitre !

  2. La démarche est généreuse, mais à large échelle comme mentionné dans la proposition de loi,
    cela parait irréalisable, financièrement parlant !
    Oui, à la gratuité pour les familles non imposables, à tarif dégressif, suivant les revenus pour
    les autres.
    De grands groupes, largement bénéficiaires comme Eurest, Avenance, Sodexho… réalisent justement
    une bonne partie de leurs résultats avec les cantines scolaires, notamment les cantines communales.
    Ces entreprises, au titre d’un impôt citoyen, pourraient participer à la prise en charge d’une
    partie de ces repas. Vive les entreprises citoyennes, elles se font si rares !