La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Novembre NOIR…

Par      • 8 Nov, 2007 • Catégorie(s): Divers  Divers    

SNCF, RATP, EDF-GDF en grève reconductible à partir du 13 Novembre, toutes les fonctions publiques et notamment l’Education Nationale, mais aussi LAPOSTE et FRANCE TELECOM le 20 Novembre, Magistrats et avocats le 29 Novembre… oui décidément, le mois de Novembre 2007 sera un Novembre noir ou ne sera pas.

Réforme des régimes spéciaux pour les uns, pouvoir d’achat, réduction des effectifs, réforme de la carte judiciaire pour les autres, les revendications sont diverses et multiples et elles n’ont, à priori, rien en commun. Quoi que. Car au-delà de ce florilège de contestations, digne d’un inventaire à la Prévert, une constante se dégage : le rejet d’une politique gouvernementale qui écœure, qui décourage et qui inquiète.

Elle écoeure car, on sait désormais, par la voix de Raymond Soubie, conseiller social de l’Elysée, qu’un des buts de la réforme des régimes spéciaux de retraite est de casser définitivement le bastion syndical des cheminots. Il est de bon ton à l’UMP de bouffer du cheminot, ce nanti au si grand pouvoir de nuisance, qui empêche la France qui se lève tôt d’aller travailler. Il est écoeurant ce populisme, celui qui oppose deux « France », celui qui fait se dresser les uns contre les autres, celui qui permettra à Sarkozy de tenir. Il est d’autant plus écœurant que rien ne sera réglé sur le fond, mais ça c’est un détail.

Elle décourage, car le service public, ce concept indispensable dont la France pouvait s’enorgueillir il y a encore peu, se vide petit à petit de sa substance. Ce service public, qui de part sa nature, devait rester à l’abri de la compétitivité, de la rentabilité et autres qualificatifs qui n’ont rien à voir avec le sens du service public, est entrain de subir les coups de boutoir du dogmatisme libéral de l’UMP.

Elle inquiète enfin. Car à quel moment il est question d’avenir dans ces réformes, qui non seulement ne règlent rien sur le fond et se contentent de gérer l’immédiat, mais en plus qui dilapident sérieusement le capital social que nous sommes censés léguer aux générations futures. Quelle France sans service public de qualité? Quelle France sans une justice de proximité? Quelle France sans un syndicalisme puissant et responsable?

La France d’après se dessine peu à peu sous nos yeux. Et c’est parce que je ne veux pas de cette France, parce que je ne veux pas être complice de cette dérive, parce que je veux pouvoir dire à mes enfants « on s’est battus », que je descendrais dans la rue au mois de Novembre… au delà des revendications que d’aucun qualifie de corporatistes, c’est un combat idéologique que je veux mener contre cette droite qui n’avance plus masquée et qui au contraire s’assume pleinement. A nous d’assumer notre rôle d’opposant.

Pour un autre éclairage je vous recommande la lecture de l’excellent Nico, qui tient si bien son bistrot : http://nicopolitique.blogspirit.com/

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20 Réponses »

  1. C’est vrai que ceux qui vont en grève ont de vraies raisons d’y aller, des raisons concrètes, des solutions alternatives, qui justifient le déni de démocratie (tous les éléments sujets à grève étaient dans le pacte présidentiel dont je ne vais pas vous rappeler le taux de validation par la population).

    Si vous lisiez des médias internationnaux vous vous rendriez compte qu’il n’y a que dans notre microcosme Français qu’on ne veut pas admettre la nécessité du changement,les autres pays se moquent de nous, ah on est sympas oui, mais on est surtout pas à imiter…

    Mais les gens de notre gauche française ne sont pas connus pour leur ouverture d’esprit, ni pour leur capacité à remettre en question le lavage de cerveau que leur servent nos médias bien pensants… habitués à faire rentrer la réalité à coups de chausses-pied dans la chaussure de leur idéologie, à grands renforts de tournures, mensonges à saveur pseudo-humaniste. (Libération et autres)

    Et vous croyez que les syndicalistes sont responsables, représentatifs, capables de propositions, aiment le changement, et manquent certainement de pouvoir à être capables de bloquer un pays tout entier (avec les coût économique et écologique que cela représente)… ?

    Et que les gens qu’ils arrivent à convaincre de leurs idéologies sont connus pour la confiance et l’envie qui les caractérisent, ne dramatisent pas les situations, sont capables de relativiser les situations, de se responsabiliser, d’oser prendre leur destin en main… ?

    De toute façon aucun gouvernement de gauche actuel n’est prêt de revenir au pouvoir pour de nombreuses années. Oh le gars Sarko et ses copains ne sont pas la panacée non, et je ne leur ai donné aucun ticket, mais ils ont le mérite de s’attaquer aux blocages récurrents… Alors que ce soit pas tout bien ok, je le pense aussi, et je n’hésite pas à qualifier Sarko de démagogue, mais les réformes sont nécessaires, injustes parfois, bloquantes toujours.

    De toute façon ces grévistes dont vous souhaitez faire partie n’ont pas le pouvoir, le peuple l’a car nous sommes en démocratie, et le peuple ne vous soutiendra pas. A ne pas écouter les gens et leur ressentis, à n’avoir jamais tiré aucun bilan des 3 dernières élections perdues (dont 2 en beauté), à n’avoir jamais évacuer du PS de ses membres extrémistes, vous allez vous couper définitivement des vraies préoccupations des gens, perdre de l’audibilité et le vivre très mal…(j’ai des amis complètement déprimés de la situation actuelle, mais ils n’ont jamais su remettre en question leurs certitudes, ni voir que le monde a changé).

    Je suis triste de voir que ce pays, puisse être bloqué par des minorités, qui font fi de la démocratie… Les gens ont élu N. Sarkozy sur son programme, avec tous les éléments qu’il a clairement détaillé. Si vous n’êtes pas en accord avec un peuple (ou tout du moins sa majorité puisque nous sommes en démocratie), il faut le quitter, clairement. Je m’applique ce dernier raisonnement un peu brutal à moi-même, si Ségolène Royal avait été élue sur son pacte présidentiel, j’aurai accéléré mes démarches pour quitter ce pays. Pour l’instant elles sont en attente.

    Si les réformes ne passent pas je m’en irai dans un autre pays, n’hésitant pas à appeler un chat un chat, je ne cautionne pas l’avenir de la France dans les conditions actuelles (oh et je précise tout de suite, je suis fils d’ouvrier et je n’ai aucune fortune).

  2. Gemini, que les choses soient claires… avant de vous emporter, lisez ce que les gens écrivent, écoutez ce que les gens disent:

    – A aucun moment j’ai dit qu’il ne fallait pas réformer. Oui il faut réformer, notamment les régimes spéciaux de retraite, mais comme ça. Gemini, intéressez vous au fond et regardez si le financement des régimes spéciaux est réglé, vous comprendrez le mensons dans lequel le Gouvernement vous entraine.

    – Au delà du cas des « minoritaires » comme vous dites, si vous ajoutez l’éducation nationale, la fonctions publique hospitalière, la fonction publique territoriale, les magistrats, les avocats, ça commence à faire du monde. Les réformes gouvernementales sont mal perçues, pare que mal menées… avait-on besoin de fermer tant de tribunaux, tant d’hopitaux ou de maternités… qui paye au final… vous et moi, les dindons de la farce.

    – Enfin, le Droit de grève est une droit fondamental. Vous qui êtes fils d’ouvrier, eh bien rappelez vous, que vous devez, que nous devons tous, à des générations d’ouvriers qui se sont battus pour améliorer leurs conditions de travail, le droit du travail d’aujourd’hui. Ce droit du travail est jalonné de combats syndicaux, qui ont tiré la société vers le haut. N’oublions pas d’où nous venons pour savoir là où on veut aller.

  3. @ jéjé
    tout d’abord merci pour le coup de pub pour le bistrot !!! :-)))
    une petite nuance sur les propos de Soubie, il ne dit tout de même pas la réforme des régimes spéciaux a pour but de casser les syndicats, mais presque pire : que le gouvernement se sert de cette réforme nécessaire pour casser les syndicats en les faisant passer pour d’infâmes « empêcheurs d’aller bosser ». Et pour y arriver quelle est la tactique du gouvernement (voir l’itw de Soubie dans Les Echos) : refuser de dialoguer avec les syndicats, notamment la CFDT qui a fait de nombreuses propositions, et ainsi les forcer à faire grève… belle vision du dialogue social :-(((

    @ Gemini
    j’ai rien compris à ton salmigondis…
    faut-il conclure de tes propos que tous les 5 ans 45 à 49% des électeurs qui n’ont pas voté pour le président élus doivent ou se taire pendant la durée de son mandat ou quitter la France ???
    étrange vision de la démocratie :-(((

  4. Sur les réformes précises qui sont engagées, il y l’aval du peuple, c’est clair et c’est net. Les salariés des entreprises publiques doivent s’y conformer, car les citoyens sont leurs contributeurs et leurs clients. Ils ont beaucoup de chance pour la plupart d’être en situation de monopoles, pouvant se permettre d’offrir un service déplorable.

    Les syndicats sont eux aussi en situation de monopole, ayant leurs financements assurés par l’Etat, désservant des idéologies d’un autre siècle auxquelles moins de 8% de la population croit comme uniques solutions.

    Qu’il y ait un dialogue de sourds après ça, pas étonnant…

    Notre pays doit changer et il a élu un gars pour ça, que ça vous plaise ou non… tous ceux qui sont contre les éléments de ce projet, a fortiori quand ils ne proposent rien d’autre, sont contre la démocratie…

    Nous verrons ce qui se passera, je regrette que certains aillent au conflit au lieu d’oser changer…

  5. @Jérôme

    Pour l’éducation, le service public, je serai le premier à aller manifester. Pour les régimes spéciaux, ce sera clairement sans moi.

    Je me suis déjà exprimé sur la question.

  6. @ Denis
    d’où l’impérieuse nécessité de ne surtout pas mélanger les deux mouvements au risque d’une cacophonie dont le seul gagnant serait le gouvernement

  7. @ Gemini
    faut arrêter cet argument stupide sur le fait que seuls 8% des salariés sont syndiqués : la CFDT avec ses 800000 adhérents compte à elle seule plus de membres que tous les partis politiques réunis…
    pourtant personne ne remet en cause qu’un parti de 300000 adhérents aient tous les leviers du pouvoir politique…
    et pas la peine de dire que c’est parce que les politiques sont élus et pas les syndicats puisqu’il existe des élections professionnels dans le privé comme dans le public auxquels participent (ou devraient participer) tous les salariés syndiqués ou pas

  8. @Gemini: vous avez une bien mauvaise image du service public.

    Vous avez les moyens de mettre vos enfants (si vous en avez) dans des écoles privées, vous avez les moyens de payer à vos parents ou vos grands parents une maison de retraite privée, vous n’utilisez jamais les services de la Mairie de votre commune, vous n’avez jamais recours aux services de LAPOSTE, d’EDF/GDF, vous n’avez jamais voyagé avec la SNCF? Si c’est le cas, je comprends votre position… elle est due à l’ignorance. Dans le cas contraire, vous n’avez décidément pas de chance avec le service public…. essayez encore, vous verrez que ledit service n’est pas toujours déplorable.

    Bouffer du fonctionnaire ne résoudra rien. Vous savez Gemini, il y a de nombreux fonctionnaires, la très grande majorité d’entre eux, qui se défoncent dans leur boulot pour le seul bien être de la collectivité et ça ça mérite un coup de chapeau non?

    @Denis: Viens manifer avec nous le 20 alors!!!

  9. @Gemini

    Il y a tellement de choses à dire sur votre commentaire.

    Commencons par le début:

    – déni de démocratie.

    La grève est un droit inscrit dans notre contitution. A cet égard (et à de nombreux autres d’ailleurs) il ne constitue pas un « deni » de démocratie, mais en est une expression. Parmis d’autres …

    – taux de validation par la population

    Alors la, je rit. Se faire élire par 53% de vote favorables ne signifie pas imprimatur, chèque en blanc ou je ne sais quoi d’autre. Surtout qu’il s’agirait plutôt de dire que le score de Nicolas Sarkosy ne correspond symétriquement qu’à un autre: 53% des Français ont refusé Ségolène Royal…

    Cela ne donne en rien une justification supplémentaire.

    – Si vous lisiez des médias internationnaux vous vous rendriez compte qu’il n’y a que dans notre microcosme Français qu’on ne veut pas admettre la nécessité du changement

    Merci de votre science, mais malheureusement, nous ne lisons pas les mêmes médias internationaux. Et d’ailleurs, si vous lisiez mieux, vous découvririez dans nos médias nationaux des discours bien plus réalistes qu’idéologiques que le votre. Un exemple? tenez: http://philippe-raviart.net/blogs/a_la_une/archive/2007/09/11/la-france-en-d-clin-le-fantasme-des-conservateurs.aspx

    Je vous invite par ailleurs à venir contredire cet argumentaire point par point. Nous découvrirons alors l’étendue de votre « lecture internationale » …

    – Mais les gens de notre gauche française ne sont pas connus pour leur ouverture d’esprit

    Je pourrais en dire tout autant des gens de droites par ailleurs. Le programme résolument conservateur adopté par Sarkosy n’est ni plus ni moins qu’une copie pâle et conforme de la pensée néo-conservatrice née dans les années 40 aux étts-unis. Mais peut-être ne lisez-vous pas le monde diplomatique pour vous informer ?

    – le peuple ne vous soutiendra pas

    Quel pessimisme. Ou optimisme selon le cas. Et surtout quelle façon de présager de l’avenir !
    Car à présent, les Français durablement endormis par tf1 et consorts ne vont pas tarder à se rendre compte que les réformes engagées font reculer ce fabuleux pays qui est le notre au temps de … l’ancien régime … Si ce n’est déja fait en terme de privilèges par exemple …

    – Si vous n’êtes pas en accord avec un peuple, il faut le quitter, clairement.

    Vous ne faites qu’exprimer ici la logique purement libérale du discours néo-con qui consiste à se déplacer sans cesse vers le lieu ou le profit (individual comme à son habitude) le plus important est réalisable.

    Rhalala … faillite du système éducatif jusqu’ou tu nous mène … :-)

  10. @ Gemini
    53% des français ont voté Sarkozy ok…
    il y avait un programme mais l’argument que nous sert la majorité au pouvoir comme quoi les français ont voté pour un programme c’est bidon. On ne peux pas être en accord avec la totalité d’un programme il y a obligatoirement des points plus critiques. La preuve les magistrats sont dans la rue, pourtant ils ont certainement voté en majorité pour Sarkozy et son programme…

  11. Gemini,
    Quelle ouverture d’esprit, quelle belle image de solidarité et de démocratie vous contribuez à véhiculer!
    Je lis la presse internationale (principalement l’allemande et parfois l’anglaise)Les pays étrangers ne s’esclaffent pas! Pour certains ils admirent même la solidarité et le fait que nous osions manifester notre mécontentement face aux actions menées par notre gouvernement. Angela Merkel laisse régulierement sousentendre ce qu’elle pense de N. Sarkozy, de son omniprésence et de l’omnipotence qu’il aimerait faire sienne!
    La gauche n’a rien contre des réformes menées en bonne intelligence. Quand vous osez nous tancer et parler de « mensonges à saveur pseudo-humaniste » que fait actuellement votre cher Nicolas? Il va voir les marins pêcheurs, leur fait des promesses s’ils reprennent le travail et…rien, du vent, que du vent, il ose promettre des mesures incompatibles voir répréhensibles aux vues des accords communautaires! Si ça n’est pas un mensonge à saveur pseydo-humaniste! « Le gars Sarkozy et ses copains » ne s’attaquent pas aux blocages récurrents, ils en font fi! Ils ne recherchent pas des solutions adaptées! C’est un régime autoritariste mais certainement pas démocratique!
    Le peuple ne soutiendra pas les grèvistes? Peut-être, pour certains mais beaucoup se laissent aussi endormir par les belles paroles et le matraquage médiatique du gouvernement en place! Son omniprésence asphyxie presque toute tentative de penser… Un pays bloqué par « une minorité » vaut certainement mieux qu’un pays aux mains d’un démagogue…
    Les gens n’ont pas élu Sarkozy sur son programme mais sur de belles paroles et de grandes lignes sans fondement réel. Ils l’ont élus grâce à une campagne de communication rondement menée. Il souhaite faire des changements, pardon, il exige des changements mais n’a pas toujours, loin de là, les moyens de les réaliser. Peu importe, il a exigé! Vous osez dire que si on n’est pas d’accord, il faut partir?! Contestataires quittez la France, cette terre de liberté, d’égalité, de fraternité n’est plus un pays où l’on peut, où l’on doit s’exprimer? Mais non Monsieur, je ne suis pas d’accord avec le gouvernement Sarkozy mais je resterais et je le ferai savoir haut et fort! Il n’y a que les lâches qui prennent la fuite… Et ne croyez pas que la vie est meilleure ailleurs, j’ai longtemps vécue hors de France, ce fut un choix délibéré de revenir dans le pays des Droits de l’Homme!
    Partez Monsieur, fuyez si vouys le souhaitez car hélas sous le gouvernement actuel la France connaitra encore nombre de moments difficiles mais la gauche sera là et veillera pour que le peuple français ne devienne pas une marionnette aux mains de Sarkozy!

  12. @Jérôme

    Pour le 20, je travaille du fait d’obligations professionnelles prises de longue date.

    @Philippe

    Assez d’accord avec la fin de votre analyse. Je crois que vous touchez juste dans ce qui nous différencie avec la droite. Cela touche à nos valeurs et à nos personnalités. La segmentation est profonde. Dans votre analyse, je vous trouve d’ailleurs plutôt de gauche. ;+) Ce ne doit pas être facile au Modem d’ailleurs en ce moment. C’est un peu partout pareil d’ailleurs. Ce que je crains par dessus tout, c’est un réveil par la rue.

  13. Déni de démocratie hé bien oui désolé d’appeler un chat un chat, oh je sais bien que le droit de grève est inscrit dans la constitution, mais la validation du peuple Français me parait devoir amener certains à revoir leurs certitudes, la démocratie c’est aussi savoir se conformer à ce que veut la majorité, sans quoi un pays n’est pas gouvernable.
    Pour ce qui est de l’opinion étrangère, je me souviens notamment de ce que Jean Claude Junker, premier ministre luxembourgois, a déclaré à l’occasion de la venue de Nicolas Sarkozy lors d’une réunion des ministres européens: « Nous sommes contents de voir la France s’engager dans une phase de réformes profondes et de substance. C’est une bonne nouvelle pour l’Europe, la France ne sera plus jamais le pays de l’immobilisme ». Ce a le mérite d’être clair ! Je pense que pour qu’un ministre en fonction ose prononcer des mots aussi nets, c’est qu’on le méritait. Après c’est sûr que chez lalibre.be ils n’ont pas la même capacité à appeler un chat un chat.
    Comment m’expliquez vous que l’Allemagne, le Portugal aient allongé leur durée de cotisation, via des régimes de gauche notamment. En France c’est tabou, tout comme il est tabou de parler de la dette que nous avons, dette dont les intérêts représentent le deuxième poste de dépenses de l’Etat, derrière l’education nationale, tout comme il est tabou de nous comparer au moindre pays dans le monde…
    Sur les 53% j’imagine qu’on voit ce qu’on veut voir, au fait si le vote devait se repasser aujourd’hui, ce serait 55%… et les grandes lignes soient disant trompeuses sont devenues des faits.
    De toute façon je ne suis pas là pour défendre le gouvernement, je trouve qu’il ne va pas assez loin dans les réformes, je n’apprécie pas les venues de Sarko sur chaque évènement (mais je constate qu’au moindre problème les gens en appellent à l’Etat papa pour les aider et souvent même directement au président).
    Je n’ai pas du tout aimé qu’on cède aux pécheurs, alors qu’il fallait oser leur dire la vérité, à savoir qu’il y a trop de pécheurs par rapport au nombre de poisson, et qu’il fallait plutôt leur proposer des mesures incitatives pour se reconvertir.
    Pas difficile d’atteindre le nombre d’adhérents tel que la CFDT ou autre, avec l’obligation d’avoir des représentants à partir de 50 salariés. Je suis pour le financement des syndicats par leurs propres moyens et non pas par l’Etat, ainsi ils seront plus proches des préoccupations des gens, ça leur évitera d’avoir le loisir de faire de la propagande d’un autre âge.
    Tiens je vais préciser que j’ai déjà travaillé à EDF, et que je pense qu’il y a la même proportion au moins de fonctionnaires que leurs collègues du privé qui sont sympas et courageux, à part j’ai vu que dans le public, on ne pouvait rien faire contre les fumistes, et que généralement ils se syndiquent et après viennent expliquer comment on doit considérer le travail à leurs collègues.
    Je ne suis pas un expert et mais ça me fait un peu rire que vous utilisiez le terme néo conservateur (le terme ultra-libéral est également malmené) avec les a prioris habituels sans savoir ce que ce terme implique réellement, je ne peux que vous engager à vous informer pour moins de 10€ avec le très abordable « D’où viennent les néo-conservateurs ». Vous éviterez de dire des bétises sur ce terme.

    Les services publics sont pour la plupart médiocres, n’ayant aucun sens du mot « service » ni du mot « client ». Les entreprises privées, devant le fait de pouvoir les perdre, font attention à leurs clients. C’est un fait, je peux vous citer en vrac, ces divers évènements que nombre de personnes subissent au quotidien : les retards à répétition des trains de la SNCF et la RATP, sans aucune information, les files d’attente dans les postes (augmentées par le fait qu’il faille aller chercher chez soi le colis que le facteur n’a parfois pas délivré, se contentant de mettre l’avis de passage dans votre boite aux lettres), la CAF qui vous impose 1 mois de retard dans ses dossiers, EDF je n’en dirai rien car j’ai toujours considéré que c’était le meilleur service public que nous ayons, d’ailleurs le % de personnes ayant changé de fournisseur lors de la libéralisation de la distribution en est une preuve. Mais que dites vous de l’ouverture à la concurrence des télécoms, qui ont boosté l’offre internet en France (ce blog est herbergé sur quoi déjà [oui je sais que vous avez eu des galères avec eux Denis, et vous avez raison de vous facher avec leurs pratiques récentes]), de l’ouverture à la concurrence du transport aérien, du transport naval méditéranéen… Prenez les télécoms belges, qui ont un retard énorme puisque monopole public, avec Belgacom qui possède toutes les lignes.
    Par ailleurs, comment manifestez vous votre mécontentement devant un mauvais service rendu, où est le service clients, le service réclamation, ces concepts apportés par les entreprises privées ? Je suis pour des services publics, mais qu’ils soient mis en concurrence avec des entreprises privées dès que possible (s’ils sont si bons, de quoi auraient-ils peur ?) et pour ceux qui restent, qui ne peuvent être mis en concurrence (mairie, caf, etc…) que la satisfaction client soit mesurée et fortement intégrée dans le circuit de paiement des agents.
    Nous avons été trop chouchoutés en France, trop habitués à la facilité, on s’est engraissé et on est aujourd’hui incapables de la moindre adaptation. Alors, je suis d’accord que le gars qui a été élu n’est pas un adèpte de la vision complexe du monde, mais désolé que vos gars qui soient disant le sont soient si peu pragmatiques, j’imagine que c’est dur de tout avoir d’un coup. Le problème de notre pays c’est qu’il fait les choses à moitié, il faut passer définitivement dans une économie libérale, avec une capacité interventionniste et correctrice d’un Etat puissant, dans tous les domaines de la société.
    En plus ces grèves sont définitivement l’expression d’une frustration (allez je vais être sympa, d’une crainte) devant les réformes que le gouvernement entreprends pas la meilleure façon peut être, mais qu’il a le mérite de faire enfin. Les critiques sont de la propagande (« on va se retrouver avec des Master Coca Cola », à laquelle j’aurais bien rigolé si il n’y avait pas tant d’adeptes) et les propositions alternatives inexistantes. Par-dessus tout, l’opposition du parti socialiste est inaudible, ce qui fait que les extrémistes de gauche vont encore manipuler les foules, et oui après il va y avoir de la casse, morale et physique… c’est triste, tout ça parce qu’on ose pas dire aux gens que le monde echange et qu’il faut changer aussi…

  14.  » il y a trop de pécheurs par rapport au nombre de poisson, et qu’il fallait plutôt leur proposer des mesures incitatives pour se reconvertir. »

    Encore ! Après des décennies de restructurations, de destructions et de non gestion aveugle…
    Surtout pas une forme quelconque de gestion prévisionnelle, hein ?
    Ces cons de poissons qui diparaissent, comprennent rien à l’économie de marché…

    « EDF je n’en dirai rien car j’ai toujours considéré que c’était le meilleur service public que nous ayons, d’ailleurs le % de personnes ayant changé de fournisseur lors de la libéralisation de la distribution en est une preuve. »

    Une preuve qu’il y à des limites à la couillonade…

    « Mais que dites vous de l’ouverture à la concurrence des télécoms, qui ont boosté l’offre internet en France »

    Rendue possible par l’investissement massif en terme de couverture et d’accessibilité sur une période de 25 ans, par l’état, ne vous déplaise…
    Les collectivités locales en sont à financer les zônes à faible densité. Demandez donc pourquoi à FT SA.

    « il faut passer définitivement dans une économie libérale »

    Comme qui par exemple ?
    A ma connaissance, ça n’existe pas encore, sauf dans les rêves humides de certains…

    « Nous avons été trop chouchoutés en France, trop habitués à la facilité, on s’est engraissé et on est aujourd’hui incapables de la moindre adaptation. »

    C’est marrant, à titre personnel, j’ai pas cette impression et généralement, ceux qui parlent comme ça sont assez bien pourvus…

    « les extrémistes de gauche vont encore manipuler les foules »

    C’est vrai que quand on voit le pouvoir de manipulation de l’extrème-gauche, depuis le mois de Mai, ça fait peur..

  15. 1. Il est tout à fait légitime que les gens défendent leur bout de gras, malgré la légitimité de Sarkozy et l’illégitimité actuelle à défendre politiquement les régimes spéciaux de mon point de vue.

    2. Le PS n’a jamais dit qu’il était contre l’allongement de durée de cotisations. Il a dit qu’il fallait moduler selon les secteurs en fonction de la pénibilité. Le patronat n’est pas foutu d’avancer sur cette question. Pour le dialogue social, il faut être deux !

    3. Les meilleurs théoriciens de l’intervention de l’Etat dans le secteur industriel sont les libéraux : théorie du monopole naturel du fait de l’application de la théorie du prix au coût marginal.

    4. La France, on l’aime… avec ses défauts et ses énormes qualités : performance de notre système éducatif, performance de notre système de soins. Il ne faut pas confondre la désorganisation politique volontariste de la droite avec l’infériorité endogène du service public. L’Etat, les collectivités locales et territoriales peuvent être efficaces.

  16. Sur le coup des poissons et des pêcheurs, je n’ai que peu de connaissance sur les volumes critiques, où nous en sommes, et je ne veux pas dire de bétise (vous m’avez l’air bien plus au fait). Mais il me parait simple de constater que l’augmentation du pétrole (par ailleurs un des excellents apports du libéralisme…[je m’expliquerai si vous me le demandez, dit comme ça, ça peut paraître masochiste]) ne fait que mettre en exergue que les pécheurs ont a taquiner les poissons de plus en plus loin pour en ramener de moins en moins… et donc la solution est…reconversion !

    Les coûts d’échelle inhérents à la construction d’une infrastructure sont mieux avalés par une seule entité que plusieurs (ça se prouve mathématiquement), ce point reste évident, qu’elle doive être public dans un premier temps je suis le premier à l’admettre, car personnellement je ne ferais pas confiance à un acteur privé seul (l’eau est un exemple frappant de cette réalité, où l’absence de pression concurrentielle produit des abus [et non pas ‘a bu’] ). Mais une fois le réseau installé, la concurrence fera le plus grand bien aux clients et à assainira le fonctionnement des fournisseurs.

    Pour ce qui est des collectivités locales, je n’y crois pas trop, regardez l’initiative de Free qui propose le 56k gratuitement à ceux qui ne sont pas éligibles en ADSL… par ailleurs si les collectivités locales déboursaient l’ARCEP serait là pour les dédommager.

    Pour FT précisément, c’est bizarre quand même, les mecs ont fait les lignes (ce qui représente la plus grande part du travail d’après ce que vous dites) et n’ont pas été fichu d’innover un chouillat supplémentaire en exploitant l’ADSL dessus bien plus tôt et bien moins cher que ce qu’ils proposent encore ? C’est fou ça, nan ? La preuve que la performance ne nait que lorsqu’on a quelque motivation nan ? Et la concurrence, ça ça oblige à repenser sa façon de fonctionner, et vite ! Vous avez déjà comparé Corsica Ferries et la SNCM, à tous les niveaux, des subventions de l’Etat aux salaires des employés, en passant par le prix d’une traversée ? Vous comptez choisir Air France pour prendre l’avion ? Vous êtes chez FT ?

    Vous m’opposez le libéralisme à l’interventionnisme et c’est une erreur, rien que du point de vue des connaissances sur le sujet, mais je ne peux pas vous blamer car nous ne sommes pas un pays qui a voulu appréhender ces outils convenablement, et surtout pas son aile gauche, jugeant le libéralisme comme inhumain, sans autre forme d’analyse ni de procès. (je dis ça gentiment hein, on en apprend tous les jours et partout, moi le premier, et j’en oublie des trucs…).

    Le libéralisme dans sa logique interventionniste existe grace aux enseignements de l’école de Harvard depuis les années 30, structuraliste, ces libéraux considérant que le monopole génère des sur-profits ou un manque de performance et étant prêts à agir pour modifier la donne.
    Par opposition, il existe un courant de pensée plutôt néo-institutionnel (on peut presque dire ultra libéral), où le but est clairement d’obtenir la performance via le pouvoir de marché, et loù es déséquilibres concurentiels créés sont considérés comme normaux et ne devant pas être corrigés.

    Je suis de ceux qui pensent que parfois il faut une intervention d’acteurs puissants comme les banques centrales et les états, pour donner une direction et rappeler quelques limites. Mais par contre, la plupart du temps, zou, création d’une autorité de régulation vérifiant la libre concurrence et les mêmes facilités d’introduction sur le marché, et on laisse une grande liberté à tous les acteurs (clients+fournisseurs).

    J’espère que me concernant vous n’insinuiez pas des facilités personnelles, je trouve cet argument falacieux et décalé car on peut analyser des choses en étant ou pas concerné, et heureusement d’ailleurs. Et si je devais préciser certains points cela mettrait à mal certaines excuses bidons que la gauche nous sort pour ne pas citer le manque de volonté parmi les facteurs menant au manque de réussite sociale (il restera juste à déterminer si l’on considère la volonté et la confiance dans l’avenir comme innées et inchangeables pour chaque individu ou si on croit qu’on peut les travailler elles aussi).

    Sachez que je cotoie par ailleurs beaucoup de gens de gauche, qui font partie de ce qu’on appelle les bobos, et qu’antant j’éprouve du respect et de l’empathie pour d’autres connaissances qui galèrent, autant la plupart de ces bobos m’écoeurent des facilités qu’ils ont, qu’ils transmettent à leurs enfants, tout en se plaignant constamment et en se considérant comme peu aisés, voire à plaindre… Quand je vois l’univers gaté et ultra-protégé dans lequel ils ont fait grandir leurs enfants, au niveau physique, matériel, je ne les envie même pas, je les plaint. Certains de ces enfants, qui ont grandi, sont aujourd’hui malades pour un rien, allergiques à quantité de choses, se plaignent constamment, ont peur de l’avenir, n’aiment pas leur travail … je suis pas tout le contraire, non, mais j’y travaille et je m’efforce de faire peser les choses sur mes épaules et sur la façon dont je les interprête avant de chercher un refuge, une solution facile…

    Si je veux croire dans les solutions que le libéralisme peut apporter, c’est par profond refus de la fatalité, et par confiance dans le futur et dans le dépassement. Notre pays n’a plus le choix, on ne peut pas jouer dans l’arène mondiale sans savoir en manier les armes. Je refuse que nous soyons un pays aussi faible, autant en déclin. Je veux que nous devenions puissants, et que nos valeurs soient exportables en même temps que notre modèle. Mais pour ça, il faut réformer notre pays… et les réformes engagées vont dans le bon sens, à défaut d’être parfaites…

  17. Mais c’est un véritable cours d’économie auquel nous avons droit la … :-)
    A une nuance près tout de même, c’est que les postulats sur lesquels tout cela repose sont totalement éronés …

    Je passe volontiers sur votre démonstration du public d’abord privé ensuite car on est la en plein capitalisme à la Française: nationalisons les pertes et privatisons les profits.

    Mais ce qui est plus dangereux dans votre discours, c’est la base apostolique sur laquelle elle repose. Nous n’avons plus le choix, il faut faire comme tout le monde, etc …

    Les prétendues « évidences » économiques, utilisées comme argument d’autorité, polluent le débat politique. Elles aboutissent à rejeter certains thèmes hors du champ de la discussion : le protectionnisme, le rôle positif des entreprises publiques ou l’intervention de l’Etat, etc. Enfin elles prétendent s’imposer au-delà des clivages politiques, au nom de leur caractère « objectif ».
    Si ces « évidences » économiques reposaient sur une base scientifique, les contester serait impossible. L’idée ne viendrait à personne de mettre aux voix les lois de la nature. Mais si ces bases se révèlent douteuses, alors le statut qu’elles ont acquis dans le débat relève non seulement de la fraude, mais aussi de l’usurpation antidémocratique : elles sont en effet établies par une minorité (les « experts »), par ailleurs politiquement irresponsable. Si elle prétend à la scientificité, l’étude de l’économie doit être soumise à des règles de vérification et structurée par des pratiques d’argumentation (1). Or la pensée économique néolibérale s’est affranchie de ces contraintes (2).

    (1) je vous invite à relire Bruce J. Caldwell, « Economic methodology : Rationale, foundations, prospects », dans Uskali Mäki, Bo Gustafsson et Christian Knudsen, Rationality, Institutions & Economic Methodology, Routledge, Londres et New York, 1993.

    (2) très bonne lecture également: Daniel M. Hausman, The Inexact and Separate Science of Economics, Cambridge University Press, Cambridge (Royaume-Uni), 1994, en particulier le chapitre 13, « On dogmatism in ectoproctes : The case of preference reversals ».

    La démonstration de votre ignorance serait trop longue et probablement inutile tant vous ressemblez à ces évangélistes du marché libre. Je me contenterai donc de citer Jacques Sapir, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales:

    « Vers la fin du XIXe et au XXe siècle, la théorie de la concurrence se diversifie. Trois écoles apparaissent. La première, qui exerce encore l’influence la plus grande, considère, à la suite de Léon Walras (1834-1910), que ce mécanisme conduit à l’équilibre entre les demandes des uns et les capacités des autres à y répondre. Vilfredo Pareto (1848-1923) a ajouté que cet équilibre économique était aussi, par nature, un équilibre social. Il n’existerait donc qu’une seule et unique réponse aux divers problèmes de l’économie réelle, et la concurrence serait à la fois optimale aux plans économique et social – ce qui clôt tout débat.

    Un deuxième courant de pensée s’est développé en réponse aux divers problèmes que soulevait la théorie walraso-parétienne : celui, qualifié d’« autrichien », au sein duquel on trouve des auteurs comme Ludwig von Mises (1881-1973) et Friedrich von Hayek (1899-1992). Pour eux, la concurrence n’est pas un mécanisme spontané, mais un processus néodarwinien d’élimination des solutions les moins efficaces.

    Enfin, pour une troisième école, la concurrence est avant tout une dynamique d’innovation qui précipite la destruction d’anciennes solutions par l’émergence de nouvelles, plus adaptées. Il n’est plus ici fait référence à un quelconque équilibre : la concurrence est simplement l’instrument d’une révolution permanente des activités, ce que l’on appelle la « destruction créatrice ». Joseph Schumpeter (1883-1950), l’auteur ayant le plus contribué à cette théorie, affiche les mêmes ambitions que les penseurs du XVIIIe siècle. Il s’agit bien de dépolitiser l’économie, de prétendre substituer des « lois » immanentes à l’action consciente et concertée des individus. »

    Dans le droit fil de votre citation: « Notre pays n’a plus le choix » …
    :-)

    Enfin et pour conclure La principale pseudo-évidence que la pensée économique néolibérale met en avant est le rôle fondateur de la concurrence, ce qui lui permet de justifier le primat du libre-échange en macroéconomie, et celui de la flexibilité en microéconomie. C’est pourquoi les néolibéraux ont voulu en faire un principe cardinal du traité constitutionnel européen.

    C’est pourquoi j’ai voté non en 2005, et que je dénonce aujourd’hui le hold-up démocratique dont nous sommes victimes à propos de sa version « simplifiée » …

  18. « Vous m’opposez le libéralisme à l’interventionnisme et c’est une erreur »

    Je n’oppose rien du tout, ce serait trop simple, vos intentions vous honorent, mais j’ai du mal à concevoir que vous adhérez à une forme de libéralisme angélique autrement que par un léger excès d’optimisme.

    Sans remonter aux Lumières, l’école de Harvard dont vous semblez vous inspirer n’a plus l’air d’avoir bonne presse aujourd’hui et semble supplantée par celle de Chicago (le monétarisme, on est en plein dedans), y compris dans l’administration des structures supra-nationales.
    Mais vous savez tout ça mieux que moi…
    A mon avis, les thuriféraires du marché qui sévissent aujourd’hui ne s’embarrassent pas de ce genre de subtilités.

    Foin de rodomontades.

    La pêche: Au train ou vont les choses, il n’y aura ni reconversion ni revenu d’existence, ça sera la casse pour tout le monde.
    Pas grave, on achètera du poisson ailleurs, s’il en reste

    Les télécoms: Je confirme que les collectivités locales suppléent les opérateurs, y compris pour la
    téléphonie mobile.
    Dans ma région, coût sur 4 ans: 6 millions d’euros.
    l’ACERP subventionne ? Ah bon, vous me l’apprenez..

    La concurrence, ok, pas de problème, mais pour intéresser des opérateurs, il a bien fallu investir, non ? Donc, nous avons payé collectivement la capacité d’avoir aujourd’hui le choix des opérateurs et des tarifs.
    Un responsable maintenance de chez Orange (mobile) m’a raconté récemment comment on leur demandé de ne pas trop baisser leurs tarifs portables, afin de ne pas faire trop d’ombre à d’autres…

    Pour le reste, on ne se connait pas, inutile de le prendre pour vous.
    Des gosses malheureux, j’en connais aussi, dont les parents sont autant de droite que de gauche.
    J’arrête là, autant ne pas sombrer dans un misérabilisme à deux balles.

    Le fil de votre discours me semble contenir ce que quelqu’un a appelé la « sanctuarisation du réel », une sorte de lecture verticale des causalités, rationalisant l’ordre des choses et du monde en un corpus immuable.
    D’accord, c’est imbuvable, mais je trouve ça très « moderne »…

    La gauche s’est toujours construite dans l’urgence et le combat, et même si elle doit renoncer à certaines de ses scléroses et de ses chimères, le prix à payer ne peut pas être celui que vous évoquez, la soumission au réel…

  19. Cout énergétique de la grève des transports, vu sur I-Télé le 16/11/2007 dans le magazine « Ca chauffe ! » : :

    40 millions de kilomètres parcourus en plus, soit environ 10 000 tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère.

    Bravo à ceux qui prétendent avoir une meilleure vision du monde !

  20. M’étonnerait pas que le droit de grève soit responsable de l’effet de serre…
    Et puis la vision du monde, avec toutes ces particules en suspension…