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Claude Lévi-Strauss, la fin d’un penseur du XXe siècle

Par      • 6 Nov, 2009 • Catégorie(s): Mémoire  Mémoire    

La disparition de Claude Lévi-Strauss à l’aube de ses 101 ans marque la fin symbolique du structuralisme. Toute son œuvre a cherché à montrer la présence de l’universel dans la diversité des sociétés humaines. Cette prééminence des structures a été très largement contestée par d’autres penseurs et notamment par Cornélius Castoriadis. Là où Lévi-Strauss affirmait que l’évolution des structures dépendait des structures elles-mêmes, Castoriadis a su mettre en avant la capacité de l’homme à auto-instituer la société et la capacité de l’humain à mettre en œuvre un imaginaire créatif autonome. Est-ce l’universel qui nous permet de comprendre l’homme ?

Hegel

Hegel

La deuxième critique que l’on peut adresser à la pensée de Claude Lévi-Strauss est l’importance qu’il accorde au processus dialectique. Or, à l’observation de la société capitaliste, il est difficile d’y voir la moindre expression d’une synthèse effectuée au contact de la diversité que représentent les civilisations dites primitives. L’économie capitaliste est avant tout une machine à broyer dont la technoscience, entité autonome, est le bras armé. Elle agit tel un trou noir sur toute l’histoire des cultures des civilisations humaines ! Où est le processus dialectique cher à Hegel ? L’écologie politique a-t-elle la capacité et surtout le temps de faire émerger une nouvelle synthèse ?

Son grand apport a été de nous montrer la nécessité de l’autre dans le processus d’individuation, là où la modernité nous fait croire à une construction par objectivation utilitariste. En 1984, il s’exprimait en ces termes sur notre monde :

« Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c’est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu’elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l’espèce humaine vit sous une sorte de régime d’empoisonnement interne —-si je puis dire—- et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n’est pas un monde que j’aime »

Aller plus loin pour comprendre la pensée de Lévi-Strauss

NB Je tiens à préciser que j’avais commencé à lire Anthropologie structurale en 1985 et que je n’en ai pas gardé un souvenir impérissable tellement je me sentais éloigné des structures de pensée de l’auteur. Sans doute, aurais-je dû commencer par Tristes tropiques.

Crédit photos : Kazeo, Librairie Monet, Raffiniert

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