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La valeur de l’otage.

Par      • 31 Juil, 2007 • Catégorie(s): Divers  Divers    

Qu’est-ce qui différencie un groupe d’infirmières bulgares otages en Lybie et un groupe d’évangélistes sud-coréens otages en Afghanistan?

Tous deux vivent la même horreur, la même angoisse. Tous deux sentent chaque jour la mort rôder toujours un peu plus près. Tous deux sont aux mains de fous, prêts à tout. Leurs vies sont devenues des monnaies d’échange.

Pourtant ce qui les différencie est fondamental. Ce qui les différencie c’est la valeur de l’otage.

Désormais, on le sait, notre Président nous l’a démontré de manière éclatante : il vaut mieux être otage dans un Pays où il y a du pétrole, où il y a un intérêt économique, des marchés à prendre, des affaires à faire. Bref, il vaut mieux être otage en Libye, qu’en Afghanistan, comme il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade.

Pour s’en convaincre, il suffit de mesurer le zèle que Sarkozy et son clan ont mis à récupérer la libération des infirmières bulgares, à l’aune du silence assourdissant dans lequel la diplomatie française s’est nimbée pour les otages sud-coréens qui meurent chaque jour, victimes de la barbarie des talibans. Le contraste est saisissant!!

Contraste, différence de traitement, qui sont la conséquence d’une politique internationale à géométrie variable. Avec Sarkozy, nous entrons de plein pied dans le concept du « sans-frontiérisme » à la carte. Un réacteur nucléaire à vendre, une concession gazière à récupérer, des marchés pour les copains avionneurs ou bétonneurs… on y va, quitte à pactiser avec le diable, quitte à mettre un mouchoir sur son éthique, quitte à flinguer encore un peu plus les droits de l’homme, que l’on croyait pourtant universels.

Ainsi, pendant que Nicolas Sarkozy s’affichait fièrement avec son nouvel ami, subitement fréquentable, Muhamar Kadhafi, les talibans aiguisaient leurs lames. Au bruit du stylo qui scelle un accord honteux à Tripoli, répondait comme un écho cynique, celui d’une tête sud-coréenne décapitée, qui tombe sur le sol poussiéreux et pauvre, là bas du côté de Kandahar, au coeur de cet Afghanistan qui n’intéresse pas la France…

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2 Réponses »

  1. Un éclairage intéressant sur la realpolitik dont l’un des théoriciens les plus actifs en la matière n’est autre que l’ancien conseiller diplomatique de François Mitterrand et ancien ministre des affaires étrangères de Jospin, Hubert Védrine.

    A la fois, Sarkozy nous la joue décomplexée là où de futurs anciens compagnons de la gauche chipotent encore un peu. La fusion ne tardera pas à s’opérer… soyons-en sûr !

  2. Toute considération politique mise à part, ce qui différencie les otages bulgares des otages coréens c’est, dans le désordre : leur nombre, le but de leur « visite » dans le pays où ils ont été enlevés, leur comportement de mise en danger volontaire ou pas, les risques pour un pays comme la France d’intervenir dans une prise d’otage en Afghanistan et surtout les risques pour les ressortissants français qu’un troc s’installent (ce qui est sans doute trop tard) si la France s’investie trop dans ce type de démarches…
    Mais c’est sans doute un point de vue égoïste et trop concerné….
    Car « la valeur de l’otage » c’est aussi ne pas se cacher derrière 21 coréens pour taper sur l’opposition… Je ne peux malheureusement suivre tout ça de près, mais il y a sûrement bien mieux à faire en France (et dans l’Eure !) pour combattre monsieur Sarkozy…