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Remise en cause de la gratuité… en informatique

Par      • 11 Juil, 2007 • Catégorie(s): Informatique et Internet  Informatique et Internet    

Ces derniers mois, la presse informatique, au titre d’une information qui se veut la plus objective possible, s’est fait volontiers le relais d’une croisade anti-gratuit. J’évoquais hier, dans ce blog, les critiques de plus en plus violentes – et parfois justifiées – à l’encontre de Wikipédia, l’encyclopédie collaborative « gratuite ». La publication du livre de Denis Olivennes, patron de la Fnac, au titre évocateur, La gratuité, c’est le vol ne doit rien au hasard. Elle doit à la nécessité.

Pour Olivier Bomsel, professeur d’économie industrielle à l’école des Mines de Paris et directeur des travaux de recherche sur l’économie numérique au Cerna, le gratuit ne serait qu’un moyen d’atteindre une masse critique. Le modèle économique des SSLL (société de service en logiciel libre) qui semble se développer répond, dans sa grande majorité, à la vision de l’économiste de l’école des mines. Le marché est si prometteur que les tensions et autres crêpages de chignon font les choux gras d’une presse aux aguets. Le logiciel libre est de moins en moins gratuit : il devient un business à part entière. Pour autant, l’exemple qu’il prend en s’appuyant sur la « gratuité » des téléphones portables fournis par les opérateurs français de téléphonie mobile semble difficilement transposable à l’ensemble des développements communautaires en informatique.

Google, la marque la plus connue de la High Tech, se veut aujourd’hui l’apôtre d’une gratuité revendiquée et assumée. Les milliards de dollars de bénéfices accumulés tendraient à prouver que la gratuité n’est qu’un savant outil de communication dont la finalité est avant tout de faire des affaires. Le modèle économique est simple :

  1. tu utilises mon nom, ma marque, mes outils
  2. tu t’y identifes; tu ne jures que par moi
  3. tu achètes mes AdWords (liens commerciaux sur le moteur)!

Bien malgré eux, certains continuent de faire la promotion d’un modèle « Google » qui s’inscrit dans l’ordre marchand du monde.

Les enjeux autour du logiciel libre et gratuit sont, par ailleurs, perçus par les grands éditeurs comme des menaces de position dominante. La réactivité de la logique communautaire en terme de développement contraste singulièrement avec l’apathie des éditeurs commerciaux. Selon certaines sources, la moitié des bogues de Windows Vista serait toujours sans correctif. Les déclarations récentes de Microsoft autour du « vol » par Linux de 235 brevets et le fiasco de Vista sont là pour rappeler toute l’âpreté de la guerre économique. Lorsque Microsoft affirme que le logiciel libre lui a piqué ses idées, comprenez qu’il s’agit de l’inverse. Les idées, un algorithme ne sont pas brevetables. Ils sont libres. Et c’est bien là tout le problème.

L’AFUL vient d’éditer une brochure relative aux modèles économiques qui traversent le logiciel libre. Elle vous permettra, peut-être, de mieux comprendre ce qui s’apparente souvent à une posture dans le meilleur des cas, à une imposture dans la plupart des cas.

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