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Mais à quoi sert Google ?

Par      • 8 Août, 2007 • Catégorie(s): Informatique et Internet  Informatique et Internet    

Google le monopoleOn pourra au moins dire en regardant la blogosphère qu’elle a l’art et la manière de la provocation. Le débat ouvert dans la revue Histoire de l’entreprise sur la question « Google Est-il Dieu » aura eu le mérite de faire parler les plus bavards d’entre nous. Pour Stéphane Sébastien Billard, non sans humour, c’est clair : c’est oui ! D’ailleurs, il fait pire : il le prouve. Le bougre ! ;+)

Sans rire, un chef d’entreprise interviewé dans 01 Informatique avait reconnu recruter de jeunes informaticiens ayant l’esprit Google. A la fois, on ne peut pas dire qu’i cherchait la bête rare vu le taux de pénétration du moteur dans les doigts et les esprits des internautes. Je m’interroge, en revanche, pour la capacité de libre-arbitre de ce Monsieur dont je tairai ici le nom afin qu’il ne reçoive pas une avalanche d’invitations pour mercredi soir.

Plus sérieusement, Google n’est qu’une marque qui s’est constituée et aussi instituée en tant que moteur. La grande nouveauté avec Internet est que l’outil institue l’imaginaire social-historique à l’échelle planétaire. Voici venu le temps des insignifiances !

Google… le dieu du business

Google est avant tout une entreprise commerciale, aux bénéfices records du fait notamment de la vente d’adwords ou liens sponsorisés : 1 milliard de dollars de bénéfice pour 3.66 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Paradoxe : l’action baisse faute de bénéfices jugés insuffisants. Il faut dire que l’éditeur du moteur a embauché quelques 1500 collaborateurs de plus. Ces taux de profitabilité sont loin d’être virtuels. Ils permettent à Google de renforcer sa position dominante en laissant peu de place à l’innovation réelle. L’inflation fonctionnelle autour des services Google, dans ce contexte, semble bien dérisoire : 20 Mo pour vos pièces jointes dans Gmail… qui dit mieux ? L’entreprise d’Eric Schmidt en profite pour renforcer sa présence en Europe, Asie, aux Etats-Unis dans l’Iowa et la Caroline du Sud.

Google… le dieu de la consommation électrique

Fort de rachats d’éditeurs, Google propose désormais un ensemble d’applications en mode hébergé. Avec Google Apps, vous n’avez plus besoin de logiciels installés sur votre machine. Tout cela est au prix d’une débauche énergétique sans précédent. Les Data Centers se multiplient, se sur-ajoutant à la consommation électrique de vos propres ordinateurs. Google Est aujourd’hui le premier consommateur de serveurs Au monde au point où il envisage aujourd’hui de produire ses propres puces. Conscient des coûts liés à l’énergie, l’éditeur du moteur le plus consommé au monde communique et se rallie au WWF. Vu l’augmentation des coûts de l’électricité le plus souvent indexés à ceux des énergies fossiles, rien ne doit au hasard ! Même Apple s’y met. ;+)

Google… le dieu cannibal de la recherche

Fort de ses bénéfices, de ses rachats, de ses serveurs, de ses applications dont le degré d’innovation reste à mesurer, Google cannibalise le Web. Tout converge. Au mois d’avril 2007 en France, les sites Google ont drainé plus de 17 millions d’internautes français. Microsoft arrive 2nd avec plus de 16 millions. En part de marché, toujours en France, Google représente près de 90% de la recherche. Pour le blog de Brionne 27, 95% au mois d’août. Qui dit mieux ? 100% ? Aux Etats-Unis, en juin 2007, Google parvient à 50% des requêtes effectuées dans les moteurs. Les oracles de la « science infromatique » toujours prompts à analyser les fientes de poule estiment la part de marché de l’éditeur à 90% en 2017 aux Etats-Unis. Certains de ses oracles seront très certainement déjà morts. Conscients des limites de Dieu (qui n’en a pas), les internautes n’auraient pas confiance dans les résultats de recherche fournis par les moteurs. L’opacité autour de la formule du ranking qui permet de positionner les sites dans les index de recherche n’est pas là pour rassurer. La volonté d’indexation totale et en temps réel, même si elle est un leurre, fait que Google est de plus en plus bruyant au point où la hiérarchisation et la pertinence deviennent de plus en plus difficile malgré la qualité des algorithmes développés et utilisés par Google.

Google… le dieu aux pieds d’argile

A juste titre, la position dominante de l’éditeur du moteur le plus consulté au monde interpelle les responsables de l’Union Européenne. Google ne respecterait pas les directives européennes en matière de conservation de données privées. Google serait prêt, nous dit-on, à passer cette durée de conservation de 24 à 18 mois. Ouahhh ! Peter Fleischer, directeur en charge de la vie privée chez Google, a demandé à L’UE de se mêler de ce qui la regardait. Mieux, le moteur propose d’enregistrer votre historique. La grenouille voudrait-elle se faire plus gros que le boeuf ? En Allemagne, c’est la marque Gmail qui fait l’objet d’un différent sérieux au point où Google est sur le point de retirer son service Gmail. Le gouvernement allemand souhaite légiférer sur la question du stockage des données privées. Les états européens ne sont-ils pas tenus de garantir les conditions d’une concurrence libre et non faussée ?

Après les controverses autour de l’illégalité de la numérisation des œuvres littéraires françaises, Google doit se confronter aux agences et journaux de presse de différents pays. En Belgique, CopiePresse est parvenu à interdire à Google d’indexer le contenu de la presse belge francophone et germanophone au travers de son service Google actualités. Google fait appel. Dans cette affaire, c’est bien Google qui semble être le plus embarrassé. Comment fournir de l’information sans en indexer sa source ? Le principe même du moteur de recherche est tué dans l’œuf. La volonté de l’éditeur de sortir du bourbier belge est plus que symbolique. Il traduit la très grande fragilité d’une entreprise qui se veut dominante. Google… un colosse aux pieds d’argile ? Les belges pourraient constituer une brèche dans laquelle de nombreux pays risquent de s’engouffrer.

Polythéisme ou athéisme

Bien que le nombre de technologies ne se soit pas légion, de « nombreuses » solutions alternatives à Google existent :

Le bruit retourné par les moteurs (résultats non désirés) est en train de croître en même temps que se renforce la capacité d’indexation des moteurs. Ils sont victimes de leur propre performance. Du coup, la question de leur pertinence est clairement posée. Ne faut-il pas utiliser d’autres outils tels que les métamoteurs ou bien les moteurs de flux rss (Wikio, WasaLive ou Paperblog) ou bien les sites d’information collaborative (scoopéo, digg, …) ? Toujours, est-il qu’il est grand temps en la matière d’exercer son libre arbitre afin que Dieu meure une nouvelle fois !

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4 Réponses »

  1. à force de vouloir tout faire, il se pourrait que a masse critique soit atteinte ….

    comme le dit le proverbe : qui tro embrasse mal étreint

  2. Corrigé. Merci.

  3. Heureux que mon billet vous ait fait sourire :) Par contre mon pérnom est Sébastien, et non Stéphane. Pour une raison qui reste mystérieuse, beaucoup de gens font la confusion :)

  4. Mille excuses et bravo pour votre blog.

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