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Dématérialisation et impact environnemental.

Par      • 30 Juil, 2011 • Catégorie(s): Informatique et Internet  Informatique et Internet    

A priori, le terme dématérialisation sous entend un allègement de l’impact de nos pratiques courantes liées aux nouvelles technologies sur l’environnement.

 

 

Mais allègement ne signifie pas impact nul !

En effet, un nouveau rapport réalisé par l’ADEME évalue l’impact écologique des pratiques les plus courantes liées aux nouvelles technologies. Et le résultat mérite qu’on s’y arrête un instant…

Aujourd’hui, les Technologies de l’Information et de la Communication – TIC –  font parties de nos vies personnelles et professionnelles. L’ADEME rappelle que « Ces nouvelles pratiques ont un potentiel de développement important, et leur impact environnemental devient aujourd’hui un enjeu capital« . Elle a ainsi effectué des analyses de cycle de vie sur trois pratiques très courantes des TIC : le courrier électronique, la recherche sur Internet et l’utilisation de clé USB.

L’utilisation du courrier électronique

En moyenne, en 2009, dans le monde, 247 milliards d’e-mails ont été envoyés par jour.
Selon l’ADEME, chaque collaborateur d’une entreprise française de 100 personnes reçoit en moyenne par jour 58 e-mails et en envoie  33. Ce qui entraîne des émissions de gaz à effet de serre puisqu’ils nécessitent des serveurs informatiques, des réseaux et de l’électricité. Ces envois, sur la base de 220 jours ouvrés par an, représentent 13,6 tonnes équivalent CO2 émises.

L’empreinte carbone des e-mails dépend de plusieurs éléments : le temps de lecture à l’écran, le poids des pièces jointes, le nombre de destinataires, l’impression papier, ou encore le stockage sur serveur informatique. L’e-mail le plus écologique est celui vraiment indispensable – entre collègues ça ne l’est pas toujours, vive les vraies relations humaines – qui ne comporte pas de pièces jointes, envoyé à peu de destinataires, qui ne sera pas imprimé et qui sera rapidement détruit.

Toujours selon l’ADEME, diminuer de 10 % le taux d’impression des e-mails reçus par les employés d’une entreprise de 100 personnes permet d’économiser 5 tonnes équivalent CO2 sur un an et diminuer de 10 % la proportion d’envoi de courriels de 10 Mo au sein du même type d’entreprise permet un gain de 8 tonnes équivalent CO2 sur un an. Pas négligeable…

Les requêtes effectuée sur Internet

En moyenne un internaute français effectue  2,6 recherches sur Internet par jour, ce qui représente 949 recherches par an et 9,9 kg équivalent CO2. Si on estime qu’il y a 29 millions d’internautes en France, les émissions de gaz à effet de serre représentent 287 600 tonnes équivalent CO2 par an.

Pour réduire l’impact écologique d’une recherche sur Internet, il faut réduire le nombre de pages consultées en utilisant des mots clés précis lors d’une recherche via un moteur de recherche – afin d’atteindre plus rapidement le site souhaité – saisir directement l’adresse dans la barre de navigation lorsque que l’on connaît un site Internet et privilégier une recherche via « Mes favoris » ceci permet d’éviter le passage par le moteur de recherche, gourmand en énergie. Ces simples usages permettent un gain de 5 kg équivalent CO2 par an.

En outre,  plus la durée de vie de l’ordinateur est longue, plus les impacts de production et de sa fin de vie sont amortis. Donc, en passant de 4 ans à 7 ans d’utilisation, les impacts environnementaux d’une requête Web classique sont réduits d’environ 20 à 35 %. Allonger la durée de vie de son ordinateur de 3 ans évite l’émission de 2,3 kg équivalent CO2 par an.

L’utilisation de supports de transmission de documents de type clés USB

Là non plus l’impact sur l’environnement n’est pas nul. En effet, dans le cas des clés USB distribuées, ces supports sont souvent abandonnés et sont pourtant fabriqués avec des composants électroniques. De surcroît, la lecture nécessite l’utilisation d’un ordinateur pendant un temps relativement long dans le cas d’une lecture complète qui représente 10h pour 200 pages. Donc dans le cas d’un lecture complète, mieux vaut régler son imprimante par défaut en mode noir et blanc, recto/verso et 2 pages par face, ce qui permet de diviser par 3 les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, si le temps de lecture n’excède pas 2 à 3 minutes par page, la lecture à l’écran a moins d’impact sur le potentiel de réchauffement climatique que l’impression.

Il apparaît ainsi plus judicieux de partager des documents sur un site Internet dédié au partage de fichiers que de distribuer des clés USB.

Conseils de bon sens à ne pas négliger :

  • réduire le nombre de destinataires des e-mails ;
  • nettoyer régulièrement sa messagerie électronique ;
  • éviter d’imprimer systématiquement chaque document ;
  • optimiser ses recherches sur Internet ;
  • à l’achat, choisir de préférence un ordinateur certifié par l’écolabel européen ou Energy Star ;
  • faire durer autant que possible ses équipements ;
  • être attentif à la fin de vie de son ordinateur, c’est un déchet électronique ;
  • éviter de distribuer systématiquement des clés USB de type publicitaire.

 

Crédit photos : Techno-Science.net ; Naturemania.

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