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Mariage à la Pyrrhus : l’APVF dit oui à Microsoft !

Par      • 11 Juin, 2008 • Catégorie(s): Informatique et Internet  Informatique et Internet    

Après Delanoë et Collomb pour les grandes villes de France, c’est au tour des « petits maires » de nous faire la démonstration de leur méconnaissance – voire de leur incompétence notoire – en matière d’usage des nouvelles technologies. L’APVF (Association des Petites Villes de France) vient de signer un accord avec Microsoft France. Cet accord s’inscrit dans la stratégie d’encerclement pratiquée par la firme de Redmond autour des collectivités locales françaises.

Faut-il y voir un signe de conservatisme, de beaufitude,de je m’en foutisme ou de cette nouvelle culture du résultat… médiatique ? Sans doute. A vrai dire, je n’en sais rien. Toujours est-il que Martin Malvy, Président Socialiste de l’association, aurait été bien inspiré de consulter sur cette question ! Avec Vista, Microsoft vient de signer l’un des pires systèmes d’exploitation qu’il ait été possible d’imaginer. L’exigence de ce nouveau système en terme de processeur, de mémoire et carte graphique fait que vous n’aurez d’autre choix que de remplacer votre matériel vieux de 2 ans ! L’informatique de Microsoft est parfaitement incompatible avec la logique du développement durable. Même si vous changez votre machine, vous constaterez que votre nouvelle acquisition reste désespérement prostrée face à vos clics rendus de plus en plus nerveux par une impatience débordante. Vista est un système catatonique.

Alors, voir des socialistes se prêter au jeu de la danse du ventre face à Microsoft est purement et simplement scandaleux. Rien – mais rien – ne les empêchait de faire le choix du logiciel libre et de Linux. Ce choix exige du courage, de la clarté et de la créativité. Ca ne vous rappelle rien. Derrière ce choix, c’est le choix du développement d’une filière française. C’est le choix de l’emploi. C’est le choix d’un modèle d’indépendance technologique.

Parfois, j’ai mal d’appartenir à un parti où des hommes se fourvoient à ce point sans que personne ne réagisse. Oyé, oyé, dormez en paix, braves socialistes !

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8 Réponses »

  1. Denis, franchement, tu es étonné ?

  2. Etonné, non. Ecoeuré de tant d’insignifiance, oui.

  3. Même si ça ne change pas grand-chose, on se console comme on peut :

    http://www.pcinpact.com/actu/news/44090-Open-XML-appel-bloquent-standardisation.htm

  4. Denis, je connais votre interêt pour les systèmes libres, mais j’apporterais volontiers une pièce supplémentaire à la reflexion en évoquant le coût global.
    L’imperméabilité de l’utilisateur final face à des systèmes aussi complexes que Linux (même si j’accorde bien volontiers que de gros efforts sont faits …) rend l’acquisition de ces systèmes gratuits parfois plus couteux en terme de maintenance. Car il faut pour les installer, les completer ou les dépanner des spécialistes qui n’hésitent pas à faire exploser les tarifs. Normal, ils sont hyper-spécialisés et … rares …
    Un technicien linux coute combien de nos jours ? 600/700€ / Jour ?

    De rares études, pas forcément indépendantes je l’accorde, font état d’un coût de possession (Cost of OwnerShip) bien plus élevé pour ces produits, alors qu’ils ne coutent rien à l’origine …

    Je pense que de nombreux acteurs du monde de l’informatique, tout autant que ceux qui détiennent les clés des finances publiques ne sont pas, à ce sujet, des ignorants. Et les choix qu’ils font sont probablement beaucoup plus logiques qu’il ne nous paraît … au premier abord…

  5. C’est l’argument retourné par les détracteurs du libre. ;+)

    C’est la massification de l’utilisation d’un système qui le rend peu onéreux. Les responsables des collectivités ont le devoir de mettre leurs actes en perspective. Qu’ils fassent le choix de Madame Michu n’a rien à voir avecla prospective. Il a à voir au mieux avec l’électoralisme.

    Vous connaissez le concept de protection de l’industrie naissante cher à Maurice Allais. On peut aussi parler de discrimination positive.

    Je ne prêche pas pour ma chapelle. Je pense que le logiciel libre est un nouveau modèle économique qu’il convient de favoriser pour les raisons que j’ai invoquées. Je pourrai en ajouter une : l’innovation bloquée aujourd’hui par les brevets. Bien peu de personnes le comprennent. D’ailleurs, le cherchent-elles ? Heureusement au Ps, nous avons Michel Rocard ! ;+)

  6. Je pense aussi que c’est un nouveau modèle de développement écconomique souhaitable.
    D’autant plus que cela fournit des emplois NON délocalisables …

  7. Pour un certain nombre de professions libérales, et en particulier dans le domaine médical, on trouve beaucoup de contrats d’informatisation professionels, le plus souvent pluriannuels, datant du grand boom de la carte Vitale.
    Fourniture de matériels et accessoires à des prix approchant le double de leur valeur réelle, installation et maintenance de logiciels contractuellement obligatoires et exclusifs, le plus souvent des BDD dont le moteur date de Mathusalem, avec une interface à peine relookée et leur cortège de mises à jour annuelles (en général, des fonctions accessoires non implémentées au départ, et présentées comme indispensables).

    Le plus surprenant est la naÏveté ingénue de cette clientèle captive vis-à-vis de ces sociétés dont l’existence semble assurée par une certaine perméabilité à un discours aussi flagorneur que pseudo-élitiste.
    Il est vrai que le plantureux gueuleton annuel offert contribue à faire passer le montant du chèque.

    Dans ces conditions, le Cost of Owner Ship devient un concept qui n’a même plus lieu de rentrer en ligne de compte, puisque, in fine, la charge financière repose entièrement sur la collectivité.

  8. j’imagine que tant que personne ne fera l’effort de se plonger dans le libre ca restera toujours aussi couteux.
    Il fut un temps ou les informaticiens était rares, puis l’abondance du matériel à provoqué l’apparition de personnels plus ou moin compétent. Là c’était l’occasion de faire baisser les enchères. Aujourd’hui dans toute formation d’admin réseau qui se respecte il y a une partie equivalente LINUX vu en parallele.

    Pourquoi aujourd’hui se refuse t’on le libre uniquement en se basant sur des préjugés arhchaïques tenaces , fabriqués par des intellects aux conclusions dirigées, auquels il est arrangeant de s’accrocher par pure fainéantise et peur d’avoir a tout réapprendre( je vous rassure aujourd’hui un utilisateur lambda pourrait passer de XP à Linux sans problème avec un peu de bonne volonté). Alors oui, il faut preparer le terrain, et faire appels a création de formations spécifiques. Oui il y a des chances pour que le début soit perturbant. Mais n’avez vous pas été perturbé du passage de XP à VISTA ? et tenté de revenir en arrière avec le viel interface ?.

    Le MAP prépare le terrain, plus de suite office, que du libre avec OpenOffice.

    A ce point là j’ai beaucoup de mal a trouver une excuse pour la rareté de personnes compétentes surtout aujourd’hui avec les nouvelles générations. Tout ca c’est une orientation a court terme de non action choisi.

    Et si les décisions sont prisent sur des études « plus ou moins pas vraiment du tout indépendante » (comme celles des comités régionaux pour les déchets par exemple) Je trouve tout a fait logique l’issue des négociations. Je n’ai pas dit que c’était approuvable a long terme.

    Si le libre n’est pas dans nos assiète c’est qu’il gène le pouvoir des multinationales sur le podium. Et je tremble a l’idée de trouver des tomates pas fraiches dans notre panier.