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Grève des internes : Le Serment d’hyppocrite.

Par      • 16 Oct, 2007 • Catégorie(s): Divers  Divers    

« Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. »

Tels sont les mots (entre autres) que l’on trouve dans le serment originel d’Hippocrate. Ce fameux serment que tout médecin prononce à l’issue de l’obtention de sa thèse. Hippocrate, celui dont les mots sont affichés dans tous les cabinets médicaux. Hippocrate, ce guide, ce père, à qui l’on aime tant contester l’autorité morale. En effet, car ses antiques paroles, que l’on dit de déontologie, sont aujourd’hui et plus que jamais, remises en cause.

Has been Hippocrate? Sans nul doute au regard du mouvement de grève illimité des internes en médecine. Une grève des internes, tiens donc, c’est pas banal. Mais qu’est-ce qui peut bien les pousser à une telle extrèmité? La remise en cause de la liberté d’installation, mon bon monsieur. Tout simplement.

Ce principe (qu’Hippocrate ignorait d’ailleurs) permet aux médecins de s’installer là où ils veulent. Sans restriction, ni quota, sans règle, ni condition. La sacro sainte liberté d’installation a de fait, créé une France sanitaire à deux vitesses. Avec d’un côté les territoires ruraux, peu peuplés, peu attractifs, et en général peu ensoleillés, qui n’intéressent guère les internes. Et de l’autre côté, les territoires rentables, où la clientèle vieillissante et fortunée, vient chez le médecin comme on achète une baguette de pain, et où les (nombreux) médecins prospèrent.

Le trait est forcé. Mais la réalité est cruelle. Il suffit de regarder la situation dans notre Département de l’Eure, pour se rendre compte de l’étendu de la crise sanitaire que nous traversons. Des heures d’attente, des diagnostics éclairs, des patients traités comme du bétail… Hippocrate où es-tu?

Un de remèdes à cette crise, c’est d’obliger les internes en médecine à servir quelque temps dans des territoires mal soignés. Qu’est-ce qu’il ne faut pas dire là… l’interne français est sensible « Et mon fric alors? Manquerait plus que j’aille me faire chier à soigner des bouseux pour gagner des clopinettes. En plus y’a même pas de golf et d’activités pour occuper ma femme. « 

Pour les internes, point de salut en dehors de la côté d’Azur. Qu’on se le dise, les autres, n’ont qu’à habiter ailleurs… ou mourir. C’est le serment d’hyppocrite.

Hippocrate, quant à lui, doit se retourner dans sa tombe. Lui qui érigeait comme principe les mots suivants : « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. »
Un temps que les jeunes de 20 ans ne peuvent pas connaître… bienvenue dans la France d’aujourd’hui.

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21 Réponses »

  1. Mon medecin , qui arrete d’éxercer avant la fin de l’année, a trouvé par chance une remplaçante à son cabinet. Il me disait que c’est le premier medecin depuis trois ans à venir s’installer dans le département de l’Eure. Serions-nous obligés d’allez habiter le sud du pays?

  2. Ca ne serait pas pour déplaire. ;+)

  3. Bon, bien je remise mon premier article, qui devait traiter du même sujet. je partage bien sûr l’article de Jérôme.
    Bonsoir.

  4. Plus sérieusement… l’invocation du principe de liberté en santé, comme dans d’autres domaines, n’est pas toujours compatible avec les deux autres principes de la République : fraternité et égalité.

    Ne serait-ce pas notre rôle à nous Socialistes de rappeler la nécessité de l’équilibre entre ces trois principes ?

  5. Ah qu’il est facile de prendre des raccourcis quand on est manipulés par les medias…
    Vous brandissez la liberté d’installation mais le probleme est tout autre; dans 5ans quand nous-étudiants en medecine- arriverons sur le marché du travail, nous ne seront pas assez nombreux pour pallier a la pénurie de medecins (départs à la retraite / numerus clausus…). Deux solutions s’offriront à nous : s’installer là où on nous l’impose & etre le seul medecin conventionné ou s’installer en zone sois-disant sur-médicalisée (chose qui n’existera plus du fait de la penurie à venir)et etre déconventionné par la sécu. Deux conséquences : des files d’attente & délais à l’anglaise chez les medecins dont les consultations seront remboursées (medecins conventionnés) & pour les gens aisés la possibilité d’aller consulter à leurs frais un medecin conventionné dans les deux jours… La voila votre medecine a deux vitesses!
    Nous n’avons pas oublié le serment d’Hippocrate, et c’est bien ce qui nous motive : avoir la possibilité de soigner tout le monde, qu’importe leurs revenus (& non pas s’en mettre plein les poches). Tous les moyens sont bons pour diminuer les depenses du gouvernement, le deconventionnement en est un.
    Pensez aussi aux conditions de travail du medecin seul en campagne : pas de laboratoire, de radios, des gardes à n’en plus finir : donc une medecine au rabais.
    Les internes passent plus de temps a prendre soin de vous à l’Hopital qu’à jouer au golf.

  6. Faute de frappe & souci de connection: a la ligne 8 comprenez « medecins déconventionnés » (càd consultation non remboursée)

  7. quelques éléments de réponse à Emma, Marjorie et Sophie:

    – La pénurie que vous annoncez est un leurre dans les zones rentables et une réalité dans les zones rurales. Ici dans l’Eure nous vivons au quotidien la pénurie de médecins, les soins nous sont déjà prodigués au rabais. Quant au manque de médecins, il est en effet dû au numérus clausus. Mais qui l’a imposé ce numérus clausus, si ce n’est les médecins eux mêmes. Tout cela pour défendre le privilège de se gaver sur le dos des patients. Dénoncez vos pairs d’abord, remettez en cause l’autorité des fameux mandarins, bref faites d’abord le ménage chez vous, après on verra.

    – La médecine à deux vitesses que vous dénoncez (à juste titre) existe elle aussi déjà. Ce n’est pas une nouveauté, avec l’essor de la médecine privé, le développement des assurances maladies privées, les franchises médicales… Dans le même temps, on laisse mourir l’Hôpital public. Où sont les responsabilités?

    – Quant au médecin de campagne, sa médecine est loin d’être une médecine au rabais. Mais sur ce seul dernier argument on sent que vous n’êtes pas prêt à en devenir un… vous voulez tuer ce qui reste de la médecine rurale, sur la base de faux arguments, de faux problèmes… oui décidément, vous êtes déconnectés de la réalité sanitaire… et je me demande bien qui est manipulé.

  8. http://www.mjsfrance.org/article.php3?id_article=1049

  9. Dans le Calvados, certaines communes payent les études en médecine d’étudiants qui en échange signent un contrat selon lequel ils s’installeront pendant 5 ou 10 ans dans ladite commune.
    C’est pas mal comme idée, ça a l’air de fonctionner et les étudiants que j’ai vus avaient l’air d’être à la fois heureux et soulagés : études payées et poste à la clé, que demande le peuple !?

  10. Du pain et des idées.

    Hélas… pour l’heure, ce serait plutôt des augmentations de salaire ! ;+)

  11. @Emma, Marjorie, & Sophie

    Le Mjs n’est pas l’instance qui fixe la doctrine au Parti Socialiste. Notre blog n’est pas non plus la parole officielle. D’ailleurs, ne cherchez pas ! Nous n’avons plus. La cacophonie est devenue la règle.

    Maintenant, sur le fond, Jérôme a raison . Et je crois que vous le savez… hélas.

    Merci en tout cas de votre présence et cette discussion « passionnante »

  12. il faut vivre avec la réalité socio économique du XXI siècle et pourquoi cela ne serait-il pas applicable aux médecins?
    moi je dis oui a l’obligation d’installation la ou il y a des manques de médecins et ce pour une meillieure qualité de soins.et je trouve normal qu’un médecin qui a eu ses huit ans d’etudes payés pas la sociétée rende pendant 3 ans à cette même société les soins que sont en droit d’attendre les malades dans les villages. et 3 ans ce n’est pas la mort, et combien de corporation font comme cela, les infirmaière par exemple, la police, les pompiers et j’en passe.
    alors ne dramatisez pas, ah c’est vrais que 10 consulation en milieu rural rapportent moins que 40 en ville !!!!!

  13. Mon cher Jérôme :

    Quelques observations pour éclairer votre lanterne (qui en a manifestement grand et urgent besoin !!) :
    – Opposer rentabilité et exercice en milieu attractif et ensoleillé est une contre-vérité : si on prend l’exemple du Nord – Pas de Calais, où les besoins sanitaires sont probablement encore plus importants que dans l’Eure, pour des raisons sur lesquelles je ne vous ferai pas l’insulte de revenir, eh bien c’est dans cette région souriante et ensoleillée que les revenus des médecins libéraux sont les plus élevés, notamment en milieu rural. Quand on est le seul d’un petit coin de verdure, on travaille énormément, et on gagne très bien sa vie. S’il s’agissait d’un strict problème d’argent, aucune campagne ne serait délaissée…

    – Qui a imposé le numerus clausus ? Pas les médecins, les pouvoirs publics. A l’époque, les facultés de médecine étaient fort courues, les promotion de la fin des 60’s et du début des 70’s sont plus que conséquentes. Cela posait un problème de formation, et le dogme administratif de l’époque (qui a perduré jusqu’au milieu des années 90) stipulait que réduire le nombre de médecins allait réduire la facture des soins (comme si l’évolution des pratiques, de la démographie de la population y était totalement étrangères). Les médecins eux mêmes ? C’est faux. Les syndicats et le Conseil de l’Ordre ont à l’époque considéré que réduire la concurrence pouvait être un calcul judicieux et ne se sont pas trop battus sur la question, tout au plus.

    – Pourriez-vous m’expliquer ce que votre petit laïus sur les « mandarins » vient faire ici ? J’ai bien l’impression que dès que vous abordez le sujet médecins, un certain nombre de notions déboulent, sans que le rapport avec le débat soit bien clair…

    – Sur la question de la médecine à deux vitesses : vous savez, il faut être un peu réaliste. Pour les 5 à 10 prochaines années, le solde des effectifs de médecins va être le suivant : retraites, 15000/an ; sortie des facs de médecine : 3500/an. Actuellement, la situation est critique pour 0,6 % de la population, problématique pour 3,5 % environ (source : rapport Berland, 2004). En perdant plus de 10000 médecins chaque année, ce n’est pas ces mesures démagogiques qui vont régler les problèmes des campagnes !! Un médecin fraîchement émoulu a derrière lui 10 à 12 ans d’études ; elle (car 70 % des carabins sont des carabines) a passé 3 années à travailler à mi-temps à l’hôpital pour moins de 200 euros par mois, puis 4 à 5 ans 70 à 90 heures pour 1300 euros mensuels ; elle vit dans une ville universitaire depuis plus de 10 ans. Elle a probablement un conjoint, pas forcément médecin, peut-être des enfants, et de toute façon des amis, une vie, tout simplement. Elle devrait aller vivre là où l’Etat a fermé écoles, gares, hôpitaux de proximité, postes, tribunaux, là où les commerçants ont disparu, après avoir déjà tant donné à l’hôpital public ? Et elle les fait garder comment, ses enfants, pendant ses 80 heures de boulot ? Elle les scolarise comment quand ils grandissent ? Elle se nourrit comment s’il n’y a pas de commerce ouvert jusqu’à 21 ou 22 heures ?
    On lui refuse le conventionnement, que va-t-elle faire ? Travailler en tant que salariée dans un hôpital, une société pharmaceutique, ne pas exercer, effectuer des remplacements ad vitam eternam (pas de frais d’installation, ca bosse 15 jours par mois, où on veut, quand on veut, vu la pénurie !). Ou, comme tous ses petits camarades, elle va s’installer où bon lui semble, non conventionnée, libre de fixer le tarif de consultation, qui sera intégralement à la charge de ses patients.
    Et le brave habitant du milieu rural, qui pensait que Notre Président (viendez au Groland !)a pris une décision pleine de courage et de bon sens, n’aura pas plus de médecin qu’avant près de chez lui. Et en plus de devoir se déplacer, il devra aussi payer de sa poche. Qui est le gagnant de ces courageuses réformes ? Le médecin qui prend 150 euros la consultation, vit très bien en travaillant moins ? Ou le patient qui vient de faire des arbitrages financiers potentiellement douloureux pour se soigner ? Parce que quand on a mal, un cancer, que son gamin a 40°, on ne réfléchit tout à fait de la même façon que quand on va acheter un lecteur de DVD… Ou peut-être l’assureur privé, ne croyez-vous pas ?

    – Quant à votre sortie sur l’unique argument de médecine au rabais, elle transpire le désespoir de pouvoir s’acharner sur le moindre tout petit os à ronger. Oui, un médecin qui est de garde 1 nuit sur 3 ne fait pas une médecine optimale. Oui, un médecin qui travaille 80 heures/semaine ne peut humainement avoir la totale faculté de concentration nécessaire à son métier. Oui, la médecine purement clinique est probablement un peu derrière nous, et chaque médecin généraliste rural ou non a besoin au moins de temps
    à autres de l’aide d’un confrère radiologue, biologiste, ou d’une autre spécialité. Nul mépris des ruraux et de leurs médecins là-dedans.

    – Enfin, pour apporter mon écot au débat sur qui détient la vérité et qui est manipulé, je ne pourrais que vous inviter à lire le rapport Berland, que vous trouverez sur le site du ministère de la santé et ailleurs, de lire le résultat des mesures coercitives mises en place au Québec dans ce dossier d’un journal local (http://www.canoe.com/infos/dossiers/archives/2006/11/20061108-212950.html), et de lire ce rapport de l’IRDES (http://www.irdes.fr/Publications/Qes/Qes116.pdf), qui est pourtant une émanation du CREDOC, et est financé à 80 % par la CNAM et la Mutualité Française (soit les chantres les plus zélés de la coercition à l’installation). Vous verrez que la question est complexe, et que les mesures les plus efficaces ne sont pas forcément les plus spectaculaires.

    J’aurai peut-être un peu plus l’impression d’être dans un lieu de débat informé, et un peu moins celle d’être au milieu de la rangée des blancs-lime au Balto !

  14. @Jean-Baptiste

    Oui la question est complexe ! Mais, je vous rassure. Ici, ce n’est pas le café du commerce. Comme vous, je suis travailleur non salarié, travailleur indépendant et par ailleurs je suis chef d’entreprise.

    Contrairement à mon activité, vous exercez dans un domaine très particulier qui repose essentiellement sur le financement public. Il faut arrêter d’être hypocrite. La logique d’un prescripteur privé dans le domaine de la santé (clinique, médecin) est-elle toujours compatible avec l’intérêt général ? Et puis, le financement de la protection sociale ne doit-il pas amener des contre-parties ? Vous avez le choix de ne pas être conventionné.

    Le discours que vous tenez me semble sur le fond assez proche de celui des agriculteurs. Nous travaillons dur. Mais qui ne travaille pas dur dans ce pays aujourd’hui ? Nous prenons des risques. Lesquels lorsque le financement est public ? Donc laissez-nous faire ce que nous voulons.

    L’équation n’est pas soluble dans l’invocation exclusive du principe de liberté. Non ? C’est, je crois, ce que nous avons essayé de dire. Les professions libérales, les indépendants, les commerçants, les artisans, les chefs d’entreprise ne sont pas des ennemis de classe. Nous avons abandonné, nous socialistes, ce concept En 1920. Je crois qu’il ne doit pas y avoir d’ambiguïté dans nos propos. Il s’agit là de parler intérêt général avant tout.

    Merci de votre présence, de votre contribution et des liens sur cet espace.

  15. @Jean-Baptiste:
    Je n’utiliserais pas le même ton que vous… après tout on ne se connait pas… le minimum est de se respecter.

    Je ne répondrais pas non plus point par point, car mes positions sont connues ici.

    En revanche, je constate qu’à aucun moment vous ne vous mettez à la place du patient. Savez-vous ce que c’est que d’attendre des heures dans un cabinet plein à craquer avec un bébé qui pleure? Savez-vous ce que c’est de faire 40 kilomètres en pleine campagne pour trouver le médecin de garde le week end? Savez vous ce que c’est de devoir attendre plusieurs mois pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste?

    Manifestement vous ne connaissez rien à notre situation sanitaire. Connaissez vous JJ HUBERT, le Maire de La Ferrière/Risle, qui faisait la sortie de la fac de médecine de Rouen, déguisé en homme sandwich pour faire venir un médecin chez lui? Savez-vous que cet homme, dont le combat a été assez médiatisé, a fait construire aux frais de la commune un cabinet flambant neuf, allant jusqu’à proposer de verser son indemnité de Maire au 1er médecin venant s’installer chez lui. Rien. Pas de médecin.

    Quelles solutions avez-vous. Que répondre à la détresse de ces gens qui ont le droit d’être soigné décemment?

    Bien sûr le problème est complexe. Mais ce n’est pas parce qu’il est complexe qu’il faut le fuir et ne pas regarder l’horreur sanitaire en face.

    Une dernière chose: imaginez un seul instant que les profs et instituteurs aient la liberté d’installation. Que diriez vous? Merde je n’ai personne pour faire la classe à mes enfants…

    Au fait j’adore le café du commerce… c’est un milieu de vérité… aux antipodes du vôtre.

  16. et pour mémoire le département de l’Eure est le 92ème département en termes de démographie médicale !

  17. une chose est sure, le système anglais est le pire de tous, il ne faudrait pas en venir là, alors plutot que de donner des milliard aux patrons pour soulager leurs finances il faudrait mieux financer le système de la sécu et une médecine pour tous, nous étions en 3 ème position en terme de système sociale, à quel rang sommes nous actuellement?

  18. @Denis Szalkowski :

    Je pense que votre description du circuit financier est partiellement exacte. Certes, l’Assurance-Maladie assure la solvabilisation de notre patientèle ; mais le circuit exact est le suivant :
    1°/Les patients cotisent.
    2°/Les patients ont recours aux professionnels de santé, les paient.
    3°/L’Assurance-Maladie rembourse les patients.
    Vu comme ça, on se rend compte que le bénéficiaire de ce système est avant tout le patient. Voyez la situation aux USA : les médecins y vivent bien, bien mieux qu’ici, mais on ne peut pas en dire autant des patients (Cf. Sicko, même si le trait de la caricature est parfois lourd).

    Oui, les agriculteurs, et beaucoup d’autres d’ailleurs, travaillent dur pour des clopinettes. Mais les médecins sont rémunérés pour leurs services, ils ne travaillent pas pour produire un service qui ne vaut rien sur le marché (même si dans le cas des agriculteurs c’est d’une injustice sans nom).

    Pour ce qui concerne la question de la liberté, je pense qu’au fond nous sommes d’accord. Le discours des internes ne peut être réduit à la seule défense à tout crin de la liberté d’installation : il est justement fait de la proposition d’une série de mesures qui seront de nature à améliorer les choses.

    @Jérôme Pasco :
    Mon ton, quoique virulent, a été jugé assez respecteux pour passer l’étape de la modération. C’est un premier point.

    Vous soulignez ensuite les difficultés des patients et me citez le combat manifestement courageux d’un élu local, qui a fait ce qui était dans ses possibilités pour régler le problème de ses administrés. Sur le constat, nous sommes d’accord. Mais je le répète, s’il ne s’agissait que d’une question d’argent, les zones dépeuplées seraient pourvues depuis longtemps. Si vous voulez connaître les propositions des internes, je vous propose de vous rendre sur les sites des internes (ISNIH et ISNAR-IMG) et des jeunes médecins (ISNCCA), ou de lire le rapport Berland que vous trouverez facilement, entre autres sur le site du Ministère de la Santé.

    Comme cela survient régulièrement, vous imaginez pertinent de m’opposer la situation des enseignants. Je vous répondrai tout d’abord que les infrastructures scolaires en milieu rural ne sont pas légion. Et ont été fermées. D’autre part, les médecins ne travaillent pas leurs 18 heures d’intervention au cabinet à leur domicile, prennent un peu moins de vacances. Ils ont fait un choix d’orientation courageux pour éviter une fac « soit prof, soit chômiste ». Les enseignants n’investissent aucun frais dans leur outil de travail, et leur situation matrimoniale est prise en compte dans leur affectation. Les enseignants, contrairement aux étudiants et internes, n’ont pas travaillé 3 ans comme externes (mi-temps, 200 euros mensuels) puis 3 à 5 ans comme internes (70-90 heures hebdomadaires pour 1300 euros), le tout pour le plus grand bien du service public, qui se justifie en promettant des jours meilleurs au terme de l’épreuve.

    Dernier point : vous adorez le Café du Commerce, et ca se voit. La sagesse telle qu’elle y est pratiquée au a un nom : le poujadisme.

  19. @jean-Baptiste: vos certitudes et vos convictions vous honorent… mais vous aveuglent aussi. Si nous sommes d’accord sur le constat, et c’est le minimum d’intelligence que de le reconnaitre, je ne venais ici que dénoncer la grève des internes.

    Une grève injustifiée, parce que les craintes des internes n’étaient pas fondées. Une grève injuste aussi car si être interne c’est la « galère », au bout du tunnel c’est l’eldorado… un eldorado que vous défendez avec un corporatisme et un autisme extraordinaire.

    Ceci dit je vais lire les sources que vous citez… même si j’en connais déjà les grandes lignes et notamment l’hyppocrisie qui les caractérise.

    Enfin si être poujadiste, c’est défendre la ruralité, le quotidien de millions de gens qui souffrent de la crise sanitaire, si être poujadiste c’est dénoncer la casse du service public de la santé et sa privatisation rampante, si être poujadiste c’est vouloir plus de proximité, d’égalité et de solidarité dans les soins, alors OUI je suis poujadiste… mais à mon avis vous n’en connaisez ni le sens, ni la définition…

    Peut être devriez vous venir plus souvent au café du commerce, prendre une bonne leçon d’humilité, d’humanité et de vérité.

  20. L’eldorado, si on veut… On peut appeler ca la juste récompense d’une somme d’efforts et de renoncements. Mais je pense que nos points de vue ne seront définitivement pas conciliables.

    Lisez-donc. Je ne pourrais pas vous jeter la pierre de ne pas prendre pour argent comptant un discours syndical, aussi vous conseillerais-je plus volontiers de lire les documents indiqués dans mon premier commentaire, qui n’émanent pas de nos organisations.

    Vos spéculations sur ma connaissance du poujadisme méritent à peine d’être relevées ; si j’en juge d’après la façon dont vous orthographiez opiniâtrement « hypocrite », j’espère que les vôtres sont plus solides que vos connaissances en orthographe !

    Le mouvement des jeunes médecins, étudiants en médecine et en pharmacie, orthophonistes, orthoptistes, kinésithérapeutes n’est en rien dirigé contre le mode de vie rural, propose des solutions efficaces pour que des soins de qualité soient proposés à tous, dans le cadre de la sécurité sociale.
    Etre poujadiste, c’est proposer des solutions simplistes et inefficaces pour régler un problème réel, mais complexe.

    Quand aux leçons quotidienne d’humilité, d’humanité et de vérité, pas besoin de café de commerce : j’ai ma salle de consultation.
    Mais si vous persistez à passer tant de temps au café du commerce, vous allez vous y retrouver plus tôt que vous le croyez !

  21. @Jean-Baptiste: votre fiel, votre mépris, votre froideur, votre petite vue sur votre petit monde n’auront échappé à personne… je souris quand même en voyant à quel point vous vous vautrez dans la provocation gratuite, nanti de votre savoir que vous considérez comme supérieur… forcément supérieur.

    vos commentaires n’ont rien à envier au café du commerce, celui là même que vous détestez tant… en vous relisant, on croirait pourtant entendre un bon vieux pilier aigri et seul.

    J’arrête ici de vous répondre… car tout cela est stérile… ce débat, le PS le mettra de nouveau sur la table lors des prochaines échéances électorales… avec la ferme intention de défendre les valeurs que j’ai ici défendues et que vous n’avez jamais remises en cause.

    bon vent…