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1 nouvelle proposition: Spécialisons le baccalauréat

Par      • 23 Août, 2006 • Catégorie(s): Divers  Divers    

Ne serait-il pas préférable de réduire le nombre de matières présentées au baccalauréat tout en conservant le même nombre d’heures de cours.
Cela permettrait, selon moi, à améliorer l’insertion professionnelle (car « aujourd’hui avec le bac t’as plus rien »), la réussite à l’université (près de 45 % des étudiants ne terminent pas leurs études) et les enseignants auront la certitude de finir le programme voire de l’étoffer légèrement dans les matières principales. 
Je ne renie pas l’intérêt de certaines matières, mais lorsque l’on choisit une filière que nous reste-t-il des enseignements qui ont été « bachotés » soit en raison d’un faible coefficient, soit par manque d’intérêt au regard des études supérieures envisagées ( nombre de bulletins trimestriels font état d’une certaine sélection des matières)
La logique française est tout à fait louable à la base : diffuser au plus grand nombre une culture très généraliste censée former du mieux possible l’individu.
Mais alors pourquoi ne pas enseigner les premières bases du droit, de la médecine, une 3ème langue étrangère obligatoire. Il y a tant de champs de connaissances qui peuvent devenir tout à fait légitime.
Alors bien sur, certains réussissent très bien avec le système actuel. Mais combien d’autres s’en accommodent mal.
Idem pour les professeurs. Quelles sensations ont-ils devant un auditoire passif écoutant par politesse en attendant la délivrance de la sonnerie ?
Alors présentons ne serait-ce qu’une matière ou deux de moins au bac afin d’être plus à l’aise dans des domaines sur lesquels l’on est amené de toute façon à se spécialiser.
Une consultation des syndicats enseignants, lycéens et des fédérations de parents d’élèves sur le sujet serait certainement très intéressante.
Parmi les pistes de réflexion envisageables, rendons optionnelle la matière qui serait à priori la moins étudiée à l’université ou dans les autres formations post-bac (les coefficients fournissent déjà un indice).
Un exemple : pour un bac S, la philosophie pourrait être rendue optionnelle et les heures dégagées réemployées en heures de mathématiques ou de physique. Toujours pour la même série, on pourrait envisager de présenter l’épreuve d’histoire géographie en classe de 1ère comme pour celle de français. Le programme de lycée serait allégé et ce que l’on étudie aujourd’hui en 3 ans le serait en 2 ans.
Ce principe peut s’appliquer pour toutes les séries du bac.
A noter que chez la plupart de nos voisins européens, seules 5 à 7 matières sont présentées au baccalauréat ou son équivalent.
Voici quelques exemples :
En Allemagne, l’Abitur porte sur quatre matières. Chacun de ces trois groupes de matières (langues, littérature, arts ; sciences sociales ; mathématiques, sciences, technologie) doit être représenté à l’examen. Il s’agit d’épreuves écrites et orales dans trois matières, et uniquement d’une épreuve orale dans la quatrième.
Aux Pays Bas, l’examen terminal du VWO porte sur sept disciplines au moins dont obligatoirement le néerlandais et une langue étrangère
Au Royaume Uni, le certificate of education advanced level (GCE A level), équivalent du baccalauréat est un examen très spécialisé puisque le candidat présente en général trois matières (éventuellement quatre) qu’il a choisies lui-même lors de son inscription et auxquelles il s’est exclusivement consacré pendant les deux années de préparation à l’examen. Certains dénoncent une spécialisation excessive et précoce qui fait l’objet de nombreuses critiques : on reproche notamment aux A levels de restreindre la culture générale des élèves. De plus, nombreux sont ceux qui choisissent des matières réputées plus faciles, comme l’anglais, l’histoire ou l’économie, plutôt que les matières scientifiques, plus rigoureuses.
Enfin, la Finlande, considérée comme un modèle en terme d’éducation, où l’examen national porte sur quatre matières obligatoires et sur différentes matières facultatives dont le nombre n’est pas limité. Les matières obligatoires sont : la langue maternelle (finnois, suédois ou lapon), la seconde langue nationale (suédois ou finnois), une langue étrangère et, soit les mathématiques, soit une épreuve mixte.

En France, 7 à 8 matières sont généralement obligatoires.
Je ne crois pas à une telle prolifération d’autant que le niveau de connaissances de nos lycéens français est relativement moyen comparativement aux autres élèves sur le plan européen. Il y a plusieurs études sur ce sujet, peut être que des membres du corps enseignant sont plus à même d’en tirer la part du faux et du vrai
 

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Une Réponse »

  1. De mon point de vue, ton billet aborde trois thèmes différents les uns des autres.

    Quelle école voulons-nous ? Sur cette question, je pense que les filières généralistes n’ont pas à être aménagés de façon à accueillir le plus grand nombre. L’organisation du système scolaire doit chercher prioritairement à éviter l’échec au plus grand nombre. Cela passe avant tout par la nécessaire valorisation des filières techniques. Pour être électricien aujourd’hui, je ne pense pas qu’un jeune puisse se contenter d’un Cap, voir d’un Bep. D’autres secteurs qui accueillaient des « manuels » sont aujourd’hui fortement capitalistiques : les machines, les instruments s’appuyant sur de la haute-technologie sont omni-présentes dans tous les corps de métier. Je crois qu’il faut dissocier la question de la durée des études de leurs finalités. La tendance est très souvent à la simplification et à l’amalgame en assimilant le choix de métiers manuels à des études courtes. Le bac pour tous reste de ce point de vue un objectif. Le bac généraliste pour tous est un contre-sens ! Pire, il n’est pas souhaitable.

    Faut-il réorganiser le second cycle ? Sans doute. Je ne suis pas, personnellement, favorable à la suppression pure et simple de matières qui permettent de comprendre le monde. La scientisation de notre environnement ne doit pas amener à renoncer à sa compréhension. Pour autant, l’idée que tu évoques mérite qu’on s’y arrête. Oui, il faut sans doute aménager les enseignements sur deux, voire trois ans. L’autre question qui est intimmement liée est la question de l’évaluation. Pourquoi vouloir évaluer la quasi-totalité des enseignements sur une seule année ? Pourquoi ne pas intégrer les processus d’évaluation sous forme de contrôle continue ou de partiels ? La réorganisation du second cycle dépend du mode d’évaluation des enseignements.

    Comment éviter l’échec ? Tu évoques, là-encore, la question de l’échec dans l’enseignement supérieur. J’ai proposé, lors des débats autour du projet, sans grand succès d’ailleurs, de proposer un parcours universitaire en alternance au niveau du 1er cycle. La réforme LMD a considérablement amélioré la valeur professionnelle de l’enseignement universitaire sans chercher à réformer les deux années où l’échec est le plus important. Le 1er cycle est un sas, voir une nasse.

    Quelle école voulons-nous ? Pour quel citoyen ?