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Zelda : de l’amour à la folie.

Par      • 9 Juin, 2012 • Catégorie(s): Culture  Culture    

Zelda et F. Scott FitzgeraldZelda et F. Scott Fitzgerald, formaient l’un des couples les plus « glamours » des années folles. Couple qui s’est délité dans les excès de l’entre deux guerres.

Zelda était une femme moderne, qui s’est usée, dans son combat pour se réaliser et pour dominer sa vie. En effet, sa lutte fut ardente pour affirmer son existence, au sein de son couple mythique.

F. Scott Fitzgerald disait d’elle : « J’ai épousé un tourbillon, une tornade« . Et très tôt, il y eut une fissure essentielle de son processus mental, aux conséquences tragiques… Leur amour passionné tourna vite à la souffrance, quelque chose se cristallisa dans leurs personnalités, un rêve de bonheur et les prémices d’un cauchemar !

Une petite révoltée

Zelda Sayre est née en 1900, dans une famille du Sud, c’était la dernière de sa fratrie. Sa mère en était presque « amoureuse ». Ce personnage incroyable vivait avec des regrets de ne pas avoir su exister au sein de sa famille, autrement que comme une mère et une épouse. Très tôt Zelda eut un fort caractère, sa mère lui laissa une grande liberté et elle devint un véritable casse-cou. Zelda se permettait tout. Elle voulait surpasser les garçons, puis les hommes. Sa mère, regardant sa fille vivre, y voyait un renouveau d’elle-même. Elle vivait à travers elle…

Zelda était une petite révoltée, puis une femme très admirée, dans ce Sud traditionnel. Elle multipliait les provocations, y compris sexuelles. Elle symbolisait la « garçonne » ! Elle écoutait du jazz, elle espérait se réaliser d’une autre façon que ses ancêtres. Son désir d’indépendance et de nouveauté lui était chevillé au corps.

La rencontre

Zelda et Scott se rencontrèrent, se fiancèrent, rompirent puis se marièrent. Elle avait 17 ans, il en avait à peine 20. Ils étaient tous deux ambitieux, avec la même volonté de se dépasser, de ne pas épouser la trajectoire annoncée. Ils bravèrent leur destin ! Très vite ils menèrent une vie désordonnée et très amusante. Ils incarnaient à merveille la génération de l’entre deux guerres. Ils voulaient s’amuser avant tout. Leur devise était de vivre rapidement, de mourir jeune et de présenter un beau cadavre ! Ce qu’ils auront presque réussi…

Dans la littérature « pionnière » de l’époque, les écrits de F. Scott Fitzgerald dénotaient. Ils montraient la naissance de l’individu, ce qui intéressait également Zelda.

Scott traînait aussi des névroses, il buvait quotidiennement des litres d’alcool. La folie de l’un, attirait la folie de l’autre… Il y avait entre eux une part de soleil et une part de ténèbres. Tomber amoureux n’est-ce pas deux inconscients qui s’épousent autant que deux consciences ?

Leur vie

Ils recherchaient une façon de changer la vie. Ils cherchaient à inventer autre chose ! Ils ont fui l’Amérique de la prohibition vers l’Europe.  Zelda supportait mal de vivre dans l’ombre de Scott qui l’empêchait d’écrire. Alors Zelda s’essaya à la danse, jusqu’à l’obsession. Scott faisait d’elle le personnage central de ses romans. Mais Zelda n’était pas qu’une femme libre, elle souffrait de troubles mentaux…

Après son premier internement, elle décida de ne plus laisser la primeur de l’art littéraire à son époux et se lança dans l’écriture. C’est ainsi qu’elle écrivit Accordez-moi cette valse, qui retranscrit son amour pour Scott. Il y raconta « Elle aimait tant cet homme, elle se sentait tellement proche de lui que sa vision en était déformée, comme si elle avait pressé son nez sur un miroir en essayant de se regarder dans ses propres yeux. (…) elle se sentait toute petite et extatique. » Zelda voulait exister, dans le monde, mais aussi aux yeux de celui qu’elle aimait.

La prévisible chute

L’alcoolisme de l’un, la folie de l’autre, leur amour et leur haine se répondaient. Scott vécut très mal le fait que Zelda ait osé écrire ! Et parler d’eux ! Ce que lui faisait pourtant depuis le début. Il en avait le droit, pas elle… Alors, comme pour essuyer cet affront, il écrivit Tendre est la nuit.

Zelda a été diagnostiquée comme schizophrène. Comme beaucoup de personnes atteintes de cette maladie et qui l’acceptent, elle reconnaissait les signes et allait d’elle-même se faire hospitaliser quand elle sentait qu’elle perdait pied. Le couple se déchira… de plus en plus. Zelda expliqua « Je ne peux plus m’entendre avec mon mari, et je ne peux pas vivre sans lui. Il faut donc que je m’arrache de petits morceaux de moi-même jusqu’à n’être plus rien. » et c’est doucement, ce qu’il arriva…

Triste fin…

Les amoureux maudits s’éloignèrent. Scott mourut en 1940, d’avoir trop bu. Zelda mourut en 1948… brûlée vive ! Sa mère l’avait nommée ainsi en référence à l’héroïne du roman La Salamandre, ce petit animal censé traverser le feu sans se brûler. Le feu l’entoura toute sa vie, certains de ses prétendants moururent brûlés par le feu dans des accidents, elle en déclara un dans sa maison, puis il y eut celui, fatal, de l’hôpital psychiatrique où elle termina sa vie chaotique.

Zelda était une femme, une muse, une artiste, une folle peut-être, mais c’était surtout un être exceptionnel qui mérite que l’on se souvienne qu’elle a bel et bien existé !

Pour finir, elle écrivit, selon moi, la plus belle des déclarations que l’on puisse faire à un homme : « J’ai été mise au monde pour toi, c’est une évidence – comme si tu avais passé commande de moi – et je viens de t’être livrée pour que tu me portes – et je veux que tu me portes devant le monde entier, comme on porte une montre ou une paire de boutons de manchettes« .

Crédit photos : Evene.

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