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Dans l’imaginaire, au sens lacanien du terme !

Par      • 25 Sep, 2011 • Catégorie(s): Philosophie  Philosophie    

Denis Podalydès – l’acteur qui incarne Sarkozy dans le film La Conquête – était l’invité vendredi après-midi de François Busnel de 17 h 00 à 18 h 00 sur France Inter. Empêtré dans des explications improbables, il sortit de son chapeau cette phrase qui vaut son pesant d’or : « Je vis dans l’imaginaire au sens lacanien du terme. » Un instant, j’ai même cru que Denis Podalydès s’était réincarné en Jean-Claude Van Damme.

L’appendice lacanien

Le 26 août sur France Culture, Michel Onfray nous fit une brillante démonstration sur la genèse de l’imposture chamanique lacanienne.

Plutôt que de partir du clinique pour aller vers le concept, Lacan construit des concepts  une glossolalie autour de 789 néologismes pour expliquer ce qu’il voyait de sa propre réalité. Jacques Lacan profita très opportunément de mai 1968 pour pouvoir exister. Les étudiants maoïstes devaient ignorer que Lacan venait de l’extrême-droite française. Dans les années 1970, ce qu’il écrit est totalement incompréhensible. Althusser révélera que lui-aussi n’y comprenait rien. Du coup, ses livres se vendent bien.

Le succès de Jacques Lacan tient avant tout de ses relectures et interprétations de Platon,  de Sade, de Kant, d’Hegel, d’Heidegger que personne n’a jamais réussi à comprendre, de Lévi-Strauss pour y construire un ensemble de références intimidantes envoyées dans la tête pleine de vide de ses interlocuteurs. Par là-même, Lacan instituait, sur le modèle d’un fonctionnement sectaire, une relation dominant-dominé avec ses « interlocuteurs ».

Dans son récit « Une saison chez Lacan« , Pierre Rey nous raconte ses 10 années d’analyse avec Jacques Lacan. Pierre Rey qui sait parler le lacanien explique l’inconscient en ses termes : « Quoi du sien, lorsqu’on sait qu’en cette dialectique figée dans la définition dans le non agir, il tient la place du mort où la vie même se dérobe ? » Vous pourrez la relire 100 fois. Cette phrase ne veut évidemment strictement rien dire. Pierre Rey parlait couramment le lacanien, comme d’autres parlent le heideggerien. Le lacanisme propose un méthode héritée du surréalisme, du calembour, de l’écriture automatique et du jeu dit du  cadavre exquis, pulvérisant ainsi toutes les bases de la méthodologie rationnelle.

Avec Lacan, nul besoin de démontrer ! La vérité de l’inconscient se construit dans le délire et la numérologie. Dans une pièce de théâtre, Pierre Rey met en scène une  serveuse de bar analphabète qui  joue régulièrement au tiercé rêvant d’une combinaison particulière,  le 4-4-9. 15-18 mois plus tôt, l’enfant de la serveuse fait un caca sur un manteau neuf. Ca-ca-neuf donne donc 4-4-9. « Bon Dieu, mais c’est bien sûr« , aurait dit l’inspecteur Bourrel !

Grâce à Michel Onfray, j’ai compris toute la profondeur de la phrase de Denis Podalydès. Je vous recommande de  prendre 1 heure de votre temps pour écouter cette conférence magistrale et joyeuse de l’université populaire de Caen.

Denis Podalydès Jean-Claude Van Damme est-il neutral ?

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4 Réponses »

  1. En effet, la phrase aurait mérité de figurer au tableau d’honneur de mes modernœuds ! Sont trop forts, ces acteurs…

  2. C’est amusant quand j’ai lu la phrase j’ai pensé à ce cher docteur Thomas Diafoirus ! bon c’est pas en latin mais c’est pareil cela donne l’illusion de faire partie d’une élite d’initiés et devant les filles cela doit en jeter :-)

  3. @Yann

    A la fois, devant les filles, faut pas trop en jeter ! ;+)

  4. Magnifique !

    Van Damme est, comme le disait Salvadore Dali, « un génie total ».

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