La voix militante de citoyens d'ici et d'ailleurs

Mort du livre et des libraires

Par      • 12 Sep, 2013 • Catégorie(s): Littérature  Littérature    

Librairie à vendre

Si il existait une saison des livres en France, nous serions en plein dedans, la rentrée littéraire battant son plein. Non que j’affectionne cet événement plutôt mercantile, mais c’est une mauvaise excuse, pas meilleure qu’une autre, pour aborder un sujet dont le débat en France m’irrite toujours : « la mort du livre et des libraires« .

Ce débat me met en boule car, la plupart du temps, :

  • l’aspect affectif prend le dessus sur tout raisonnement logique ;
  • ceux qui en parlent ne connaissent qu’une partie de la problématique et se vautrent dans le conservatisme le plus crétin ;
  • l’aspect culturel est complètement mélangé avec l’aspect économique ;
  • le tout est teinté d’un anti-américanisme et de nationalisme aviaire assez déplaisant.

Voici donc comment je vois le débat, une fois l’avoir lavé des tares précédemment citées…

Est-ce que le livre électronique c’est mieux que le vrai livre ? Il est évident que chaque format a ses avantages. Il faut aussi bien comprendre que ce que propose Amazon & co., c’est à dire des livres bourrés de limitations (DRM). Ce n’est là qu’une déclinaison de ce qu’est le livre électronique. Dans tous les cas, le débat est du niveau « cinéma vs. télévision » : on sait déjà lequel va avoir le plus de succès.

Est-ce que le marché du livre électronique va dominer le marcher du livre physique ? On est bien parti pour et il y a de bonne raisons pour cela :  produire un livre électronique (je ne parle pas du contenu) ne coûte pour ainsi dire rien… ce qui est tout de même un avantage économique. Dans tous les cas, le marché décidera ; rien ne sert de se lamenter sur tel ou tel scénario.

Est-ce que les livres vont disparaître ? La vente de livre est un commerce, si il y a un (potentiel de) marché, il y aura une offre. Il n’y a donc a priori pas de raisons de s’inquiéter. Surtout que je n’envisage pas la disparition complète des amoureux du livre. L’histoire a montré aussi que, le plus souvent, les nouveaux médias ne remplaçaient pas les anciens, mais les complétaient.

Est-ce que la chute du livre signifie la fin de la littérature ? Non, les modes de consommation, le format, changent ; mais les contenus restent. Les nouveaux modes de distributions/contenants influenceront forcément la forme, et c’est une perspective passionnante. Cependant, l’écriture, plus que jamais, reste au centre de nos sociétés « modernes ». Si il y a un danger, il ne vient pas du livre électronique, mais de la vidéo ; l’on sait cela depuis les années 80…

Est-ce que les libraires, en particulier les petits vont disparaître ? Si il y a un marché du livre, il y aura des libraires. Si les libraires de quartier ne sont pas en mesure de créer une valeur ajoutée par rapport à Amazon et co., alors « oui » ils disparaîtront. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux ne sont même pas en mesure d’offrir un catalogue et une commande en ligne ; j’ai tendance à penser que c’est donc assez mal engagé. Dans tous les cas, le marché va se rétrécir en volume, ceux qui survivront seront donc aussi ceux qui se seront diversifiés ou spécialisés.

Comment vont vivre les auteurs s’ils ne vendent plus de livres ? Premièrement, extrêmement peu d’auteurs vivent uniquement de leurs productions. Deuxièmement, il va probablement rester un résidu de marché du livre physique. Ensuite, il y a le marché du livre électronique ; même si personnellement je pense qu’il a pour vocation de tendre vers zéro en terme financier (on ne peut pas vendre un truc qui ne coûte rien à reproduire). Mais tout cela sera, je le pense, insuffisant. Il faudra donc avoir un financement indirect, et de préférence hors-marché, de type licence globale ou encore mécénat global.

Tout cela pour dire qu’ il faut arrêter de se lamenter ! Il faut s’adapter au nouveau paradigme numérique et élaborer de nouvelles solutions. Les perspectives sont là et prometteuses.

Voie Militante Voie Militante

Tags :

Une Réponse »

  1. le problème du livre électronique, c’est qu’il est virtuel. Pas de touché possible. le livre tel quel sera toujours dans nos vie….enfin espérons-le. Pour les générations futures afin qu’elles ne croient ni au fait que le poisson pané soit une race existante et que le livre ne soit pas l’émanation d’une pensée électronique !

Laisser une Réponse

*