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Les instituts de sondage continuent à nous divertir.

Par      • 16 Août, 2011 • Catégorie(s): Sarkozy  Sarkozy    

Si vous aviez pu au cours des derniers mois douter des capacités prévisionnelles de Météo France qui nous prédisait la canicule pour cet été, ce n’est rien par rapport aux résultats obtenus par nos trayeuses sondagières nationales.

Harris et CSA ont tenu à mesurer la confiance des Français dans l’action de notre actuel président de la République, Sarkoléon Ier. Et, Ô surprise, les résultats sont à la hauteur de notre foi indéfectible dans nos nouveaux experts du grand tout et surtout du grand rien. Pour Harris, si Nicolas Sarkozy obtient 24% d’opinion favorable les 3 et 4 août, son Altesse  Sérénissime grimpe à 36% chez CSA les 9 et 10 août. Les marges d’erreur indiquées sont de à 3.1% !

Eh oui, tout est dans l’art de poser la question.

Question Harris : « Faites-vous confiance ou pas confiance au président de la République, Nicolas SARKOZY, pour mener une politique qui réponde à vos attentes ? »

Question CSA : « Faites-vous confiance ou pas confiance au président de la République, Nicolas SARKOZY, pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays ?

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12 Réponses »

  1. Je ne comprends pas votre démonstration… Puisque l’écart s’explique par la façon dont les questions sont posées, où se trouve la supercherie ? Par ailleurs, après vérification, le calcul de la marge d’erreur est bien le bon (il dépend du nombre d’interviewés et du pourcentage obtenu à la question observée).

    Que conclure de cet article si ce n’est qu’aucun chiffre n’est truqué ? A la lumière de tout cela, où se trouve le divertissement ?

    Peut-être allez vous répéter que « tout est dans l’art de poser la question ». Euh, et bien oui… Le choix des mots influe sur les taux de réponse obtenus. Vous enfoncez des portes ouvertes, d’ailleurs. Il serait quand même pas très sérieux de s’atteler à l’analyse d’un sondage sans tenir compte de la tournure des questions.

  2. @Sondage

    C’est vrai que ces questions sont radicalement différentes.

    1. Par qui ont été commandé ces études ?
    2. Qui dirigent ces instituts ?

    Je ne m’étonne pas qu’un professionnel de ces trayeuses d’opinions passagères ne voit aucun problème particulier à la lecture de ces résultats. Cela aurait même tendance à renforcer, hélas, mon triste sentiment sur toute la déontologie qui anime ce secteur professionnel.

    Je vous incite à parfaire la lecture de Voie Militante et de nos articles sur ce que nous pensons des sondages. Soyez sans crainte : c’est extrêmement rapide à lire.

    -> http://www.voie-militante.com/politique/medias/primaires-socialistes-le-bidonnage-sondagier/
    -> http://www.voie-militante.com/politique/parti-socialiste-politique/dsk-hollande-la-fabrique-des-mirages/
    -> http://www.voie-militante.com/politique/elections/prevoir-le-futur-avons-nous-encore-besoin-des-instituts-de-sondage/

    Je crains que l’opinion soit un sujet trop important pour être confiée à des professionnels de l’opinion. ;+)

  3. Je suis consultant indépendant, pour commencer. C’est le problème que j’observe avec la très grande majorité des détracteurs de sondage : ils me font des procès d’intention dès que les résultats de sondages ne leur conviennent pas, et me donnent le crédit absolu lorsque j’abonde dans leur sens. Il suffit à votre tour de lire quelques articles de mon blog : vous constaterez que je m’attache à la méthodologie, aux tournures et aux modes de recueil. Le reste ne m’intéresse pas : politique, fait de société, intérêt particulier, chacun voit midi à sa porte et tire la couverture à lui lorsque cela l’arrange.

    Je lis votre site depuis de nombreux mois et j’observe exactement la même tendance.

    Par ailleurs, par qui ont été commandé ces études ? Il suffit de lire le compte rendu de sondage : tout y est indiqué. C’est même le B.A-BA quand on tient à conserver un minimum de crédibilité. Une analyse de sondage ne se fait pas en lançant deux malheureux chiffres en pâture à un public déjà conquis. Le procédé est foncièrement malhonnête et s’assimile sans effort à de la désinformation (tout comme lorsque vous m’assimilez à un professionnel des instituts alors que ce n’est pas le cas).

    La transparence passe aussi par là. ;)

    Dernier point : à qui souhaitez vous confier l’opinion ? Aux politiques et aux journalistes ? Regardez ce qu’ils en font actuellement… Aux sociologues et politologues ? Lisez l’article en lien dans ma signature, vous aurez des surprises… A moins bien sûr que vous fassiez parti de cette caste d’individus plus transparent que transparent !

    Mais j’en doute très fortement compte tenu des raccourcis que vous vous complaisez à faire à longueur d’article. Lorsque vous postez un article comme celui là, vous ne réalisez pas que vous ne fournissez absolument aucun élément tangible à une démonstration éclairée. Vous fournissez les éléments arrangeant et occultez les aspects n’entrant pas dans votre schéma de détracteur.

    Pas d’inquiétude je continuerais à vous lire… si vous continuez à publier mes commentaires. ;)

  4. @Sondage

    Pourquoi voulez-vous que nous ne publions pas les commentaires de ceux avec qui nous serions en désaccord ? Parce que vous seriez de droite ou du centre, ou d’extrême-droite ? ;+) Et alors !

    Votre réponse me rappelle une discussion récente avec une personne qui m’est chère et qui, durant plusieurs années, alors que nos discussions s’éternisaient, me répondaient : « C’est beaucoup plus compliqué que cela. » ou bien « Tu confonds un Bourgogne et un Bordeaux ». Récemment, je lui ai dit : « Arrête de me prendre pour un con ». J’avoue être particulièrement excédé de tous ces experts et ces techniciens (j’en fais aussi partie), de tous ceux qui nous volent la parole qui, sous couvert de légitimité, n’en savent pas plus que Madame Michu. La complexité est devenue aujourd’hui un artifice qui nous enfonce davantage, chaque jour, dans un processus avancé de dindification et d’empêchement à dire et à faire.

    Je suis un professionnel de l’informatique, titulaire d’une maîtrise de Sciences Économiques, ayant bouffé beaucoup de statistiques et d’économétrie. Moi aussi, j’en ai une grosse. ;+) De ces enseignements dans lesquels je brillais tout particulièrement oscillant entre le 18 et le 20, de mes pratiques, j’en déduis que la statistique est un outil dont l’objet est TOUJOURS de valider une hypothèse qui est l’aboutissement d’une réflexion ou d’une représentation. Même la poupée Barbie est chargée d’idéologie ! ;+) Les questions posées par les sondeurs n’arrivent jamais complètement par hasard et vous ne pouvez pas jeter d’un revers de la main toute la phénoménologie qui les entoure !

    Je ne suis pas un détracteur des sondages. Je les trouve complètement cons. Avouez que c’est très différent ! Mon billet était là pour donner une illustration du niveau de crétinerie qui consisterait à donner crédit à de tels « outils ». Vous qualifiez mes méthodes d’abusives et de malhonnêtes. Vous parlez de raccourcis. Avouez que j’aurais beaucoup de facilité à vous retourner le compliment que vous m’adressez si gentiment. Je ne vois pas d’ailleurs où j’ai pu d’une façon ou d’une autre déployer, dans ce billet, ici une rhétorique particulière à vocation démonstrative. Ou alors, ce fut totalement à l’insu de mon plein gré. ;+) C’était avant tout un simple petit billet d’humeur ! Je ne pensais pas qu’il y avait là matière à déglinguer davantage une profession qui se charge, par elle-même, de faire cette sale besogne.

    J’espère tout de même que vous trouvez, à nous lire, matière à réfléchir. Manifestement, nous ne vous laissons pas indifférent et cela me réjouit profondément.

  5. Vous vous défendez de faire des raccourcis mais en l’espace de trois commentaires, vous avez réussi à :

    1 – Me prendre pour un professionnel des instituts (alors qu’il est très facile de s’assurer du contraire). J’ai une formation de technicien Bac +2 dans le domaine du traitement informatique de données. Je ne défends aucun intérêt, je suis juste passionné par ce que je fais et j’en apprends tous les jours, ne serait-ce que pour ma crédibilité professionnelle. La conséquence de tout cela c’est que si les uns se contentent de dire que je suis à la botte de telle ou telle entité politique (le plus drôle, c’est à quel point les contradictions ne leur font pas peur), d’autres me donnent du crédit et acceptent de travailler avec moi.

    2 – Me prendre pour un militant de droite, du centre ou d’extrême-droite… J’avoue que là c’est encore plus fort, alors que je viens justement d’expliquer que les intérêts politiques ne m’intéressent pas. Quand bien même, comment vous convaincre que mes opinions politiques (aussi personnelles soient-elles, au passage) ne sont pas en adéquation avec cette partie de l’hémicycle ? Et puis, je trouve que cela montre quel crédit vous donnez aux méthodologies et aux techniques puisque vous semblez considérer qu’elles ne sont dictées que par notre propre orientation partisane…

    3 – Me prendre pour quelqu’un qui en a une « grosse ». Je décèle là un petit complexe d’infériorité, n’est-ce pas ? Pour moi, l’important, c’est d’être intègre, juste, logique et surtout pragmatique. Pour moi, le militantisme est une forme de parasitage. J’assimile le militantisme au syndicalisme et à tout ce qui touche de près ou de loin à la politique. En définitive, je ne suis pas si surpris que vos intérêts politiques passent avant votre honnêteté intellectuelle.

    Alors soyons très pragmatique.

    Dans un sondage, on pose des questions. Dans les questions, il y a des mots, et selon les mots choisis, on exprime une idée ou une autre. Le simple fait d’exprimer deux idées différentes dans deux questions différentes de deux sondages différents fait qu’on observe deux résultats différents. Je ne vois pas ce qu’il y a de surprenant là dedans.

    Ensuite, il y a l’analyse de sondage. L’analyse de sondage est également une technique qui va considérablement différer selon qu’on est un institut, un politique, un journaliste, un sociologue ou un militant. Personnellement, ce qui m’importe c’est l’analyse technique et méthodologique (cela inclut également la comparaison de chantage qui nécessite beaucoup plus de rigueur).

    Alors non, ce n’est pas du tout plus compliqué que cela. Mais l’analyse de sondage ne consiste pas non plus à additionner 1+1. C’est comme si j’affirmais que l’économétrie devait être accessible à tout un chacun et sans le moindre effort : ce serait ridicule et malhonnête.

  6. Il fallait lire « la comparaison de sondage » bien entendu.
    Mais voyez là, avec ce lapsus, tout ce que m’inspire la tournure de notre discussion… ;-)

  7. @Sondage

    Vous ne semblez pas remarquer l’auto-dérision qui a enveloppé mes commentaires. Pour le complexe d’infériorité, je ne sais plus quoi dire ni que faire. Alors, envoyez-moi votre facture, docteur ! ;+)

    Sur vos orientations politiques, sachez que je m’en fous, même si votre discours sur le militantisme très curieusement assimilé au syndicalisme est un discours typiquement de droite. Vous y allez fort tout de même, n’hésitant pas à qualifier le militant de « parasite ». Je parlerais plutôt de « saprophyte ». La question est de savoir à qui ?

    @Fred

    Je le savais que nous finirions, un jour, par être d’accord. Mais je sens que ça ne va pas durer. ;+)

    @Sondage

    Faites attention à Fred, qui fut socialo, écolo, gaucho puis écolo. J’ai peur que ce garçon ne finisse mal, très mal.

  8. « même si votre discours sur le militantisme très curieusement assimilé au syndicalisme est un discours typiquement de droite »

    Oui, et ce type de discours est symptomatique de celui des syndicalistes de gauche… Je vais peut être (sûrement d’ailleurs !) vous étonner, mais on peut être de gauche (voire écolo), pauvre et ne plus supporter ni le syndicalisme oeuvrant (soit-disant, ne me faites pas rire) pour l’intérêt général, et le militantisme dont l’objectif de base est uniquement de devenir « majorité » à la place de la majorité (présidentielle évidemment).

    Vous observerez probablement que mon discours politique est loin d’être rodé : logique, c’est un milieu qui me débecte. Ce qui a pour moi de l’importance, ce sont les faits et les résultats. Ce n’est évidemment pas en politique que je serais servi. Si je devais énoncer des modèles qui me correspondent j’évoquerais L’Althing, le parlement islandais. Alors ça, oui, c’est une « idée » qui me fait rêver. Je pose également un regard admiratif sur la Finlande, très pragmatique également dans sa façon d’affronter les problèmes.

    En France, tout ceci n’est que du bla-bla. Les nantis de droite céderont la place aux nantis de gauche et on repartira dans une énième course en avant.

  9. @Sondage

    Je partage entièrement votre point de vue sur l’Islande et aussi une manière plus pragmatique d’affronter les problèmes.

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