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François Hollande, personnage de la 3e République

Par      • 3 Mar, 2011 • Catégorie(s): Parti Socialiste  Parti Socialiste    

A mille lieues de l’image qu’en ont donnée les guignols de l’info, François Hollande est sans doute  un homme brillant, qui ne peut pas ignorer  le sens des mots. Dans des déclarations faites au journal Libération le 12 janvier 2011, l’ancien secrétaire du Parti Socialiste évoquait la présidentielle de 2012 en ces termes :

«  En 2007, nous avions des candidats de transgression. En 2012, il faudra un candidat normal. Pas banal, mais grave, stable et rassembleur. »

Normal ?

Un homme ou une femme normal(e) désigne une personne qui suit une norme,  la normalité. A l’observation des chefs d’Etat de la 5e République, aucun d’entre eux ne peut être qualifié de « normal » à l’exception, peut-être, de Georges Pompidou ! Et encore, savons-nous tout de la vie de cet homme ? Quels étaient ses jardins secrets ?

Transgression ?

C'est pas comme ça que vous réussirez dans la vie ?Volontairement et très inutilement, François Hollande s’en est pris aux personnes. En attaquant les candidats de transgression, il aura sans doute cherché à régler ses comptes, une dernière fois, avec Ségolène Royal qui, décidément, semble lui poser des problèmes comme elle en pose à l’appareil socialiste dont François Hollande reste l’incarnation la plus parfaite.

La transgression, c’est le fait de ne pas respecter une obligation, une loi, un ordre, des règles. Par extension, la transgression signifie :

  • ne pas se conformer à une attitude courante, naturelle,
  • progresser aux dépens d’autre chose, d’empiéter sur quelque chose, d’envahir,
  • dépasser une limite, ou ses limites,
  • d’aller contre ce qui semble naturel.

De Gaulle, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac ou encore Sarkozy  sont des personnages transgressifs. Les propos de François Hollande sont mâtinés d’un sens aigüe de la conservation. Ils ne sont pas sans nous rappeler ceux d’un vieux chnoque. Est-ce bien d’un conservateur dont la France a besoin alors que nous devons repenser la France d’aujourd’hui pour mieux préparer celle de demain ? Quand la norme économique nous conduit à la crise de 2008, apprenons à nous méfier de la normalité qu’entend incarner François Hollande ! Ce n’est pas d’un bon père de famille dont nous avons besoin !

François Hollande n’a jamais eu la moindre expérience de gouvernement ! Pourquoi ? Était-ce un choix de sa part ou bien le choix des autres ? Est-ce là une situation bien « normale » pour un responsable politique qui prétend à la fonction suprême ? Député, maire, conseiller général, il fut surtout secrétaire du Parti Socialiste de 1998 à 2008. Son mandat s’est soldé par un désastre : le congrès de Reims. Par son inaction, Le Parti Socialiste a failli sombrer. Son attitude, lors de la Présidentielle de 2007, est loin d’avoir été exemplaire. Il n’aura jamais su mobiliser l’appareil autour de la candidate Ségolène Royal. C’était pourtant son rôle. Il aura toujours préféré laisser faire les baronnies locales qui, pour certaines d’entre elles, n’auront pas fait campagne ! Comment, dans ces conditions, pouvait-elle avoir la moindre chance de l’emporter ?

François Hollande aura eu la malchance d’être né à la mauvaise époque. C’est tout le drame de ce personnage… « normal ».  Nous ne sommes plus en 3e République ! L’a-t-il vraiment compris ?

Crédit photos : Decitre, AgoraVox, Pourcel

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2 Réponses »

  1. Ségolène Royale revient dans la course. Comme quoi, pour 2012, les jeux sont loin d’être faits. Il n’en reste pas moins que pour les Écologistes une candidature, destinée à porter de façon autonome et libre le projet de l’Ecologie Politique, s’impose. Nicolas Hulot semble donner des signes de fatigue (déjà?). Il est vrai que l’exigence du parti Vert de désistement automatique à gauche au second tour n’est pas cohérente avec la nécessaire prise de distance tant avec la gauche qu’avec la droite qu’impose la rupture avec le productivisme. Éva Joly quant à elle slalome tant bien que mal entre les pièges tendus par ses camarades de gauche au sein de la mouvance qui l’a poussée à se positionner comme candidate. Résistera-telle aux assauts des fans de Daniel Cohn Bendit qui lui ne veut pas de candidat écolo à cette élection pour favoriser (??????) la candidature DSK qui comme chacun le sait est écolo comme le Pape est Musulman et socialiste comme le Dalaï-lama est Breton?.
    Reste Corine Lepage qui a su jusqu’à maintenant rester présente dans le débat sur le terrain des luttes – gaz de schistes, antinuk, anti OGM, ….. – sans pour l’instant dévoiler sa stratégie présidentielle tout en parlant avec tout le monde. Position sage au demeurant tant le paysage est mouvant.
    Au moment où nous parlons, trois choses paraissent devoir être considérées comme certaine pour l’échéance 2012. Il faudra d’abord trouver les arguments pour faire comprendre aux Français que la politique c’est important parce que cela les concerne directement au quotidien. Ensuite les convaincre de ne pas se laisser bercer d’illusions par l’héritière blonde du FN. Enfin que les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy, son intolérable alignement sur les Etat-Unis, sa proximité affichée auprès de la bourgeoisie financière, constituent trois excellentes raisons pour le prier de retourner à Neuilly sur Seine d’où il n’aurait jamais du sortir.
    Pour le reste à nous citoyens électeurs de ne pas nous laisser faire par une presse qui veut nous imposer ses candidats. Profitons de la période qui s’ouvre pour partager, échanger et faire remonter nos aspirations à une vie meilleure. Alors : Corine Lepage, Ségolène Royale, Dominique Devillepin ? Affaire à suivre !

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