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Moi, Christophe B., 35 ans, militant socialiste

Par      • 12 juil, 2009 • Catégorie(s):  

C’est vrai qu’il y a pire drame dans la vie, et cela ne mérite pas un livre… je vais donc tenter d’en faire un billet dans un blog. Par rapport à d’autres qui vivent la même chose, on peut dire que j’ai de la chance de n’être militant socialiste que depuis fin 2007. Cela devient quand même très inquiétant : j’en arrive maintenant à militer en cachette. Il m’arrive de dire à ma compagne que si je rentre tard le soir ou que si je vais au marché le samedi matin c’est parce que j’ai une maîtresse… Au moins, ça, elle arrive à comprendre. J’ai quand même de la chance, ma secrétaire de section tout comme la première secrétaire s’appelle Martine… j’ai donc fait croire à ma compagne que ma prétendue maitresse s’appelle elle aussi Martine, cela limite les risques d’être confondu.

Mais pourquoi donc avoir adhéré au PS fin 2007 ? Je dois avouer quelque chose: je n’avais jamais voté PS au premier tour d’une élection avant d’y adhérer (je viens de le faire pour les élections européennes… et ça fait quand même bizarre comme sensation). Si j’ai adhéré au PS, c’est parce que je pense que si jamais il y a un candidat de gauche présent au deuxième tour de la prochaine élection présidentielle, ce sera un homme ou une femme issu(e) du PS. Donc autant participer à l’élaboration du projet socialiste (je vous vois déjà sourire derrière votre écran), et à la désignation de ce candidat. En d’autres mots, depuis que je suis en âge de voter, le PS m’a imposé la candidature de Lionel Jospin en 1995 (alors que j’aurais préféré celle d’Henri Emmanuelli), et celle de Ségolène Royal en 2007 (alors que j’aurais préféré celle de Laurent Fabius). Pour 2012, je pourrai au moins être acteur de la désignation du candidat, et pourquoi pas aussi participer à l’élaboration du projet socialiste (en 2002, le problème ne se posait pas, Lionel Jospin était le seul candidat naturel du PS… mais il a préféré présenter un projet qui selon lui n’était pas socialiste).

Je pense que mon camarade Gérard C. va être déçu : je ne connais pas le détail de chaque congrès du PS depuis 1920, mais comme il le dit si souvent : «on ne née pas socialiste, on le devient»… peut-être qu’un jour je le deviendrai… ou pas.

Moix et mes dessins

Moix et mes dessins

J’en viens maintenant à ce qui nous amène nous socialistes à entamer des bloguothérapies : la défaite des dernières élections européennes (certains sont toujours en analyse depuis le 21 avril 2002 ou le 29 mai 2005…, leur thérapie risque de se prolonger). Évidement, le score n’est pas bon pour le PS, évidement, la gauche dans son ensemble fait moins bien qu’en 2004, mais lorsque l’on regarde objectivement les résultats, la gauche parlementaire envoie siéger 33 députés à Bruxelles contre 30 pour la droite parlementaire (je ne sais pas où comptabiliser les élus du Modem, ni ceux du FN). Même si l’UMP est arrivée en tête (quand même loin derrière l’abstention), on peut se réjouir d’avoir en France une gauche qui est encore vivante. Il faut quand même le dire de temps en temps entre deux séances d’auto flagellation : si l’Europe dans son ensemble avait voté comme la France, Mr Barosso ne serait plus à l’heure actuelle le président de la commission européenne.

Le fait le plus marquant de ce scrutin, est que la position dominante du PS au sein de la gauche est maintenant contestée par  Europe Écologie, et même pourquoi pas par l’alliance que se profile entre le NPA, le PC et le Parti de Gauche… pourvu que cette compétition soit saine, que nous puissions conserver ensemble un maximum de régions et de conseillers généraux, et que nous sortions des prochaines élections régionales et cantonales avec une gauche de différentes sensibilités, mais qui aura su s’unir pour gagner, et prête à construire le projet de société capable de l’emporter en 2012 (je rêve en écrivant, c’est grave docteur?). Il faut également le dire de temps en temps : même si nous militons dans des partis différents, nous sommes tous de gauche, et j’ose encore penser que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise.

En, tant que militant, ces élections européennes sont riches en enseignements. Il y a d’abord la stratégie de l’UMP : ne pas faire campagne (les médias, les moyens de l’État et les socialistes la font pour vous), et se contenter de «quand Sarkozy veut, l’Europe peut». A part «non à la Turquie», je n’ai pas souvenir d’une proposition concrète de l’UMP… Et pourtant ça marche. Une anecdote assez drôle : j’ai vu seulement deux fois des militants UMP distribuer des tracs pour les élections européennes. La première fois, c’était sur le marché des Andelys le 6 juin (soit la veille du scrutin), et, la deuxième fois, c’était dans les couloirs de la gare Saint Lazare le 8 juin (soit le lendemain du scrutin !!!). Il y a ensuite le Front de Gauche qui a fait une très belle campagne «à l’ancienne» avec énormément de collages et de tractages. Europe Écologie a fait aussi une très belle campagne beaucoup plus «moderne», en utilisant énormément Internet, en parlant des vrais enjeux du scrutin, et surtout à mon avis en étant plus «fun» que tous les autres partis. Pour la campagne du PS… franchement, même le matériel était mauvais : des tracts sur 4 pages pour lesquels il faut prévoir une heure de travail avant la distribution (le temps de les séparer les uns des autres et de les plier en deux), une profession de foi qui ne donne pas envie d’être lue, un bulletin introuvable le jour du scrutin,… et pourtant, il y avait bel et bien un projet (pour lequel j’avais voté contre, mais ça c’est un autre problème). Bref,  quelle est la bonne stratégie pour militer à l’avenir : taper sur l’adversaire ? sur les copains ? militer dans la rue ? militer dans nos entreprises ? militer dans nos réseaux sociaux (virtuels ou non) ? parler du fond ou juste de ce que les gens veulent entendre? Certainement un peu de tout ça.

Peut-on en rester là pour aujourd’hui, docteur, je commence à fatiguer, et je risque d’écrire des choses que je vais ensuite regretter ? Vous êtes encore là la semaine prochaine ?

Crédit photos : Le Post

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Moi, Christophe B., 35 ans, militant socialiste
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Une Réponse »

  1. @tikrimi

    Merci d’avoir accepter d’écrire sur Voie Militante. Comme je l’ai dit, ses colonnes sont ouvertes à tous les gens qui s’inscrivent dans la tradition de l’écologie politique et de la gauche humaniste.

    Bravo pour ce texte subtil et tout en nuance. Faut-il continuer à taper contre nos “amis” ? Encore faut-il s’entendre sur la notion d’amis ? Je crois que, désormais, c’est à vous de prendre les choses en main. Durant 3 ans, je m’y suis épuisé sans que rien ne bouge. Aujourd’hui, à l’extérieur du Parti Socialiste, je trouve paradoxalement que j’y ai plus d’influence. ;+)

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