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Cornelius Castoriadis, ce visionnaire

Par      • 9 Avr, 2009 • Catégorie(s): Mémoire  Mémoire    

Hier, après-midi, j’ai pris un peu de temps. J’en ai profité pour relire l’entretien de Cornelius Castoriadis de 1992 repris dans « Une société à la dérive« .

Et puis je suis tombé sur quelques phrases exceptionnelles à la hauteur de la pensée du philosophe, économiste et psychanalyste qu’il était. Je vous les livre.

Parlant de notre imaginaire institué :

« [La population] a été finalement pénétrée par l’imaginaire capitaliste : le but de la vie humaine serait l’expension illimitée de la production, de la consommation, le prétendu bien-être matériel, etc. »

Parlant de l’état de la démocratie :

« […] domination d’une oligarchie et passivité et privatisation du peuple ne sont que les deux faces de la même médaille. […] La passion pour les objets de consommation doit être remplacée par la passion pour les affaires communes. »

Prémonitoire… : « Si l’état d’apathie, de dépolitisation, de privatisation [ntdlr : recul de la sphère publique] actuelle se perpétuait, nous assisterions certainement à des crises majeures. » Nous sommes encore bien loin du compte !

Rappel : « la télévision actuelle est un moyen d’abrutissement collectif. »

Sur l’état de délabrement intellectuel de notre société : « La modernité a duré environ, de 1750 à 1950. Après, on est entré dans ce que j’appelle l’époque du conformisme généralisé. La modernité était la remise en question permanente de ce qui était établi, en philosophie comme en politique et en art. » Certes, on peut lui opposer les terribles épisodes des première et deuxième guerres mondiales, le nazisme, le stalinisme et le communisme d’Etat !

Du progrès : « Ce qu’on appelle progrès économique a été obtenu par la transformation des humains en machines à produire et à consommer. »

Et pour finir… c’est de loin celle que je préfère :

« La réalité de la décomposition mentale des couches dirigeantes dépasse ce que la théorie pouvait raisonnablement prévoir. »

Prenez le temps de relire, dans ce sens, quelques uns de mes derniers articles mis en lien. Vous comprendrez en quoi ma pensée est profondément pénétrée de celle de Cornelius Castoriadis. Vous mesurerez aussi les raisons viscérales de mon engagement social et écologique depuis que je suis en âge de voter. Vous comprendrez pourquoi la gauche est sur le reculoir. Comme d’autres, je crains que nous soyons entrés, de plein pied, dans le temps des petits hommes. Heureusement, d’autres, à l’image de Cornelius Castoriadis, contribuent à nous irriguer le cerveau.

Crédit photo : un site grec, Phantis

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